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L'université tunisienne en grève générale le jeudi 1er décembre
Publié dans Leaders le 30 - 11 - 2011

Qualifié d'épiphénomène au début de l'année universitaire par le ministère de l'enseignement supérieur, le port du nikab dans les facultés est à l'origine d'une enième crise, peut-être la plus grave depuis la révolution tunisienne.
Rappel rapide des faits. Le lundi 28 novembre, certaines sections de la faculté des lettres, des arts et des humanités de Manouba doivent passer des examens partiels. C'est alors qu'un groupe de salafistes bloquent l'entrée des salles, réclamant le droit à une étudiante qui porte le nikab de passer les examens. L'acceptation ou pas de ces étudiantes dans les facultés n'a pas été complètement résolue bien que le phénomène date des lendemains du 14 janvier 2011. En l'absence d'un communiqué clair du ministère de tutelle, les conseils scientifiques des différentes institutions universitaires ont, pour certaines d'entre elles, adopté un règlement intérieur qui interdit le port du nikab dans les salles de classes pour des raisons liées au dialogue pédagogique et à la communication académique et a exigé que les étudiantes montrent leur visage à l'entrée des universités pour des raisons de sécurité. Mais il faut dire que même dans les établissements où la mesure avait été adoptée, certains enseignants, par laxisme, solidarité ou peur, ont laissé des étudiantes en nikab suivre leurs cours.
Mais les évènements se sont accélérés lundi dernier du fait du passage des premiers examens. En effet, si les étudiantes qui ne veulent pas se découvrir le visage pouvaient suivre les cours tant bien que mal à distance, elles doivent se présenter sur place pour passer les épreuves écrites. L'accès leur est refusé ce jour là. Le groupe salafiste qui les accompagne bloque alors l'entrée de tous les autres étudiants et organise un sit-in dans les locaux qui abritent les bureaux du doyen. Des négociations commencent alors entre des représentants des salafistes, qui se présentent comme des étudiants de la faculté, et le doyen, accompagné de représentants du corps enseignant. Outre l'accès des étudiantes en nikab, ils réclament une salle de prière dans l'enceinte même de l'université et d'autres demandes dont ils se rétracteront par la suite, selon les dires du doyen, et qui seraient liées à la séparation entre les étudiants et les étudiantes lors des séances de cours.
Le soir arrive. Les sit-ineurs ramènent des matelas et des réserves de nourriture et d'eau, s'apprêtant à passer la nuit sur place. Le doyen est toujours dans son bureau, à négocier. Il fait quelques déclarations à la radio où il se dit séquestré à un certain moment. L'information se propage comme une traînée de poudre et des enseignants, des associations de défense des libertés et des droits de l'homme ainsi que plusieurs personnalités indépendantes et hommes politiques se déplacent sur les lieux. Toute la soirée, les discussions s'enflamment entre les enseignants et les étudiants salafistes. Les premiers exigent de préserver la sacralité de l'université comme un lieu de savoir indépendant des croyances et de toutes formes d'idéologies, un lieu d'échange des connaissances et de libertés académiques alors que les autres en appellent à la liberté vestimentaire et au droit à chacun d'étudier, même en nikab.
Les échanges sont vifs et animés, ponctués de l'hymne national, d'Alahou Akbar ou de slogans qui ont fait notre révolution « travail, liberté, dignité nationale ». Des jeunes de l'UGET et du Parti communiste organisent même la contre-offensive et se font de plus en plus nombreux. Ce n'est qu'à deux heures du matin que tout le monde quitte les lieux sans accord final. Quant aux forces de sécurité, elles ne sont pas intervenues à la demande expresse du doyen, qui pensait dur comme fer qu'un problème à l'université devait être traité par ses principaux protagonistes, les enseignants et les étudiants.
Dès le lendemain, mardi 29 novembre, également jour d'examens, les salafistes sont revenus, encore plus nombreux, encore plus déterminés. La journée se déroulera entre les discours enflammés des uns et des autres. Le conseil scientifique de la faculté se réunit, maintient l'interdiction du nikab et décide même d'annuler les examens prévus mercredi 30 novembre vu que les conditions de sécurité ne s'y prêtaient pas.
Le vaste mouvement de solidarité qui s'est étendu au-delà de la faculté de Manouba a entraîné la décision du syndicat de l'enseignement supérieur d'organiser une grève générale dans l'ensemble des établissements universitaires. Après un rassemblement dans les facultés, les universitaires qui le peuvent se déplaceront devant l'assemblée constituante au Bardo pour demander une prise de position ferme de nos élus et la préservation de l'université hors du champ politique, religieux et idéologique. Il en va de l'éducation de nos enfants et du modèle social que nous voulons construire pour l'avenir de notre pays.


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