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Les Tunisiennes développent le cancer du sein à un âge plus jeune que les Françaises
Premières Journées internationales de sénologie interactive
Publié dans Le Temps le 25 - 12 - 2009


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On espère pouvoir diagnostiquer en Tunisie les cancers du sein lorsqu'ils sont en-dessous de deux centimètres.
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Marc ESPIE (Cancérologue, Chef de service cancérologie à l'Hôpital Saint Louis Paris : Bientôt un diplôme franco tunisien pour mieux gérer la sénologie
Dans le cadre de la célébration de l'événement " Kairouan capitale de la culture islamique 2009 ", l'Association Médicale de Kairouan, le Syndicat des Médecins libéraux et l'Institut pour la Prévention du Cancer du Sein Paris/France ont organisé récemment les premières journées internationales de sénologie interactive de Kairouan.
Cette rencontre a réuni des sommités du monde médical dont une équipe médicale spécialisée de l'Hôpital Saint Louis à Paris présidée par le Pr. Marc ESPIE. Ces journées ont abordé une question d'actualité : le cancer du sein. Cette maladie constitue, en effet, un véritable problème pour les femmes du monde entier.
Une vingtaine de communications ont été présentées lors de ces journées ayant notamment trait aux progrès réalisés dans la chirurgie du cancer du sein au cours des 20 dernières années, à la chirurgie reconstructive en cancérologie mammaire, à la place de la radiothérapie dans le cancer du sein, au traitement hormonal du cancer du sein chez les femmes ménopausées et à la toxicité cardiaque des médicaments utilisés dans le cancer du sein.
Néji Khammari
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Marc ESPIE (Cancérologue, Chef de service cancérologie à l'Hôpital Saint Louis Paris : Bientôt un diplôme franco tunisien pour mieux gérer la sénologie
Le Temps : Ces journées sont d'habitude organisées en France. Pourquoi le choix s'est fixé cette fois-ci sur la ville de Kairouan pour accueillir ce rendez-vous ?
Marc Espie : C'est toujours important qu'on arrive à coopérer et à échanger nos points de vue sur un problème aussi important qui est le cancer du sein. Grâce à cette rencontre nous pouvons discuter sur la meilleure façon de traiter les patients et de les prendre en charge. C'est également enrichissant d'avoir des contacts avec des spécialistes dans le domaine, en Tunisie à Kairouan à Sousse et même en Algérie. Notre présence à Kairouan s'inscrit dans le cadre de l'événement " Kairouan 2009 " et des liens de coopération existants entre l'Institut pour la prévention du cancer du sein (IPCS) notre Hôpital d'un côté et l'Institut Salah AZAEIZ de cancérologie de Tunis de l'autre côté.
Cette manifestation a-t-elle abouti à des résultats ?
Oui, bien sûr. Elle nous a permis d'échanger largement les points de vue avec nos collègues tunisiens et d'avoir des discussions enrichissantes.
Je rappelle dans ce cadre que des liens de coopération existent depuis des années entre l'Institut pour la prévention du cancer du sein (IPCS) et l'hôpital Saint Louis à Paris d'un côté et l'Institut Salah Azaiez de Tunis. Des projets sont en voie de réalisation et d'autres sont envisageables dont celui relatif à la mise en place d'un diplôme franco tunisien commun pour mieux gérer la sénologie.
Dans votre communication vous avez tiré la sonnette d'alarme sur cette maladie qui gagne de plus en plus du terrain à travers le monde ?
Parce que c'est une maladie très fréquente. En France, elle touche 50.000 nouvelles femmes tous les ans. Il y en a encore 11.000 qui en meurent chaque année.
En France le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer des femmes et la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires.
Avez-vous une idée sur cette maladie en Tunisie ?
Je n'ai pas de chiffres exacts mais je sais que cette maladie constitue un problème qui devient de plus en plus important. Il y a des différences semble -t-il entre les femmes tunisiennes développant un cancer à un âge plus jeune que leurs homologues françaises.
Il y a à peu près dix ans d'écart. Et il y a beaucoup de cancers du sein avant l'âge de 50 ans en Tunisie".
Et quelles sont selon vous les causes ?
On ne les connaît pas bien. Il y a parfois des familles dans lesquelles les cancers sont génétiques et héréditaires et d'autres dont les causes sont probablement dues aux modes de vie.
Comment envisagez-vous la coopération entre les pays du nord dont les recherches sont très avancées dans le domaine de la lutte contre le cancer du sein, et ceux du sud dont les moyens humains et financiers restent limités ?
" Il y a quand même une médecine de qualité en Tunisie et j'espère qu'on va continuer à développer davantage notre coopération dans ce domaine pour confronter nos expériences et participer à l'amélioration de la prise en charge du cancer du sein en Tunisie.
Il faudra réfléchir à la manière de mettre sur pied un type de dépistage du cancer du sein pour qu'il soit moins volumineux. Parce qu'actuellement en Tunisie les cancers du sein mesurent plus de 4,5 centimètres quand ils sont diagnostiqués. On espère arriver à ce qu'ils soient en dessous de 2 centimètres.
Pour ce faire, il faut renforcer la coopération avec l'Office de la famille, les sages femmes, les médecins généralistes qui peuvent observer des examens cliniques et localiser les bulbes palpables au niveau du cancer du sein. Si on arrive à le faire ce sera déjà un grand pas.


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