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Ruée sur les voyantes
A quelques jours du Bac
Publié dans Le Temps le 25 - 05 - 2010

Nombreux sont les candidats à l'examen du baccalauréat qui vont consulter une voyante en quête d'une aide ou d'un conseil pour aborder les épreuves en toute sérénité ou même d'un talisman ou d'un gri-gri à porter pendant les jours d'examen en guise de mascotte.
Les jours qui précèdent les examens, les voyantes qui exercent légalement ou en cachette ont pignon sur rue, qu'elles soient dans les grandes villes ou dans les quartiers populaires. Il faut dire que certains candidats le font par superstition, d'autres par conviction, d'autres encore par curiosité. Quel que soit le mobile qui les pousse à agir de la sorte, le but est le même pour tous : la chance et le succès.
Ces voyantes, devenues nombreuses, travaillent d'arrache-pied durant ces jours qui précèdent les examens et reçoivent chez elles des élèves et des étudiants, venus à deux, à trois ou individuellement. Il y a celles qui usent de tarot, d'autres de chiromancie, d'autres encore invoquent des esprits invisibles ou surnaturels. Si les unes ont ou prétendent avoir un diplôme en astrologie, les autres déclarent avoir tenu cette pratique divinatoire de leurs aïeux, un don hérité et transféré dans la famille de génération à une autre. Mais rien n'est révélé sur le secret de leur métier. Chacune jouit d'une certaine réputation dans la ville ou le quartier où elle exerce, une notoriété acquise grâce aux témoignages favorables des gens qui l'ont consultée, ce qui constitue une publicité gratuite circulant de bouche à oreille, quoique dans la discrétion totale. Ce sont parfois les parents qui emmènent leurs enfants, souvent peu studieux, chez telle ou telle voyante dans l'espoir de leur insuffler un nouveau souffle d'inspiration et de génie propre à leur porter secours les jours d'examens. La voyante leur livre alors une recette contre la malchance ou le mauvais œil, ou les conseille de porter l'une de ces amulettes supposées les protéger en cas de difficultés rencontrées dans les épreuves à passer. Quoique certains jeunes n'y croient pas vraiment, ils obéissent à leurs parents et acceptent volontiers d'aller voir l'une de ces voyantes au cas où. C'est que les jeunes d'aujourd'hui croient beaucoup à la chance, surtout en matière d'examen, à telle enseigne qu'on dit souvent de quelqu'un : « Il a réussi parce qu'il avait de la chance ! », mais rarement : « parce qu'il a bien travaillé ! »
Cette tendance à compter sur la chance est un phénomène qui n'est pas à démontrer : donnez un journal à un jeune, il va directement à la page d'horoscope !
En effet, la majorité de nos jeunes ne ratent pas de consulter leur horoscope quotidien et ils y croient très souvent. Le recours à une voyante avant les examens relève de cette attitude superstitieuse et cette confiance aveugle accordée aux pratiques divinatoires. Ecoutons ce candidat au bac qui a préféré garder l'anonymat : « Le sort joue parfois de mauvais tours. Le travail est primordial pour pouvoir affronter son bac, j'en conviens ; mais parfois on doit compter sur la chance ! Tous les candidats ne sont pas nés sous une bonne étoile ; les uns ont de fortes chances pour réussir, d'autres ont des chances plutôt minces ! » Notre interlocuteur portait en pendentif une amulette (la main de Fatma). A notre question pourquoi il portait cette amulette, il nous répondit sans ambages : « C'est un porte-bonheur, je le mets chaque fois que j'ai un devoir à faire ; d'ailleurs, j'en ai d'autres que je porte très souvent ; j'ai toujours senti que ces objets me protègent en cas de problèmes… »
Ne t'en fais pas, tu auras ton bac !
Pour revenir à ces voyantes, disons qu'elles apportent en quelque sorte le salut à ces jeunes qui, tout en se préparant sérieusement aux différentes épreuves, veulent se prémunir contre les mauvaises surprises qui pourraient survenir lors de l'examen. Le port d'un talisman ou d'un grigri pourrait chasser le mauvais sort ou du moins rassurer le candidat psychologiquement. « Il n'y a pas mal de candidats qui sont brillants durant toute leur scolarité, nous a confié un autre élève de terminale, pourtant, il arrive qu'ils soient en difficulté le jour de l'examen. Comme pour prévenir toutes sortes de contrariétés, ils portent des objets soi-disant porte-bonheur pour eux, histoire d'éviter un malheur éventuel ! D'ailleurs, tout le monde en porte, surtout les filles !»
Pourquoi les filles ? Sont-elles plus superstitieuses que les garçons ? Pourtant, à l'école, elles sont plus studieuses et lors des examens nationaux elles récoltent les meilleurs résultats, et depuis plusieurs années le taux de réussite chez les filles est nettement supérieur à celui des garçons, étant les meilleures lauréates dans les différentes sections. Ont-elles recours aux services divinatoires des voyantes et des diseuses de bonnes aventures pour pouvoir réaliser de telles prouesses ? Loin s'en faut ! Pourtant, les garçons voient que les filles sont les meilleures clientes de ces voyantes : « Elles sont plus soucieuses de leur avenir, nous a expliqué un élève de quatrième secondaire, elles veulent faire la concurrence aux garçons en travaillant beaucoup et mieux. Quant à la consultation d'une voyante, soyez sûr que pas mal de filles s'y adonnent de temps en temps, croyant peut-être que les prévisions d'une voyante les rassureront et leur redonneront plus d'espoir ! Ni plus ni moins ! Si on veut réussir au bac, il faut travailler dur. Sans travail, une voyante ne peut rien faire pour nous ! Cependant, le stress des études et le manque de confiance peuvent pousser certaines filles au bord du gouffre à voir une de ces voyantes, ne serait-ce que pour se réconforter et reprendre espoir, mais cela est vrai aussi pour nous, les garçons ! »
Ceci étant, ces voyantes exploitent cet état d'âme anxieuse qui hante les candidats aux examens qui, face au désespoir et au manque de confiance, croient retrouver le réconfort et le soutien nécessaires en allant chercher de l'aide auprès de ces voyantes qui profitent de cette opportunité pour s'enrichir, rien qu'en disant à ces jeunes désespérés ce qu'ils ont envie d'entendre : « Ton bac, c'est dans la poche ! »


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