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La Troïka fait-elle de l'ombre à l'Ugtt?
Conférence de dialogue national
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 10 - 2012


Le CPR et Ennahdha boycottent, Ettakatol participe
C'est aujourd'hui 16 octobre, jour tant attendu du dialogue initié par l'Ugtt. Hier, le suspense persistait au sujet de la participation des uns et des autres à ce dialogue qui se veut national. Si les partis d'opposition avaient confirmé leur participation sans réserve, les postures des trois partis alliés de la majorité baignaient dans le bouillard étant dans l'incapacité de se retrouver autour d'une décision commune. La Presse apprenait dans l'après-midi que chaque parti de la Troïka ferait cavalier seul WW; Mohamed Bennour joint vers 13h nous a annoncé la décision de son parti Ettakatol de se rendre à l'invitation de l'Ugtt. Pour sa part, Mohamed Abbou nous informe vers 16h que le CPR ne participera pas. Enfin, Ennahdha a annoncé par la voix de Sahbi Atig son boycott, sur une radio. Vers 16h30, son bureau politique nous informe toutefois que la décision n'avait pas encore été prise. En fin d'après-midi, Ennahdha annonce via son bureau exécutif de ne pas participer. C'est officiel.
Rappel des faits. Depuis quelque temps, la tension régnait dans le pays face à une inquiétude de la population qui allait grandissante. A mesure que la date du 23 octobre approchait, la pression se faisait plus pesante et les divergences s'accentuaient. Le régime politique, la date des élections, la gestion du champ religieux, la commission des élections (et autres instances indépendantes) étaient autant de points de litige qui ne facilitaient ni la visibilité ni la transition vers les élections.
Samedi en fin de soirée, la Troïka propose sa feuille de route à travers un communiqué. Une feuille de route qui se veut consensuelle au possible et qui annonce des points importants dont le choix du régime mixte avec un président élu au suffrage universel, la date du 23 juin 2013, la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle, un deuxième tour de la présidentielle devra se tenir le 7 juillet, l'activation du décret 116 relatif à la régulation du secteur audiovisuel, et le choix de Kamel Jendoubi, président de l'instance indépendante des élections.
Si l'ensemble des acteurs politiques se sont félicités de cette annonce surprise, certains se sont posé des questions quant à son timing précédant de deux jours seulement le démarrage du dialogue national lancé par la centrale syndicale ouvrière.
Par cette manœuvre, que certains avait qualifiée de «coup de maître», la Troïka voulait-elle faire d'une pierre deux coups, couper l'herbe sous les pieds de l'Ugtt et redorer le blason d'une légitimité sérieusement entamée ? Et d'un autre côté, cherchait-elle à imposer de fait l'ordre du jour du dialogue ?
L'explication plausible serait que la Troïka avait décidé de prendre le devant pour prouver sa volonté d'apaisement. Montrant, ainsi, aux yeux de l'opinion son sens des responsabilités et plaçant l'intérêt de la nation au-dessus de tout.
Mais voilà que le CPR a insisté pour exclure Nida Tounès des discussions et que l'Ugtt n'a pas accepté de l'exclure. Al Joumhouri et Al Massar ont affirmé leur refus d'entrer dans une alliance avec Ennahdha. Voyant se profiler une nouvelle impasse, la Troïka a pris les devants en confectionnant sa propre feuille de route consensuelle avec cette possibilité annoncée par certains d'élargir le gouvernement.
Si tel est le cas, l'initiative de l'Ugtt a-t-elle été vidée de sa substance ? Nous avons sollicité quelques personnalités clefs pour nous donner leur vision. Voici en substance leurs propos :
Samir Ettaieb : «Il aurait été plus élégant de faire des propositions au cours du dialogue national»
En ce qui concerne le contenu de cette feuille de route annoncée par la Troïka, nous considérons que le choix du régime parlementaire mixte est une très bonne décision et nous l'approuvons. Il reste à définir les attributions des trois présidents, ce qui reste essentiel. D'un autre côté et pour le choix des dates, le 23 juin coïncide avec la date des examens, les jeunes Tunisiens seront par conséquent exclus de ces élections et il sera impossible de mettre en place la logistique dans un délai si court, nous savons que près de 4 millions de Tunisiens ne sont pas inscrits. D'ailleurs, Boubaker Ben Thabet, secrétaire général de l'Isie a été formel: il est impossible dans ces délais de mettre en place toute l'opération selon les standards internationaux. Et je tiens à dire en ce qui concerne la forme qu'il aurait été plus élégant d'attendre le 16 octobre pour faire ces propositions, pourquoi cette précipitation ? Pour finir, je tiens à dire que Al Massar ne participera dans l'état actuel des choses à aucun gouvernement.
