Exportations d'huile d'olive : plus de 1,3 milliard de dinars de revenus    Voici la liste des 24 maladies graves prises en charge à 100 % par la CNAM    Finale Supercoupe d'Espagne : Real Madrid - Barcelone, horaire et diffusion    Gafsa : découverte d'un atelier d'alcool frelaté    La cannelle: Un condiment au parfum envoûtant et un remède ancestral    Retour des intempéries : pluie, vent fort et mer houleuse attendus    Le Bureau Fédéral : le directeur sportif et son équipe à la barre pour présenter leurs rapports    Sortir du rouge à la banque : enfin une solution rapide !    En Suisse... seulement 3 jours de travail pour acheter un iPhone 17... tandis qu'au Canada, il te faut 5 jours de travail    Tempêtes meurtrières en Europe : vents extrêmes, chaos et morts    Galerie d'art: Artémis rouvre!    Le Président de la République reçoit le rapport annuel de la Cour des comptes (Vidéo)    Le Maroc élimine le Cameroun et attend le vainqueur d'Algérie–Nigeria en demi-finale de la CAN    Gafsa et Tataouine : l'ambassadeur chinois découvre les chantiers énergétiques    Instalingo : les auditions se poursuivent devant la Cour d'appel    Eyes Naif Assaf nouveau directeur général de Ooredoo Tunisie    Elue Marque de l'Année, 2e édition : 'Produit de l'année Tunisie' récompense les marques élues par les consommateurs tunisiens    Epson et Socrate School: une synergie technologique pour un enseignement innovant    Tourisme en Tunisie: sortir de l'illusion du chiffre    Biens, mariage, divorce : ce que chaque couple tunisien doit savoir    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    ENNAKL Automobiles distinguée aux HR Awards 2025 pour son engagement en faveur de l'Innovation Verte    Météo en Tunisie : averses isolées attendues la nuit    Ridha Behi: Et si les JCC étaient, plus que jamais, le miroir de notre société?    Mohamed Dräger arrive en Tunisie pour signer à l'Espérance de Tunis    Jordanie : Tunisiens, risque d'amende de plus de 1 000 dinars si séjour non déclaré    Abdelaziz Ben Mlouka: Tanit d'honneur des JCC    Météo en Tunisie : averses isolées, températures en légère hausse    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Atlantique Nord : un pétrolier russe capturé par les forces américaines    Le film Palestine 36 d'Annemarie Jacir arrive en Tunisie : un film événement présenté par CineMad (trailer)    Lancement du programme d'aide à la publication Abdelwahab Meddeb 2026 par l'IFT    Météo en Tunisie : temps froid, chutes des neiges aux hauteurs ouest    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Liban : l'armée israélienne frappe des cibles dans le sud et l'est du pays    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Combien coûte le jogging de Maduro ? Le prix qui surprend    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un mal endémique
Violence à l'égard des femmes
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 03 - 2012

• Une femme sur cinq, victime de violence au moins une fois dans sa vie
Le sujet est encore tabou. 42% des femmes violentées n'en ont jamais parlé. Par pudeur, par peur ou par résignation, nombre de femmes taisent les violences subies surtout de la part du mari. 73% n'attendent de l'aide de personne si bien que le recours le plus fréquent des femmes violentées est la famille. Près de 18% seulement ont porté plainte. L'ampleur de la violence à l'encontre des femmes en Tunisie, toujours pressentie mais jamais quantifiée, est désormais connue.
Les chiffres sont pour les moins alarmants puisque 47,6% des femmes âgées de 18 à 64 ans ont déclaré avoir subi au moins une forme de violence durant leur vie.
La première enquête nationale sur la violence à l'égard des femmes en Tunisie, réalisée en 2010 par l'Onfp avec l'appui de l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement et le concours de Cawtar, vient de révéler tous ses secrets. Cela s'est passé hier au cours d'une rencontre organisée par l'Office national de la famille et de la population en présence de M. Abdellatif Mekki, ministre de la Santé publique, de Son Excellence l'ambassadeur du royaume d'Espagne, M. Antonio Cosano Perez, du directeur général de l'Aecid, M. Guillermo Caro et des représentants des ministères concernés, des organisations onusiennes et d'autres gouvernementales et non gouvernementales et de la société civile. Menée auprès d'un échantillon représentatif de la population tunisienne composé de 3873 femmes âgées de 18 à 64 ans, habitant sept régions (District de Tunis, Nord-Est, Nord-Ouest, Centre-Est, Centre-Ouest, Sud-Est, Sud-Ouest), l'enquête, basée sur un questionnaire, révèle que la violence se présente sous diverses formes (physique, psychologique, sexuelle et économique) et que la violence physique est la plus fréquente suivie de la violence psychologique. La violence sexuelle vient en troisième position suivie de la violence économique.
