Entrée Sud : Le ministre annonce une accélération du rythme pour une livraison finale fin 2026    Banque centrale : taux maintenu à 7 % malgré la pression mondiale    Pierre Le Run, nouveau Directeur général de l'Union Internationale de Banques    Intempéries en Tunisie : vigilance maximale sur les routes    Mardi et mercredi : conditions extrêmes sur le nord et le centre    Vignette auto : êtes-vous prêt pour le 6 avril ?    Remise de lettres de créance de M. Nabil Assaf, nouveau Représentant de la FAO en Tunisie    La scène musicale tunisienne en deuil : Décès du violoniste Amine Boudidah    L'Université de Gafsa et l'Ecole Normale Supérieure de Ouargla signent une convention de coopération    Forum des créatrices arabes 2026 à Sousse : la traduction au cœur des débats littéraires féminins    Alerte météo en Tunisie : Pourquoi il ne faut surtout pas ranger vos manteaux ce week-end    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Samsung Galaxy S26 Ultra embarque un nouveau codec vidéo pour réaliser des contenus de qualité professionnelle    Dhafer L'Abidine remporte le prix du meilleur réalisateur au Festival de Manchester pour son film Sophia    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Titre    Quand se joue la demi-finale aller entre l'EST et Sundowns ?    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    Mohamed Salah Ben Aïssa - Hommage à un maître; quelques vérités pour l'histoire    Tunisie : victoire convaincante pour les débuts de Lamouchi    Engrais: la guerre au Moyen Orient met à nu la fragilité de la Tunisie    La nouvelle direction de l'UGTT, conduite par Slaheddine Selmi, appelle à la reprise du dialogue social    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Salon des patients sous le thème 'Parlons santé, prévention, nutrition et bien-être' du 3 au 5 Avril 2026 à la Cité de la Culture de Tunis    Concours Ecole Normale Supérieure : 110 places ouvertes pour l'année universitaire 2026-2027    LG Electronics confirme son leadership mondial sur le marché des téléviseurs OLED pour la 13e année consécutive    JAZZIT Festival 2026 : le festival de Jazz à Tunis de retour pour des moments musicaux intenses    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en baisse    Cette nuit, la France change d'heure : ce qui va concrètement changer    Décès de la journaliste Frida Dahmani : une grande figure de la presse tunisienne s'éteint    16es de finale de la Coupe de Tunisie : qui sera absent pour l'Espérance de Tunis ?    Décès de Frida Dahmani, correspondante de Jeune Afrique    Arabie Saoudite : visas expirés ? Prolongation et sortie sans frais jusqu'au 14 avril    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Le fenugrec ou helba: Une graine ancestrale aux vertus multiples    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Elire immédiatement un Président de la République
Publié dans Le Temps le 18 - 02 - 2011

Par : Sadok Belaïd et Habib Ayadi, professeurs émérites à la Faculté de droit de Tunis - Selon l'article 57 de la constitution, la mission principale du Président intérimaire consiste à organiser durant la période brève de son mandat (de 45 à 60 jours), ‘des élections présidentielles… pour élire un nouveau Président de la République pour un mandat de cinq ans'. Il s'agit là, d'une mission importante car elle doit contribuer à un rétablissement rapide et sans heurts, de la normalité constitutionnalité et de la continuité de l'Etat interrompues par la subite ‘vacance de la Présidence de la République'. L'organisation de ces élections présidentielles constitue pour le Président intérimaire une obligation d'accomplir effectivement cette mission constitutionnelle.