Issam Chebbi : «Le remaniement ministériel est essentiel si nous cherchons vraiment la concorde nationale»
En ce qui concerne le régime politique, si les attributions ne sont pas définies, à quoi sert un président élu au suffrage universel ? Si Moncef Marzouki avait été élu au suffrage universel avec ses prérogatives actuelles, les choses ne seraient pas meilleures. Quant au choix des dates, nous considérons qu'il n'est pas bon. Les familles tunisiennes seront occupées par les examens de leurs enfants. De plus, réunir les deux élections législatives et présidentielle à la même date, c'est perturber d'office leur déroulement. Il aurait fallu les séparer. D'un autre côté, nous nous posons des questions quant à la loi qui devra réglementer le fonctionnement de l'Isie ainsi que le choix de ses membres. Sinon venir au dialogue national avec des propositions déjà élaborées, c'est une volonté clairement affichée de placer le dialogue autour de ces propositions, ce qui est une manière de le saborder. J'annonce enfin ce que nous avons dit et redit, nous ne participerons pas à un gouvernement. Des informations sont régulièrement diffusées pour perturber les rangs de l'opposition. Néjib Chebbi a été pressenti pour les Affaires étrangères, pour les Finances et maintenant pour la Justice. Nous n'acceptons aucune de ces propositions. Quant au remaniement ministériel, il est essentiel si nous cherchons la concorde. Nous ne pouvons nous engager dans des élections avec des ministères de souveraineté, dirigés par les hauts responsables du mouvement Ennahdha.
Mohamed Bennour : «L'opposition annonce son rejet de prendre part à un gouvernement, mais les négociations sont en cours»
Oui Ettakatol prendra part au dialogue national. Et cette feuille de route n'est qu'un point de départ. Il y a une possibilité de l'amender et l'enrichir, nous serons à l'écoute des propositions des autres partis. Nous tenons à dire en outre qu'un consensus a été trouvé et c'est une bonne initiative. En ce qui concerne le fonctionnement de l'Isie ainsi que le choix de ses membres, ces détails n'ont pas encore été discutés. Les attributions du président, également, n'ont pas encore été définies. Ce sont les comités techniques qui vont plancher sur l'étude de ces aspects. L'élargissement du gouvernement est d'actualité, il y a deux postes vacants, les finances et la réforme administrative et un remaniement partiel est tout à fait envisageable. Et même si l'opposition dit rejeter les propositions, les négociations sont en cours. Je tiens à dire pour ceux qui visent le ministère de l'Intérieur, l'Isie est une commission indépendante qui ne sera pas sous la tutelle de ce département. Donc évoquer la neutralité pour les ministères de souveraineté est un leurre. D'ailleurs c'est difficile de trouver en Tunisie ces profils. Neutre, ne veut pas dire ne pas adhérer à un parti, on a toujours des idées et une vision. La neutralité n'est jamais totale.
Mohamed Abbou : «Nous avons proposé en tant que CPR d'apporter un remaniement partiel aux ministères qui n'ont pas réussi, je ne dirai pas lesquels»
En tant que CPR nous ne participerons pas. Nous refusons de dialoguer avec des partis qui appellent à la non légalité des décisions et volontés du peuple avec tout ce que cela entraîne comme fragilisation de la situation et risques de dérive. En ce qui concerne le régime politique, nous nous sommes concentrés sur ce point central de divergence. Le mouvement Ennahdha défendait le régime parlementaire qui allait nous mener tout droit au référendum qui pourrait requérir entre quatre à cinq mois, sinon plus. Le consensus autour de cela est essentiel. Il reste à convaincre l'ensemble des parties prenantes de ce choix. Donc au sein de la Constituante, les détails du régime politique seront débattus. Quant aux choix des échéances, nous avons étudié toutes les alternatives, y compris septembre et octobre. Cela veut dire que les élections auront lieu d'ici un an, il faut tenir compte du facteur psychologique et de cette déprime généralisée. Nous sommes obligés d'envoyer des messages positifs au citoyen. Nous avons tenu compte de plusieurs éléments dont le mois de Ramadan, pour qu'Ennahdha ne soit pas accusé d'exploiter la fibre religieuse et en tirer des bénéfices. Nous en avons discuté et tombé d'accord que les élections se déroulent avant Ramadan. Nous avons proposé, en tant que CPR, d'apporter un remaniement partiel aux ministères qui n'ont pas réussi, je ne dirai pas lesquels. Nos partenaires, Ettakatol et Ennahdha, pensent que c'est utile d'intégrer d'autres partis. Nous ne nous opposerons pas que des personnalités fassent leur entrée, à condition qu'elles soient compétentes et n'ayant pas traité avec la dictature.


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