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Tous les objectifs n'ont pas été atteints
Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)— Rapport national de suivi 2013
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 05 - 2014

Les Nations unies ont lancé une enquête à l'échelle mondiale afin de recueillir le plus grand nombre d'opinions sur les priorités qui doivent figurer dans le prochain agenda mondial pour le développement. Un questionnaire a été mis en ligne sous l'adresse suivante: «http://www.myworld2015.org/»
La Tunisie a-t-elle atteint les objectifs du millénaire pour le développement? Depuis l'annonce en l'an 2000 des huit objectifs pour le développement, à l'occasion de la déclaration du millénaire prononcée à New York devant un parterre de chefs gouvernementaux, un grand nombre de dirigeants se sont engagés à les intégrer dans leurs programmes et leurs stratégies nationales afin d'améliorer les conditions des catégories défavorisées et de promouvoir une meilleure équité sociale entre les différentes franges de la population.
Les OMD ont été déclinés en objectifs nationaux et en plans de développement afin de réduire le taux de pauvreté et d'améliorer l'accès à l'éducation, à l'emploi et à la santé dans les régions. Un rapport de suivi élaboré par le bureau des Nations unies en Tunisie dresse un bilan exhaustif des politiques de développement qui ont été mises en place, éclairant, ainsi, les autorités sur les objectifs qui ont été atteints, les résultats et sur les priorités à définir pour la prochaine décennie.
Selon l'expert Tahar Abdessalem, chargé de l'élaboration de ce rapport, les résultats obtenus en matière de lutte contre la pauvreté sont satisfaisants, bien que les disparités entre les régions persistent. Le taux de pauvreté a baissé ostensiblement, passant de 5,87% en 1992 à 1,06% en 2010. Le taux de pauvreté extrême est estimé aujourd'hui à 3,8%, alors qu'il représentait 6,7% en 1990. Mais la pauvreté n'a pas évolué de la même manière dans les régions. Si elle a baissé dans certaines zones, elle es restée, par contre élevée dans les régions du Nord-Ouest, du Centre-Ouest, du Sud-Est et du Sud-Ouest, en particulier dans les zones rurales. Le constat est le même pour la malnutrition. Bien que le taux ait baissé de moitié au cours des deux dernières décennies, le retard de croissance touchant les enfants a évolué de manière différente d'une région à l'autre, avec un nombre d'enfants souffrant de malnutrition plus élevé dans le Nord et le Centre-Ouest. Par ailleurs, un Tunisien sur cinq consacre une somme inférieure à celle requise pour se procurer le minimum d'apports caloriques.
Un chômage rampant
Toujours, selon le rapport, le secteur de l'emploi souffre de nombreuses insuffisances, marqué notamment par la discrimination vis-à-vis des femmes et des diplômés de l'enseignement supérieur. A niveau égal et compétence égale, les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes dans le secteur privé. Par ailleurs, l'évolution du marché de l'emploi est marquée par un grand paradoxe. Au lieu de générer la création de postes d'emploi nécessitant une main-d'œuvre instruite et qualifiée, c'est l'effet inverse qui s'est produit. La faible évolution de la croissance économique a induit la création d'emplois peu qualifiés en inadéquation totale avec les besoins d'un marché de l'emploi, accueillant, chaque année, des milliers de diplômés de l'enseignement supérieur qui se retrouvent au chômage. Pour réfréner ce mouvement, le gouvernement a mis en place des instruments d'aide à l'emploi qui n'ont pas réussi à résorber un chômage de plus en plus grandissant. La seule issue pour ces chômeurs instruits: le travail informel et le travail indépendant.
Egalité d'accès à l'éducation
Le rapport révèle, par ailleurs, que l'objectif du millénaire a été atteint pour l'accès à l'éducation. 99% des enfants âgés entre six et onze ans ont été scolarisés en 2012 contre 87% en 1990. Bien que le taux d'abandon précoce soit élevé dans les régions et les zones rurales (ce sont les filles qui sont les plus touchées par ce phénomène), 95 % des enfants scolarisés ont achevé leur cinquième année primaire et 91,5% leur sixième année. Des progrès ont été réalisés sur le plan de la
parité. Le nombre des petites filles scolarisées en début de cycle primaire est sensiblement le même que celui des garçons. L'indice de parité s'est amélioré pour le cycle primaire, passant de 0,83 en 1990 à 0,93 en 2013. En 2000, la parité a été atteinte pour les collèges et le cycle du secondaire. Par contre, le nombre de filles interrompant leurs études en fin de cycle primaire et secondaire dans les régions intérieures reste plus élevé que celui des garçons. A l'université, le nombre des étudiantes a dépassé celui des étudiants, mais elles restent, par contre, moins présentes que les garçons dans les filières scientifiques et techniques avec une proportion atteignant uniquement 48,6% contre 52,4% pour les garçons. «Il y a plusieurs objectifs à atteindre dans les prochaines années, a relevé l'expert. Il faut généraliser l'accès et la finalisation du cycle primaire, lutter contre l'abandon scolaire, relever la qualité de la formation et des compétences dans le domaine de l'éducation. Il faut veiller à l'application de la loi relative à la gratuité et à l'obligation de l'enseignement jusqu'à la fin du cycle de base. Et il faut surtout consolider l'égalité face à l'accès à l'éducation».
