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Echec cuisant
Maîtrise du champ religieux
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 10 - 2013

C'est tout juste si Ennahdha faisait mine de s'opposer aux assassinats et attentats. La posture manque de rigueur et, presque, de sincérité
La dérive terroriste de cette année et l'accélération des événements ces jours-ci signent l'échec cuisant de la politique entreprise par le parti Ennahdha. Voilà pourquoi.
Nombreux sont les chercheurs qui ont étudié les processus de radicalisation. Deux maillons sont essentiels, selon les spécialistes, dans la chaîne des meurtres et des attentats : d'abord l'apologie de la violence, l'incitation à la haine, l'excommunication (takfir), ensuite la fatwa de meurtre.
Le terroriste tue parce qu'il en a reçu l'ordre. Son mentor religieux lui ordonne de tuer : «Dieu le commande, c'est un ordre divin». C'est pour cette raison même qu'une partie des médias et de la société civile n'avaient cessé d'alerter sur le risque qu'il y a à laisser se développer le discours de haine et l'apologie du terrorisme, que l'on a vu se répandre dans des discours publics, des meetings, des pages sur le web et, surtout, dans les mosquées. Ils n'ont pas été écoutés.
A présent, la connexion entre terrorisme, alias jihadisme, et radicalisme à vernis religieux n'est plus à démontrer. A présent, les cellules dormantes ont été activées pour passer du théorique aux « travaux pratiques ».
Le grand absent
Dans cet état de fait, la maîtrise du champ religieux apparaît comme une nécessité stratégique. Or, souvenons-nous des paroles de Ghannouchi dans la campagne électorale : «Votez Ennahdha, laissez Ennahdha travailler, sinon vous subirez la radicalisation».
Où est Ennahdha aujourd'hui, devant la montée du terrorisme ? On aurait pu penser que le parti islamiste «modéré» allait se mobiliser, mener campagne, expliquer le vrai Islam, tenir des meetings, multiplier les prêches et analyser en quoi notre religion interdit les actes terroristes, en quoi c'est sacrilège de tuer un être humain. Rien de tel n'a été fait. C'est tout juste si Ennahdha faisait mine de s'opposer aux assassinats et attentats. Il s'y oppose presque en s'excusant. La posture manque de rigueur et, presque, de sincérité. Pourtant, le parti islamiste déclare haut et fort : il ne cautionne pas la violence, ne la prêche pas, ni ne l'accepte. Mais la mollesse de la réaction surprend et révolte.
Pis encore, avec la passivité, la démission, il y a du dénigrement et un déni insolent de la réalité. La chaîne Al Moutawassit, un média ouvertement partisan, a donné une version de la tuerie des agents de la Garde nationale soulevant colère et indignations : «Les gendarmes tués étaient là-bas pour chercher des trésors» ?!
Promesses non tenues
A-t-on jamais vu ou entendu le ministre des Affaires religieuses tenir un discours offensif, original, intelligent au sujet de la dérive terroriste, de la violence ou de la radicalisation ?
Et la Zitouna ? Dont on nous a dit que sa fermeture par Bourguiba avait été à l'origine de tous les maux? La grande mosquée — aujourd'hui entre les mains du cheikh Houssine Laâbidi, ni élu ni désigné par une instance légale — quel rôle joue-t-elle dans cette impasse ? N'a-t-elle pas le magistère pour diffuser un Islam malékite, ouvert et tolérant, pour contrecarrer cette déferlante radicale ?
Pour répondre à la soif de religiosité des Tunisiens, qu'a fait Ennahdha ? A-t-on entendu autre chose que des lieux communs et un discours creux? Et qu'en est-il de l'enseignement religieux ? Secteur ouvert à la concurrence, au laxisme, au point que l'Etat n'ose plus contrôler les écoles dites coraniques, sans parler des jardins d'enfants. Et les médias ?
C'est à travers l'ensemble de ces supports que le parti majoritaire s'est engagé à prémunir le pays contre les radicalisations. Disposant des moyens de l'Etat et d'un service public chargé de contrôler le champ religieux, avec ses prédicateurs, son propre discours, ses propres permanences qui quadrillent le pays, qu'a fait encore Ennahdha ? Les questions sont multiples et la réponse est là, irréfutable, s'impose par les faits.
L'échec du parti islamiste n'est pas seulement palpable au niveau de la gouvernance du pays aux plans économique, sécuritaire et politique, mais au niveau de la maîtrise du champ religieux, du champ d'action et de prédilection du parti Ennahdha, également. Or, là encore, toutes les promesses faites ne sont pas tenues et l'échec est tragique, impardonnable.


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