La deuxième prescription de la constitution à ce sujet est que l'élection du nouveau Président de la République doit se faire dans le respect des délais prévus (45/60 jours). La brièveté des délais n'est pas due au hasard. Elle s'explique par le fait que le constituant a entendu indiquer que l'interruption accidentelle de la fonction présidentielle doit être très brève et que la continuité de l'Etat doit être rétablie le plus rapidement possible. La période de l'intérim présidentiel étant impérativement déterminée, le Président intérimaire perdra toute compétence au lendemain de la date-butoir ainsi déterminée et, il se trouvera aussi dans l'incapacité constitutionnelle d'organiser ces élections. Au lendemain du 14 mars prochain, le pays risque donc, de se trouver dans la situation peu enviable suivante : un Parlement depuis longtemps délégitimé et au surplus, en vacance(s) prolongée(s) ; un ‘Gouvernement provisoire' bientôt réduit à ‘expédier les affaires courantes' ; un Président intérimaire bientôt sans mandat et sans pouvoirs ; une ‘vacance de la Présidence de la République' toujours non comblée : la dérive totale et de surcroît, l'épuisement définitif de toutes les possibilités de recours utile à la constitution de 1959 , et notamment l'article 39, al. 2, dont il a été fait mention dans notre article publié au journal ‘Le Temps' du 5 février dernier. L'appel à cette disposition serait aujourd'hui, hors de saison pour les raisons suivantes : le recours à cet alinéa reviendrait à une révision constitutionnelle déguisée et illégitime de l'article 57, qui ne peut souffrir une telle extension. L'article 39, al. 2 en question, lorsqu'il a fait mention du délai de 60 jours, a précisé '60 jours au plus'. Cela exclut donc, toute extension des délais. En outre, les conditions de mise en œuvre de cet article ne sont plus remplies aujourd'hui : on peut difficilement affirmer aujourd'hui que le ‘péril imminent' dont parle cet article ‘menace les institutions de la République, la sécurité et l'indépendance de la nation' et qu'il ‘entrave le fonctionnement des pouvoirs publics'. Dans ces conditions, il est évident que le temps joue contre le Président intérimaire. Ce dernier doit, s'il veut agir dans le respect de la constitution, prendre dans les plus brefs délais et en l'espace des quelques jours qui viennent, l'initiative de convoquer les électeurs pour l'élection d'un nouveau Président de la République. Dans les quelques jours qui viennent, il doit publier un décret fixant la date des élections, même si l'opération électorale, elle-même, peut, en raison des circonstances, se réaliser quelques jours après le 14 mars. En vue de l'organisation de ces élections, le Président intérimaire doit procéder au remaniement du Code électoral et des autres textes concernant les élections présidentielles, avec cette précision que s'agissant ici, d'une opération électorale unique, les modifications des textes doivent se limiter au strict minimum, sachant par ailleurs, que la révison en profondeur de l'ensemble de la législation relative à la mise en œuvre des opérations électorales en période ordinaire et sous l'égide de la démocratie, doit se faire ultérieurement et sur la base des délibérations et des choix de la future Assemblée constituante, exclusivement. Le Président intérimaire aura aussi la charge de prendre les mesures d'urgence et dérogatoires à la législation en vigueur qui s'avèreront nécessaires pour permettre aux partis politiques de se préparer, dans toute la mesure du possible et en tenant compte du fait que le pays passe par une période exceptionnelle, à prendre part à la bataille électorale. Selon la constitution actuelle, la première tâche du futur Président de la République sera précisément de procéder à la dissolution des assemblées et à l'organisation d'élections législatives anticipées, la nouvelle assemblée étant appelée à se proclamer ‘Assemblée nationale constituante'. De cette manière, et dans le respect de la constitution le plus large possible, il sera possible de rétablir dans des délais les plus brefs, la continuité de l'Etat et de remettre en marche les institutions constitutionnelles de l'Etat. Faute de mettre en œuvre la solution qui précède, nous nous permettrons de rappeler que nous avons proposé (v. Le Temps, 5 février), une autre solution fondée sur le respect de la constitution actuelle. Elle consiste pour les membres des assemblées législatives actuelles de mettre collectivement ou individuellement, fin à leurs mandats et d'ouvrir ainsi, la voie soit à des élections présidentielles, soit à des élections législatives et constituantes. Nous préciserons que nous donnons notre préférence à cette dernière solution, qui consiste à élire directement une ‘Assemblée constituante/législative', qui sera habilitée à élaborer la nouvelle constitution, à adopter une loi constitutionnelle d'organisation provisoire des pouvoirs publics pour la période de fonctionnement de l'assemblée constituante, et de désigner en son sein un Président de la République dont le mandat se terminera le jour de l'adoption par cette assemblée du projet de constitution et de son approbation par un vote référendaire.
Le Président intérimaire aura à choisir entre ces deux solutions et à entreprendre les consultations nécessaires avec toutes les parties prenantes à cette opération électorale. Il est suggéré qu'il en appelle à l'opinion publique pour lui expliquer les motivations de son initiative et de susciter le soutien populaire le plus large à une telle initiative salutaire. En tout état de cause, et qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre solution constitutionnelle proposées ici, le Président intérimaire doit prendre ses responsabilités le plus rapidement possible… …. Et avant qu'il ne soit trop tard …


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.