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Misrata, la ville martyre…
Témoignages de Libyens fuyant la terreur
Publié dans Le Temps le 21 - 04 - 2011

- Combats et batailles ont transformé la vie paisible en un véritable enfer
Les témoignages des ressortissants libyens ramenés par les bateaux de Médecins sans Frontières à Sfax sont concordants. Ils décrivent une situation cauchemardesque où la mort peut frapper à n'importe quel moment, fauchant des civils pourtant terrés dans des maisons où , solidarité oblige, plusieurs familles vivent à l'étroit.
Si les accompagnateurs sont affectés par ce qu'ils viennent de vivre, les blessés quant à eux sont profondément traumatisés mais s'estiment quand même chanceux d'avoir été soustraits aux souffrances physiques intenables et de retrouver l'espoir de se remettre d'aplomb .
Mohamed Mustapha Abou Chahma, ancien secrétaire général d'un congrès populaire, qui s'est rallié par la suite à l'opposition, est actuellement résident à Manchester où il poursuit des recherches académiques. Il fait un flash-back des événements à Misrata qu'il a dû rejoindre en catastrophe pour assister à l'enterrement de l'un de ses frères atteint au cœur par une balle lors des manifestations pacifiques, assure-t-il, du 19 février : « Mais avant de rentrer en ville, j'ai lancé un appel via l'antenne d'El Mostkella afin d'exhorter les Mistratis à participer massivement au cortège funèbre du premier martyr de la ville, victime de la répression barbare perpétrée par la suite une deuxième fois lors des manifestations qui ont suivi la cérémonie des obsèques. » et notre interlocuteur d'égrener les détails des combats et des batailles qui ont transformé la vie paisible en un véritable enfer, avant de brosser un tableau lugubre de la situation à Misrata.
« Imaginez la situation d'une ville assiégée, privée des plus simples commodités, sans eau, ni électricité, avec des femmes, des enfants, des vieillards, vivant dans la disette, se partageant de maigres provisions, tapis en grand nombre avec les autres familles qui ont fui leurs domiciles, contraints de rationner les faibles quantités d'eau de pluie recueillies dans les citernes ou obligés de boire les eaux saumâtres des puits. Et ce n'est pas la peine de vous décrire le manque déplorable d'hygiène, la flambée des prix et les pénuries de toutes sortes. Mais tout cela n'est rien comparé aux effets terribles des bombardements aveugles. Les tirs incessants, les salves de roquettes, le fracas des explosions plongent les enfants surtout dans une terreur indescriptible. Depuis deux mois, il n'y a plus que des nuits blanches pour ces pauvres créatures innocentes en proie à une terrible épouvante. Il faut dire aussi que même les adultes sont tenaillés par l'angoisse d'un obus qui tombe, d'un toit qui s'effondre ou d'un pan de mur qui viendrait à s'abattre. Chez certaines personnes mêmes, les nerfs ont fini par craquer. », poursuit notre interlocuteur.
D'après les témoignages recueillis, l'horreur qui s'installe est de plus en plus incarnée par les cadavres dans les rues, à 80% des civils. C'est surtout le sort des blessés qui est décrit comme de plus en plus alarmant. « Misrata dispose de deux hôpitaux, le premier encore en chantier, est occupé par les milices et le second a été détruit par les bombardements. Le flux des blessés est donc dirigé vers une structure sanitaire privée d'une capacité d'accueil de 50 lits mais où sont installés 250 lits flux massif oblige. Pour n'importe quelle personne opérée, le séjour est limité à une nuit, à la suite de quoi, elle doit libérer le lit pour un autre qui attend son tour. Inutile aussi de parler du manque déplorable de médicaments et de matériel médical de base.»
La situation n'est pas moins dramatique non plus aussi bien pour les familles endeuillées que pour celles dont les enfants ont été enlevés. Nos interlocuteurs déplorent à ce propos « l'enlèvement de dix mille jeunes dont le sort reste toujours inconnu. »
Tout aussi critique est la situation des migrants pris entre deux feux : « Réunis dans un camp de fortune, ils attendent d'être évacués par un bateau de l'IOM », témoigne d'un membre de Médecins Sans Frontières.
En revanche, les témoignages de nos frères Libyens saluent l'élan de solidarité agissante de MSF et des Tunisiens, en particulier les actions menées par le ministère de la Santé Publique, le Croissant Rouge Tunisien, ainsi que l'organisation « La Famille sanitaire de Sfax », une institution rassemblant tous les intervenants dans le domaine sanitaire à savoir les médecins de la santé publique et de libre pratique, les pharmaciens, des associations civiles, le collectif des polycliniques privées à Sfax, des sociétés et des citoyens.
Rappelons que l'organisation compte plusieurs actions s'inscrivant dans le cadre des efforts fournis dans tout le pays et par toutes les instances nationales et régionales afin de répondre aux exigences de la période en cours.
La contribution des cliniques consiste à faire bénéficier les blessés libyens, jusqu'à concurrence de 10% de leur capacité, de la gratuité du séjour durant les 15 premiers jours. Les médecins inscrits au Conseil de l'Ordre des Médecins, fournissent leurs prestations à titre gratuit, tandis que les frais médicaux et les consommables sont pris en charge par des organisations humanitaires nationales et internationales( encore au stade de promesses ), et plus particulièrement le Croissant Rouge, section de Sfax qui prend à sa charge également les frais d'hébergement, de restauration et d'habillage y compris pour les accompagnateurs sans compter les services médicaux assurés au lieu de résidence des blessés.
Même s'il est vrai que l'organisation « Al Wafa », regroupant des médecins arabes et surtout libyens résidant en Angleterre et au Canada, s'est manifestée depuis trois jours, « C'est le Croissant Rouge à Sfax qui fait seul face à toutes les dépenses, en l'absence totale de la contribution des ONG», regrette Tahia Ben Gmir, secrétaire général de la Jeunesse Bénévole à Sfax.
Taieb LAJILI