Plus de chômeuses que de chômeurs
Le chômage touche davantage les femmes que les hommes. C'est ce que révèle le rapport. En 2011, le taux de chômage est plus élevé pour la population féminine que pour la population masculine et atteint 27,4% pour les femmes contre 15% pour les hommes. La différence est encore plus importante dans les régions. Le chômage des femmes dépasse la barre des 50% dans l'ouest et le sud du pays. Des taux records de chômage ont également été atteints dans les régions du Centre-Ouest, du Sud-Est et du Sud-Ouest avec 61,2%, 62,2% et 69,5% de femmes chômeuses.
Une mortalité infantile relativement élevée
L'objectif de réduire de deux tiers la mortalité infantile n'a pas été atteint par la Tunisie. Alors qu'il fixe à 14,6 pour mille le taux de mortalité à ne pas dépasser en 2015, la Tunisie enregistre un taux de mortalité infantile plus élevé, estimé à 19,4 pour mille. C'est dans les zones rurales que le taux est le plus élevé. L'objectif relatif à la mortalité maternelle n'a pas été atteint non plus. Les pays se sont engagés d'ici 2015 à réduire de trois quart le taux de mortalité maternelle. En Tunisie, cet objectif n'a pas pu non plus être réalisé, en dépit des efforts consentis par l'Etat en matière de santé. De 68,9 pour 100 mille en 1994, ce taux est passé à 44,8 pour mille. Mais, il reste éloigné de l'objectif à atteindre à savoir 24,9 pour 100 mille naissances vivantes. Pour le réduire, il faudrait renforcer le programme de périnatalité (PNN), améliorer la qualité de la surveillance prénatale, postnatale et des conditions d'accouchement dans les régions. Et les zones rurales.
Un accès inégalitaire aux nouvelles technologies
L'expert, chargé de l'élaboration du rapport national de suivi sur les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a fait le point sur les objectifs du millénaire, au nombre de huit, qui ont été réalisés par la Tunisie et ceux qui n'ont pas encore été atteints. S'agissant de la maîtrise des maladies endémiques, la Tunisie a, grâce au programme national de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, pu réduire la morbidité liée au VIH grâce notamment aux campagnes de sensibilisation et à l'amélioration de l'accès au traitement et aux moyens de protection. Concernant le paludisme, il a été éradiqué depuis 1979. Quant à l'incidence de la tuberculose, elle s'est stabilisée à 20 pour mille habitants avec l'existence, toutefois, de grandes disparités entre les régions. L'objectif d'assurer un environnement durable et réduire de moitié, d'ici 2015, le pourcentage de la population, qui n'a pas accès à l'eau potable, a été atteint, relève, en outre, le rapport de suivi. Toutefois, un grand nombre d'habitants dans les zones rurales n'ont toujours pas accès au réseau d'eau potable. La Tunisie devra dans les prochaines années se fixer pour priorité le raccordement de toutes les régions ainsi que des zones rurales au réseau de distribution de l'eau potable.
Ce rapport a, enfin, révélé des statistiques et des chiffres sur la dette et l'accès aux nouvelles technologies. En 2003, cette dette représentait 50% du PIB. Après avoir affiché une baisse, atteignant 37% en 2010, ce taux est de nouveau revenu à 40% en 2012. Concernant l'accès aux nouvelles technologies, de grandes disparités existent entre les régions et des efforts restent encore à faire en matière de connexion à l'internet haut débit. Le plus grand nombre d'abonnés se concentre dans le nord et le centre de la Tunisie avec des taux atteignant 40,6% pour la capitale et 77,5% pour le Nord-Est et le Centre-Est. «Nous devons réduire cette fracture numérique et améliorer l'accès dans les régions intérieures», a conclu l'expert. I.H.
Lancement de l'enquête myworld2015
Les Nations unies ont lancé une enquête à l'échelle mondiale afin de recueillir le plus grand nombre d'opinions sur les priorités qui doivent figurer dans le prochain agenda mondial pour le développement. Les résultats de cette enquête serviront à éclairer les dirigeants sur les aspects et les points sur lesquels ils doivent se concentrer leurs actions dans des domaines comme la santé, l'éducation, l'environnement pour atteindre les objectifs du millénaire. Le processus a démarré dans tous les pays. Un questionnaire a été mis en ligne sous l'adresse suivante: «http://www.myworld2015.org/». Seize thèmes relatifs à la bonne gouvernance, à l'éducation, à la santé, à la parité homme et femme, à l'accès à l'eau... y sont soumis à l'opinion du public. Dans chaque pays, toute personne participant à ce sondage doit indiquer quels sont les thèmes qui doivent figurer en priorité dans les programmes politiques des dirigeants, accompagnés d'informations sur la catégorie sociale à laquelle il appartient, son niveau d'éducation, son sexe, son pays. En Tunisie, la consultation nationale a démarré. Cinq forums régionaux seront organisés pour débattre des thèmes du questionnaire. Des représentants de la société civile feront le tour des régions pour sensibiliser les habitants à l'importance de participer à cette enquête mondiale qui balisera à l'élaboration des prochains objectifs pour le développement dans le monde. Les résultats seront soumis au secrétaire général de la commission des Nations unies et aux dirigeants des pays afin de les aider à définir les priorités post-2015. I.H.


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