Partenaire intime, principal agresseur
A travers l'enquête, le partenaire intime (mari, fiancé ou ami) paraît comme le principal agresseur : 47% des cas de violence physique et 68,5% des cas de violence psychologique, 78% des cas de violence sexuelle et près de 78% des cas de violence économique. L'espace intime est désigné par l'enquête comme la première sphère de violence à l'encontre de la femme, suivie de l'espace familial responsable de 43% des cas de violence physique, 22% des cas de violence économique et de 16% des cas de violence psychique. Les espaces publics dont le lieu de travail viennent en troisième position avec 21% des cas de violence sexuelle, près de 15% des cas de violence psychologique et de près de 10% des cas de violence physique. L'enquête indique également que selon le statut matrimonial des femmes, la prévalence de la violence sous toutes ses formes est plus importante à l'encontre des femmes divorcées suivies des femmes mariées. Les femmes non mariées sont les moins agressées. C'est dans la région du sud-ouest que le taux de prévalence est le plus élevé (jusqu'à 72%) alors qu'il est le plus faible dans le Centre-Est (près de 36%). Il ressort des résultats de l'enquête qu'une femme sur cinq a connu la violence physique au moins une fois dans sa vie et une femme sur six a été victime de violence sexuelle.
Les raisons invoquées par les femmes interviewées pour expliquer le pourquoi de ces violences placent en première position les difficultés économiques dont le chômage du mari et le faible niveau d'instruction de la femme pour les couples, la jalousie pour les célibataires et souvent l'absence totale de raison pour toutes les femmes. A noter que la prévalence de la violence augmente avec l'âge du partenaire mais diminue quand le niveau d'instruction de ce dernier augmente.
Très peu de femmes s'adressent aux ONG
Les conséquences de la violence sur la femme sont d'ordre physique, psychique et social. 27% des femmes violentées interviewées mentionnent des difficultés de concentration, 56% des difficultés dans leur vie quotidienne et 2% déclarent avoir abandonné leur travail. Pourtant, beaucoup de femmes ne parlent pas de ces violences, ne se confient pas et ne portent pas plainte, indique l'enquête. 55% des femmes interrogées déclarent que « la violence est un fait ordinaire qui ne mérite pas qu'on en parle ». Toutefois, la peur d'aggraver la situation et la honte d'en parler sont aussi des raisons évoquées mais moins fréquemment. Pour ces femmes, le seul recours est la famille. La proportion des femmes qui s'adressent aux ONG ne dépasse pas 5,4%. Quant à la police et les structures de santé, l'enquête signale qu'ils sont très peu identifiées par les femmes.
Pour les professionnels de la santé, les sociologues, psychologues, associations féministes et le ministère des Affaires de la femme, cette enquête est d'une importance capitale. En établissant un état des lieux, le premier du genre, de la violence à l'encontre des femmes et en identifiant les déterminants et les conséquences de la violence ainsi que les profils des femmes les plus exposées et les effets de cette violence sur leur santé et leur vie quotidienne, «il sera possible aux structures concernées et aux associations de prendre en charge ce problème», précise Mme Dorra Mahfoudh, sociologue. Mais non sans l'aide de la femme violentée qui, selon Mme Rim Ben Aïssa, gynécologue et directrice à l'Onfp, doit prendre conscience de l'intérêt d'en parler et de dénoncer. « Si elle n'en parle pas, ce phénomène va continuer», affirme-t-elle tout en insistant sur la nécessité de parler de ce problème et de le démystifier. « Il est inadmissible qu'un peuple qui aspire à la démocratie continue d'occulter ce problème qui concerne la moitié de la société », ajoute-t-elle. Pour la directrice générale de l'Onfp, Mme Habiba Ben Romdhane, l'enjeu est que ce diagnostic de la violence à l'encontre des femmes en Tunisie va nous permettre de mettre au point un plan d'action efficace et de redynamiser la stratégie nationale de lutte contre la violence à l'égard des femmes qui n'a jamais pu être mise en place.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.