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La politique envahit les cafés
On ne craint plus les indics, ni les flics en civil

Depuis la mi-décembre 2010, la plupart de nos cafés ont retrouvé une vocation assez ancienne dans le temps, mais que les deux régimes autoritaires de Bourguiba et de Ben Ali se sont évertués 50 ans durant à pervertir. Ce sont désormais des espaces de discussions, de débats, de polémiques et surtout d'expression libre.Dans l'Histoire de plusieurs pays occidentaux et arabes, les cafés jouèrent un rôle avant-gardiste pendant les révolutions et les guerres de libération.
C'est le cas aujourd'hui en Tunisie : on paresse beaucoup moins, on joue beaucoup moins aux cartes dans ces lieux ; on y parle plutôt politique, on y critique librement qui l'on veut, on y évalue la Révolution et l'on y façonne l'avenir de la Tunisie nouvelle. L'élite intellectuelle du pays, ses syndicalistes, ses jeunes fonctionnaires, ses hommes et aussi ses femmes y organisent quotidiennement des réunions bruyantes autour d'une foule de thèmes d'actualité. On commente également (et diversement) les manifestations de rues et les slogans qui y sont brandis. Chaque jour, les programmes d'information et de débats radiodiffusés ou télévisés de la veille font l'objet de critiques ou d'éloges selon les commentateurs. Les langues se délient aussi pour fustiger le gouvernement provisoire ou telle ou telle de ses mesures. Les journaux se vendent beaucoup mieux qu'avant le 14 janvier et là aussi chacun y va de son commentaire au sujet des articles et des nouvelles publiés. C'est une nouvelle vie qui s'organise dans nos cafés et (nous avons failli les oublier) dans nos bars. A présent, on n'y parle plus à demi-mots comme naguère ; on ne craint plus les « indicateurs » ni les flics en civil. On pousse même la raillerie jusqu'à plaindre ces derniers qui risqueraient, selon les habitués de nos bars et de nos cafés, de se retrouver au chômage après la Révolution. A moins que le gouvernement provisoire ne songe à les repêcher, comme il s'y prend encore avec certains sbires de l'ancien régime !

Balivernes !

Parmi les sujets que l'on aborde dans nos cafés ces derniers jours, et qui sortent des sentiers battus de la clameur révolutionnaire, celui qui se rapporte aux contrôleurs des règlements municipaux plus connus sous leur appellation arabe « a'ouane ettaratatib ». Qu'est-ce qu'on médit de ces agents autour de nous ! Pourtant Dieu sait que la majorité des Tunisiens les aime ; à preuve les « cafés » qu'on leur sert chaque fois qu'ils passent devant un chantier en construction. Que de sornettes on débite sur ces fonctionnaires indulgents qui souvent ferment les yeux sur les infractions du citoyen contre un « café » ! Il ne faut surtout pas prêter l'oreille aux balivernes qu'on raconte sur eux et sur leur prétendue vénalité ! Peut-on accuser quelqu'un de corruption lorsqu'il accepte le « café » qu'un concitoyen lui offre ? Et à supposer que cela soit possible, ne serait-il pas conséquent de porter la même accusation contre le corrupteur du contrôleur des règlements municipaux ?! N'en croyez pas un mot si quelqu'un vient vous dire que les agents des « taratib » l'ont harcelé pour avoir leur café ! Parce que la générosité légendaire des Tunisiens finit toujours par leur dicter un geste hospitalier en faveur de leurs visiteurs contrôleurs. La plupart des maisons et des bâtiments construits dans notre pays ont valu au moins un « café » à leurs propriétaires respectifs! Faut-il chers amis crier au scandale pour si peu de chose !

Témoins historiques gommés

L'autre jour, nous avons suivi depuis notre café habituel la campagne de toilettage des murs du centre-ville. Nous parlons bien entendu de ceux qui portaient des inscriptions et des graffitis révolutionnaires. C'est surtout la promptitude avec laquelle la municipalité de Tunis décida de s'y mettre qui nous a surpris. Avant le 14 janvier aussi, ses employés s'empressaient d'effacer toute trace d'écrits hostiles au régime. Quant à nettoyer les murs défigurés par l'affichage sauvage et les graffitis orduriers, cela, personne ne le leur demandait vraisemblablement. Toujours est-il qu'en ce qui concerne les slogans autrefois « subversifs » qui aujourd'hui résistent encore à la campagne de gommage, il faudrait peut-être penser à les conserver là où ils se trouvent. Ce sont désormais des témoins historiques et ils valent mille fois plus cher, patriotiquement et civiquement parlant, que les obscénités qu'on entretient au détour des rues et ruelles de nos villes et de nos quartiers. Dans le même sens, nous aurions aimé que nos autorités municipales épargnent sur la Place de la Kasbah une quelconque trace du sit-in qui s'y est tenu pendant plus d'une semaine. Le mur de Berlin, lui, a conservé pour l'Histoire et la mémoire, tout ce qu'on y avait écrit et dessiné en 1989 et après. Chez nous, on nettoie les témoins de l'histoire comme s'il s'agissait des traces d'un … crime !
Badreddine BEN HENDA


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