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Ennoblir un soleil et un patrimoine longtemps bradés
Thema - Quel tourisme demain ?
Publié dans Le Temps le 02 - 03 - 2011

Le tourisme était le principal pourvoyeur de devises. Il « employait » des milliers de travailleurs et de commerçants. Aujourd'hui, cette « industrie » est bien ralentie. On doit se demander : « Quel tourisme … demain ? »
Il faut d'abord rétablir la confiance des visiteurs. Elle ne se décrète pas. Elle se crée par des actions concrètes et non par des incantations.
Rétablir le calme, remettre le « pays en marche » est le devoir civique de chaque citoyen en ce moment. Certes, des mesures gouvernementales devraient faciliter cette reprise : telles que, par exemple, une revalorisation générale des salaires et une exonération, au moins partielle, des taxes et impôts jusqu'à un certain plafond du chiffre d'affaires. Un moratoire des loyers et impôts des petites exploitations agricoles, une prise en charge de TOUS les chômeurs, une indemnisation de toutes les victimes, devraient faire cesser les revendications catégorielles, le « Et moi, et moi, et moi ! ». Ces dépenses pourraient être « gagées » sur les milliards illicites escroqués au pays.
Le budget tunisien ne peut pas promettre « la lune » à tout le monde, aujourd'hui, … ni demain, non plus, sans doute !
Et, quand le sourire de la « douce Tunisie », un instant voilé, aura refleuri, la confiance se rétablira d'elle-même.
Pendant ce laps de temps, il convient de réfléchir et de se poser la question : « Quel tourisme demain ? »
Le tourisme hier
5, 6, 10 millions de touristes, bientôt plus que de Tunisiens, c'était l'objectif hier. Etait-il bien raisonnable, surtout quand on constate que le tourisme tunisien était celui qui « rapportait » le moins autour de la Méditerranée ? Faut-il baisser les prix pour attirer de nouveaux les touristes ?
Les deux parties de cette assertion sont erronées, d'une part parce que 10 touristes à 100 DT / jour rapportent davantage que 100 visiteurs à 5 DT / jour, d'autre part parce qu'un prix est fonction du produit proposé.
Si le tourisme local n'offre qu'un logement, une restauration – médiocre, souvent – un séjour sur une plage, des soirées à la discothèque et un artisanat déficient, qui se fournit souvent en Chine, d'une part il sera très concurrencé et devra baisser ses prix, d'autre part il n'intéressera que des visiteurs « désargentés ».
De plus, des millions de « visiteurs ne peuvent que « peser » sur l'authenticité du pays qui les reçoit. D'autant plus que le mode de vie « à l'européenne » semble être le rêve de beaucoup de jeunes du Sud de la Méditerranée.
Les zones touristiques sont des aberrations. Elles « confisquent les plus beaux sites au profit de gens qui ne paient pratiquement rien !
Qu'apprend-il, celui qui vient passer une semaine sur une plage, fait une ou deux excursions à Carthage et à Dougga, erre dans les souks une demi-journée et passe ses soirées à la discothèque, où la puissance du son l'empêche de prendre conscience de la débilité des animations ? « Mais, il ne paie pas cher, direz-vous ».
Nous rétorquons : « c'est normal étant donné ce qui lui est proposé ». Nous ajoutons : « Dans le contexte actuel où l'argent est roi, ce qui est bon marché ne vaut rien ». L'image de marque s'installe : « La Tunisie ne vaut rien mais elle n'est pas chère ! » ou bien « Elle n'est pas chère parce qu'elle ne vaut rien ! ».
Pour un tourisme nouveau
Il nous semble important de revenir à l'essence du tourisme qui est, pour nous, « Aller ailleurs pour connaître l'Autre ». L' « industrie » actuelle du tourisme en a fait un bien de consommation « déshumanisé », sans « âme ».