Carences
Nous avons appris de source sûre qu'une quantité infime de kits a été fournie par le CICR, aux hôpitaux de Sfax, dans le cadre de l'assistance matérielle en consommables, quantité qui n'assure qu'à peine 15 % des besoins des institutions sanitaires qui prennent en charge les blessés libyens, vu la complexité des cas reçus.
A l'exception de ce geste de la part du CICR, les autres organismes internationaux sont jusqu'à présent aux abonnés absents. En effet, aucune aide nous dit-on, n'est venue de la part de l'Organisation Mondiale de la Santé ni du Comité International de la Croix Rouge, ni du Haut Commissariat aux Réfugiés(au profit des accompagnateurs)
Jusqu'à présent, il n'y a eu que des promesses ou des visites telle que la visite à Sfax et au sud, d'un médecin spécialiste en chirurgie de guerre, dépêché de Genève pour évaluer l'état des lieux et des besoins.
Beaucoup de promesse mais pas de concrétisation pour le moment.
Or, la stagnation de la situation en Libye, ajoutée à la crise conjoncturelle que traverse la Tunisie, ne manqueront pas d'éprouver durement les organisations humanitaires et les structures sanitaires régionales à Sfax et au Sud du pays, d'autant plus que l'on s'attend à accueillir des centaines voire des milliers d'autres blessés auxquels le devoir nous dicte de réserver l'accueil, l'attention et la prise en charge nécessaires et correctes.
A signaler à ce propos, que, jusqu'à présent, la ville de Sfax a reçu 200 blessés et assuré des prises en charges d'un coût global moyen de 07 à 10 mille dinars. Et dire, que les coûts d'une prise en charge en Tunisie ne représentent qu'environ 15% d'une prise en charge analogue dans les pays européens.
Et si les organismes internationaux avaient à faire soigner les blessés en Europe ?


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