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Ceux d'en haut qui nous regardent
Publié dans Le Temps le 29 - 07 - 2020

Quand tout est déjà arrivé, le recueil de Julian Barnes a des allures d'ascension, non pas vers un étage d'une haute tour à atteindre, non plus vers une quelconque montagne à gravir, mais vers les hauteurs auxquelles se destinerait l'humain, autrement dit : l'élévation par la pensée, l'art, l'amour ou la mort.
Trois récits composent le volume, où chaque protagoniste, pour continuer à vivre, seul ou en compagnie de son amante, prend de la hauteur, ou essaie d'en prendre, à sa façon, à ses risques et périls. Pourquoi chercher à tout prix à quitter le sol pour aller plus haut ? L'interrogation, pour peu qu'on y pense est universelle et inhérente à l'homme, et chacun de nous a son avis sur le sujet ; les récits de Barnes sont des points de vues fouillés et instructifs sur notre place dans l'univers, ...
Et sur terre. Le premier récit nous élève en compagnie de Nadar, qui fut le premier à vouloir capter des photos et fit de nombreux vols en ballon ; l'auteur développe une description riche sur les élans des gens exaltés et déterminés à accomplir leur rêve ; le second récit, à hauteur d'homme, traite de l'amour et nous fait découvrir un conte insolite de l'écrivaine et femme de théâtre, l'extravagante Sarah Bernhardt.
Sarah Bernhardt s'était envolée du centre de Paris et avait atterri près d'Emerainville, dans le département de la Seine-et-Marne. Elle file une histoire d'amour en vol, avec le peintre Georges Clairin, et un aéronaute professionnel, dans la nacelle d'un ballon orange dont le nom, Dona Sol, était inspiré de son rôle du moment à la Comédie-Française.
L'aéronaute avait débouché une bouteille de champagne, faisant sauter le bouchon vers le ciel, et Sarah avait bu dans un gobelet en argent. Puis ils avaient mangé des oranges, et jeté la bouteille vide dans le lac de Vincennes.
Grisés par le sentiment soudain de supériorité, ils avaient lâché gaiement du lest sur les gens en bas : d'abord une famille de touristes anglais accoudés à la balustrade de la colonne de Juillet et, plus tard, une noce s'adonnant aux plaisirs d'un pique-nique champêtre. Un militaire anglais, passionné d'aéronefs ; Fred Burnaby voyagea seul dans un ballon rouge et jaune appelé The Eclipse, il pesait plus de cent kilos, il emporta deux sandwichs au bœuf, une bouteille d'eau minérale, un baromètre, pour mesurer l'altitude et, un thermomètre, une boussole et une provision de cigares. Julian Barnes y va de ses descriptions détaillées, (la couleur du bonnet, le mouchoir sur la nuque de l'anglais), ironiques, de ses réflexions sur l'homme attaché à sa passion.
Sur l'amour, lequel est chagrin « ...parce que chaque histoire d'amour est une histoire de chagrin potentiel » dira –t-il dans le récit suivant, le plus développé et le plus lancinant du volume. Ce dernier récit, autobiographique, révèle la vie de veuvage de Barnes, qui déploie une méditation quasi maladive et contagieuse sur la mort, la perte de l'être cher.
Un style concis, ramassé, qui en dit long sur son amour pour sa femme avec laquelle il a vécu trente ans « J'en avais trente-deux quand nous nous sommes rencontrés, soixante-deux quand elle est morte.
Le cœur de ma vie ; la vie de mon cœur ».
L'auteur anglais le plus francophile, l'un des plus apprécié par les Français, auteur, notamment du Perroquet de Flaubert ( Prix Médicis essai-1986) lauréat De plusieurs Prix prestigieux, souffre encore de cette lourde séparation, lourde mais jamais pesante, Barnes le veuf, poursuit seul son chemin en s'élevant haut dans la pensée, usant encore de son humour, sa marque de fabrique et de son chagrin communicatif et de sa douleur inconsolable « En fait, la nature est si exacte que la souffrance est exactement proportionnelle à la valeur de ce qu'on a perdu, alors dans un sens on chérit la douleur » lui écrit une amie qui a perdu son mari, pour le consoler, un an après la disparition de sa femme. Quand tout est déjà arrivé, montre que Julian Barnes a entendu l'appel consolateur, mais il ne se remettra pas de son deuil.
Quand tout est déjà arrivé, Julian Barnes- 272 p
Traduit de l'anglais
par Jean-Pierre Aoustin
Bibliothèque étrangère


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