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Du haut de ces aqueducs: 2000 ans d'Histoire vous contemplent
Publié dans Leaders le 15 - 01 - 2009

Rares sont les automobilistes empruntant chaque jour la route Zaghouan-Tunis qui savent que l'aqueduc qu'ils longent sur des kilomètres sans daigner y jeter le moindre coup d'oeil est une grande merveille de l'antiquité. Paraphrasant Napoléon, on pourrait dire :"du haut de ces aqueducs 2000 ans d'Histoire vous contemplent". Ce qu'on appelle l'aqueduc de Zaghouan à Carthage est, de fait, un ensemble complexe, exceptionnel par l'ampleur du programme idéologique et technologique mis en œuvre. Exceptionnel, il l'est par sa longueur (-car c'est le plus long aqueduc romain-), ainsi que par le nombre et l'originalité des monuments qui en font partie ; exceptionnel aussi, en raison de sa longévité même: vraisemblablement construit au IIème siècle., il est encore fonctionnel en ce début du troisième millénaire, près de dix-neuf siècles plus tard, car, à l'exception des secteurs sur arcades, une bonne partie de ses canalisations conduisent encore l'eau des sources de Zaghouan et d'Aïn Jouggar jusqu'à Tunis et même jusqu'à Carthage, puisque les citernes voisines des thermes d'Antonin sont encore utilisées elles aussi, et partiellement alimentées par les mêmes sources.
Il faut rendre hommage au génie de ceux qui l'ont conçu et exécuté, mais aussi aux autres civilisations qui se sont succédé en Tunisie.
Car elles ont su le reconstruire et le maintenir en activité pour qu'il reste, de nos jours encore, un des plus beaux ouvrages d'art créés par le cerveau humain.
On comprend, dès lors, la passion de Naïdé Ferchiou, Docteur d'Etat ès Lettres et spécialiste d'architecture antique et d'étude de paysages pour cet édifice, née d'une complicité qui, au fil d'une trentaine d'années, s'est peu à peu tissée entre un chercheur et un ensemble monumental exceptionnel, celui des aqueducs de Zaghouan à Carthage et leurs nymphées. Dans son ouvrage qu'elle vient de publier aux éditions Nirvana "Le chant des nymphes: les aqueducs et les temples des eaux de Zaghouan à Carthage", le professeur Ferchiou a réussi à redonner vie à ces vestiges qu'on croyait voués à une mort certaine. L'auteur a mené un véritable travail de bénédictin aidée en cela par une érudition hors du commun. Rien de ce qui, de près ou de loin, touche à ces édifices ne lui étranger. Le mérite de ce livre est de nous avoir révélé un pan de notre Histoire et un grand écrivain qui a réussi à nous communiquer sa passion.
Entre cet aqueduc et nous, rien ne sera plus comme avant. il faut dire que la tâche n'était pas facile. En raison de sa complexité même, cet ensemble ne s'est pas aisément laissé apprivoiser. De randonnées en flâneries le long des différentes branches, de fouilles et sondages en recherches architecturales et travaux de restauration épisodiques, les différentes structures ont révélé une partie de leur âme à l'auteur.
Ce livre ne prétend pas épuiser le sujet, mais simplement faire connaître au lecteur certaines facettes de ce fleuron du patrimoine tunisien, malheureusement méconnu, à travers des documents divers et des photographies prises au fil du temps et des saisons.
L'ouvrage est divisé en deux grandes parties. La première retrace l'histoire du complexe, les techniques de construction et les exécutants, ainsi que le tracé général des aqueducs. Une seconde partie se focalise plus particulièrement sur les monuments eux-mêmes, qui sont présentés dans leur grandes lignes. Ils sont répartis en deux chapitres, l'un regroupant ceux qui se trouvent dans la région de Zaghouan et de Fahs, l'autre ceux de la banlieue de Tunis, et de Carthage.
Dans certains cas, ce livre présente pour la première fois au grand public des photographies de monuments inédites à ce jour, ou publiées uniquement dans des études scientifiques spécialisées.
Naïdé ferchiou
Docteur d'Etat ès Lettres et Directeur de recherches honoraire, Naïdé Ferchiou est spécialiste d'architecture antique et d'étude de paysages.
Elle a participé à divers congrès internationaux et a publié trois ouvrages, ainsi que de nombreuses études dans différentes revues et recueils scientifiques, en Tunisie, mais aussi en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Belgique, au Danemark et aux USA. Elle a aussi pris part à des projets de coopération internationaux avec le Danemark et les USA.
Naïdè Ferchiou a également assuré par le passé des cours à l'Université de Tunis, ainsi que l'encadrement d'étudiants en Troisième Cycle (D.E.A., master et thèse). Dans ce cadre elle a été membre ou président de jury (master, thèse, habilitation).
Chercheur à l'institut National du Patrimoine pendant 32 ans, elle a dirigé divers chantiers, aussi bien de fouilles que de restauration et de mise en valeur (Temple des Eaux à Zaghouan, tombeau monumental à Bou Arada (Siliana), sites de Souar (Nadhour), d'Oum El Abouab (Fahs), Bir Mcherga, etc...).
Dans un autre domaine, elle est l'auteur d'un recueil de nouvelles concernant certains sites romains de Tunisie, intitulé «Ombres Carthaginoises», et publié aux éditions L'Harmattan.


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