Il nous paraît nécessaire aussi d'arriver à un « tourisme intégral » qui part de la Nature qui conditionne l'Homme qui, en retour, façonne la Nature. Sinon, comme maintenant, le touriste passe, ne voit qu'une toute petite partie des lieux et des gens et ne revient pas. Peut-on connaître le taux de retour des visiteurs en Tunisie, qui semble mieux gardé qu'un secret bancaire ?
Il faut très vite prendre conscience que la concurrence va être « féroce » très prochainement et qu'il est nécessaire de mettre sur le marché des produits nouveaux pour une clientèle nouvelle. Laquelle ? Elle est à portée de la main, mais n'a jamais été démarchée comme telle : les européens âgés, aisés qui deviennent de plus en plus nombreux. S'ils supportent mal les chaleurs estivales, ils apprécient le climat de nos « basses saisons ». Nos hivers sahéliens sont des printemps berlinois !
Pour recevoir une clientèle âgée et aisée, il vaut mieux disposer de petits établissements où elle sera choyée « comme chez elle », plutôt qu'un énorme bâtiment à centaines de chambres. Les « gîtes ruraux » et les « chambres d'hôtes » seront appréciés comme en Europe. Ils pourront loger aussi les touristes locaux qui amortiront les irrégularités saisonnières du tourisme étranger. Les Tunisiens seront des entrepreneurs et non des domestiques et toutes les rémunérations resteront dans le pays. Internet remplacera bientôt les tours-opérateurs.
Par ailleurs, les ? du pays ne sont pratiquement pas équipés ni exploités. Pensons à ce que nous appelons « La Route de l'Ouest » dotée d'un aéroport international à chaque extrémité : TabarkaTozeur. Les voyageurs s'en éloignent très rarement de plus de 50 kilomètres !
Pensons à la « Côte du corail », de Bizerte à Tabarka, qui est dotée de davantage de belle plages que la « Côte d'Azur ». Pensons au « Centre tunisien », le gouvernorat de Siliana, avec Zama, le Jebel Bargou, Makthar, La Kesra, les grottes du Jebel Serj, etc. …
Pensons à un tourisme à thème : « Le circuit des Grandes Mosquées », « La route des Kasbah et des Ribat », « Voyages dans l'Histoire de la Terre : les dinosaures du Sud, les phosphates de Gafsa, les grottes du Jebel Serj », « Promenade dans les palais beylicaux », « Raid dans le Grand Erg oriental », « Faune et flore des parcs nationaux », « Sur les pas de Jugurtha », etc. … etc. … Ce ne sont pas les thèmes qui manquent.
Sans parler d'un tourisme de chasse écologiquement responsable, ni de la pêche, ni de la plongée sous-marine ni de randonnées pédestres, équestres, à V.T.T., etc. Tous ces tourismes sont à base de petits groupes.
Cependant, il faut aussi, très vite, assurer la formation de guides compétents et sensibiliser la population qui a un rôle primordial à jouer. Elle ne le jouera, en protégeant les sites par exemple, en accueillant chez elle de petits groupes de visiteurs curieux mais respectueux de son mode de vie, que si elle en tire profit, et qu'elle comprenne qu'elle présente son patrimoine. Mais, il ne faut absolument pas que l'authenticité et le naturel tunisien se perdent, sous peine de voir partir les visiteurs.
Utopie ? Deux anecdotes pour terminer aujourd'hui. A Dougga, un groupe d'amis qui ne voulaient y rester qu'un moment, y ont passé toute la matinée sous la conduite d'une guide agréable et compétente qu'ils ont largement rétribuée et qu'ils voulaient inviter à déjeuner.
A la Goulette, le dernier repas d'une semaine de promenade en Tunisie a été payé 700 DT par 10 amis ravis de leur séjour. Ils se sont promis de revenir.
Enfin, il faut avoir conscience que le tourisme n'est qu'une des industries qui concourent au développement du pays et non la seule. Il ne nous semble pas souhaitable que les pays de la rive Sud de la Méditerranée deviennent un énorme « Club de vacances » des gens du Nord.


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