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Quel impact de l'attaque terroriste du Bardo?
Reportage Dans les souks de la Médina
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 04 - 2015

Les professionnels espèrent une reprise rapide des activités
Le tourisme tunisien, déjà en crise profonde depuis la révolution de 2011, pourrait subir de plein fouet les répercussions de l'attaque contre le musée du Bardo à Tunis, au cours de laquelle une vingtaine de touristes étrangers ont été tués... par contre, certains commerçants des souks de l'artisanat ne subissent pas le contrecoup de cette attaque.
Lundi après-midi, il n'y avait pas foule dans les ruelles des souks de la médina de Tunis, pourtant la journée est ensoleillée et propice à la promenade. Devant leurs boutiques, des commerçants plaisantent entre eux, d'autres interpellent les passants en les invitant à visiter leur échoppe. Pas de touristes européens ou très peu. Mehrez Khemais dont la devanture est ornée de bijoux en argent, de tapis et d'habits traditionnels n'est pas du tout pessimiste. Bien au contraire, il est très enthousiaste. «Je travaille normalement, le chiffre d'affaire n'a pas baissé, il est le même qu'avant l'attaque terroriste du Bardo» lance-t-il et d'ajouter, «l'attaque a surpris tout le monde mais n'a pas eu un impact négatif. De nombreux clients ne se sont pas rendu compte de l'attaque, même les Européens ne sont pas affolés. Nous travaillons aussi avec la clientèle arabe comme les Libanais surtout ceux ayant participé au Forum social mondial. Samedi, j'ai pu vendre pas mal de tapis. D'ailleurs, tous les commerçants du souk ont bien travaillé. Nous avons une bonne clientèle algérienne et, depuis deux mois, une clientèle libyenne qui commence à se faire rare en raison de la situation de conflit dans leur pays. Nos citoyens à l'étranger qui passent leurs vacances en Tunisie retournent en Europe avec plein de cadeaux : des poufs, des sacs, des sandales, et des objets du souk El Attarine pour tout ce qui concerne le trousseau de la mariée lors de la saison des mariages. On travaille bien avec les Tunisiens. Juillet, août et septembre c'est la haute saison pour moi et mes confrères. Quant aux croisières, elles vont reprendre, je garde espoir». Mehrez souligne, toutefois, que ce sont les hôtels qui sont les plus affectés.
Moins de croisiéristes
Houssem, 30 ans, travaille dans une boutique qui vend du cuir, des faux bijoux, des narguilés, etc. Selon lui, l'attaque du musée du Bardo a eu un impact négatif sur son négoce. «Il y a moins de touristes surtout provenant des croisières qui sont pour nous très intéressantes. J'espère que le gouvernement sera en mesure de les faire revenir en Tunisie. En ce moment, on travaille surtout avec les Algériens, ceux qui ont participé au FSM.
Les Libyens ne viennent pas à cause du manque de sécurité dans leur pays. Actuellement, nous sommes au repos en attendant des jours meilleurs».
Jalel Ben Saâd vend des faux bijoux depuis 46 ans dans les souks. «Pour nous, commerçants de la médina, avant ou après l'attaque du Bardo, c'est kif kif. On travaille hamdoula. Les Algériens et les Libyens font l'affaire. Ils représentent la meilleure clientèle. Polonais, Hongrois, Tchèques, Russes arrivent par croisières Costa et sont conduits par des rabatteurs dans quelques boutiques précises. Je ne tire aucun bénéfice de ce type de clientèle. Je travaille avec les touristes passagers : Français, Espagnols, Libyens, Algériens. Mon chiffre d'affaires a baissé depuis la révolution. Les touristes se rendent au Maroc pour des raisons sécuritaires. A l'époque de Bourguiba, les touristes qui venaient dans notre pays étaient de qualité : anglais, américains, suisses. De nos jours, les touristes viennent chez nous avec 80 euros, passent deux jours dans un hôtel cinq étoiles et achètent leur pain et leur bouteille d'eau chez l'épicier du coin. Alors que les tunisiens dépensent 4 à 5 fois plus que les touristes européens lorsqu'ils se rendent dans un hôtel», s'indigne-t-il avant de conclure, «Je propose qu'on supprime la taxe de 30 dinars imposée aux touristes libyens et algériens et encourager le tourisme maghrébin».
Algériens et Libyens,
meilleurs clients
Plus loin, Samir est assis devant sa boutique et s'applique à marteler un plateau en bronze. «Le nombre de touristes n'a pas baissé, et ce, grâce au FSM. Les prochains jours, je ne sais pas. Avant le FSM, il y avait les touristes des croisières du mercredi. Actuellement, les groupes sont rares. Les touristes reviennent petit à petit mais avec l'attaque du musée du Bardo, j'ai entendu dire que les croisières vont être annulées jusqu'au mois de novembre 2015. Cette attaque a un impact direct sur le tourisme. Mais en ce qui nous concerne, nous travaillons avec des touristes arabes du Golfe, des Algériens, des Tunisiens. Au niveau de la qualité de la clientèle, nous préférons les Algériens et Libyens qui n'hésitent pas à acheter nos articles.
Quant aux touristes des croisières, ils sont intéressants parce qu'ils achètent rapidement et n'ont pas de temps à perdre pour se balader».
Jalloul est vendeur dans un magasin luxueux de tapis, bijoux, costumes traditionnels et autres tableaux. Selon lui, l'activité est réduite, «il n'y a pas beaucoup de mouvement en raison de l'absence des croisières des mardis et mercredis.
J'ai entendu dire qu'il y a des annulations dans les hôtels et des croisières Costa et Aida. Notre magasin ne travaille pas avec les croisières. Notre clientèle est composée à 75% de Tunisiens et 25% de touristes étrangers passagers ainsi que des étrangers résidents en Tunisie. Vu la situation de crise économique, nous avons baissé les prix de nos articles, nous pratiquons aussi des réductions pour faire tourner le commerce. Les touristes ont diminué depuis 2010. Les clients ont changé. La qualité du touriste a changé».
Une reprise s'impose
En effet, secteur clé de l'économie du pays, le tourisme est très affecté depuis la révolution en raison notamment de l'instabilité sociale et particulièrement sécuritaire. Il est l'un des principaux moteurs de l'économie et génère 7% du PIB.
Il fait aussi vivre 10% de la population (400.000 emplois directs), en générant entre 18 et 20% des recettes en devises par an. D'autre part, il a un effet d'entraînement sur une grande partie des secteurs économiques comme le commerce, les transports, l'artisanat, les communications, l'agriculture et le bâtiment. En 2014, le nombre de touristes venus en Tunisie a enregistré une baisse de 3,2%, passant de 6,27 à 6,07 millions en un an, selon des chiffres communiqués le 22 janvier dernier par le ministère du Tourisme.
L'attentat contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris début janvier et dernièrement celui du musée du Bardo sont des coups durs pour le tourisme. Les professionnels espèrent une reprise rapide de l'activité touristique en tirant plutôt profit de ces attaques qui, espèrent-ils, ne se reproduiront plus.
Neïla GHARBI


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