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Une banque bradée pour 60 millions de dinars
Les dessous scabreux de la faillite de la Banque du Sud (2 et fin)
Publié dans Le Temps le 16 - 06 - 2011

• Sakher El Materi mène le bal; Taoufik Baccar et Mongi Safra y mettent la forme
• Le rapport accablant de PNB Paribas et un autre dindon de la farce: la banque italienne Monte dei Piaschi
Malgré toutes les fraudes et les malversations, c'est l'affaire de Cofib Capital qui émerge en premier dans l'affaire de la faillite et par la suite de cession de l'ex Banque du Sud. Ce qui donne l'impression qu'on est toujours sur ses gardes en ce qui concerne les grosses affaires, et que les plus importantes parmi celles –ci seront à leur tour " classées ", comme beaucoup de dettes et de non payés qui ont renfloué les poches de certaines personnes, influentes et apparemment hors la loi.
Partant de la question des garanties, on se demande s'il existe encore leurs enregistrements ? Car tellement ces garanties sont minimes, et peut être même fictives, que le paiement des dettes est devenu insignifiant. Une bonne partie de ces dettes (impayées) est accolée aux crédits impayés de la société de recouvrement filiale de l'ex BS. Une majeure partie est par la suite épongée dans l'objectif d'alléger leur poids et receler les dossiers cuisants. Passer l'éponge sur ou vendre les impayés de la BS à la société de recouvrement, ne fut pas une opération tout à fait légale. Surtout qu'il s'agissait d'opérations qui concernaient notamment les affaires que l'ancien management de la BS voulait reléguer aux oubliettes. C'est ce qui explique qu'après un contrôle fiscal, la Banque du Sud fut pénalisée d'une amande de 50 mille dinars pour les dépassements enregistrés dans la relation reliant la BS à sa filiale de recouvrement, et surtout pour la classification de dettes de façon illégale.
Et c'est pratiquement sur cette lancée quon avait continué jusqu'à mettre la BS à genoux. Les dettes classées de la banque qui ont commencé à s‘accumuler à partir de 2003, jusqu'à atteindre un niveau horrible, lequel niveau annoncé à la veille du départ de Laaroussi Bayyoudh et de son administration de la tête de la banque. Il s'agit là du démantèlement d'un mécanisme qui a escamoté pendant de longues années le vrai état de ces dettes. La preuve : c'est la croissance des dettes tout au long des six premiers mois de 2003 d'un taux alarmant de 29,3%, soit 129 millions de dinars, pour atteindre au 30 juin 2003 les 569 millions de dinars, contre 440 millions de dinars au 31/12/2003. Une lecture rapide d'une liste des débiteurs fait ressortir un état financier désastreux pour une bonne partie d'entre eux, " ils devraient être reclassés depuis des années" nous précise un cadre de l'ancienne BS. De plus, le recyclage des impayés a généré une régression dans le volume des crédits classés ainsi que l'enregistrement annuel dans les comptes d'exploitation d'agios réservés qui auraient dû être reportés. Sur une autre liste arrêtée au 31/12/2002, on voit bien que des engagements de 153 millions de dinars auraient dû être classés depuis l'an 2000. Pour les mêmes clients cités dans cette liste, l'ensemble des bénéfices décalés et enregistrés dans les archives de la BS sont d'une valeur de 7,8 millions de dinars, alors qu'ils oscillaient en réalité aux alentours de 70 millions de dinars.
On raconte par ailleurs qu'annuellement, et juste avant la tenue de l'AGO (Assemblée Générale Annuelle), un budget " provisoire " est destiné à la BCT. Au même moment, le réseau électronique au sein des administrations de la BS est circonscrit afin de ne pas extraire les vrais " budgets ", ce qui permettait aux manipulateurs d'empêcher tout accès aux balances réelles et toute possibilité de comparaison entre les budgets réels et ceux fictifs, ou ceux relatifs aux années antérieures. Une pratique scemment commanditée par l'un des trois briscards évoqués dans notre article d'hier. Un cadre de la banque Faiçal Trabelsi aurait de son côté payé le tribut de son opposition à ces pratiques et aurait été carrément écarté des postes de prises de décision. Le résultat de toutes ces pratiques, étaient des résultats annoncés " positifs " alors que la BS était en état d'incapacité et accumulait d'énormes pertes. Pire encore, l'administration de la BS avait décidé de distribuer 11% des bénéfices, soit le plus grand montant jamais enregistré dans l'histoire du secteur bancaire tunisien… !
Récapitulons. Depuis 2003, les bénéfices annuels des dettes de la BS, et malgré leur croissance en termes de volume, avaient régressé à cause du renoncement à l'enregistrement dans le ratio d'exploitation des bénéfices des crédits douteux. Et à partir de la même année, on enregistre une croissance du volume des réserves consacrées à la couverture des risques. On en arrive à 2006, lorsque la BS devient AttijariBank, qui annonce des pertes de l'ordre de 176,4 millions de dinars, des pertes cachées depuis des années. Les montants alloués pour la couverture des risques, légués par l'administration de Laaroussi Bayyoudh s'élèvent à 330,2 millions de dinars, dont 180,5 millions de dinars de pertes et 139,7 millions de dinars au titre de réserve pour la couverture des risques. Des pertes qui avaient demandé près de cinq ans pour êtres résorbées. Et c'est depuis 2003, qu'aucun des actionnaires de l'ancienne BS n'a reçu des dividendes.
La BS analysée par BNP Paribas,
"le fiasco"
Ayant exprimé ses intentions à s'accaparer des parts que l'Etat tunisien allait céder, la banque française BNP Paribas entre en ligne et valorise ce qui était devenu du cadavre de la BS. On commence surtout par souligner un manque de provisionnement évalué à 120 millions de dinars. Et on lit " à l'issue d'une diligence approfondie, qui a notamment permis de revoir une grande partie des dossiers de crédits, nos équipes ont évalué les besoins de provisionnement entre 410 et 460 millions de dinars, à comparer à des fonds propres de 154 millions de dinars à la fin de 2003 ". 350 à 400 millions de dinars de ces besoins allaient aux titres " d'ajustements sur le portefeuille d'engagements ", les moins values latentes sur le portefeuille de SICAV ‘maison', des ajustements sur le portefeuille de filiales et des participations (Sud Invest, Sicar, Batam), la comptabilisation des passifs sociaux (IAS 19), à savoir le provisionnement des indemnités de départ à la retraite, les assurances médicales des retraités, les primes de scolarité et tout autre formes de spoliation de fonds publics. La BNP affirme que " ceci ne constitue pas une évaluation de la banque dans la mesure où certains éléments positifs, comme le fonds de commerce ne sont pas valorisés ", mais rétorque en disant qu' " il reste néanmoins que la valorisation de la banque ‘stand alone' ressort malgré tout à des niveaux très fortement négatifs ". On va encore plus loin en soulignant qu' "outre la question du provisionnement, certains engagements devraient être déclassés en encours douteux improductifs, augmentant donc le coût de portage d'un encours improductif, déjà important ". Les équipes de Paribas parlent aussi dans leur rapport confidentiel dont nous disposons d'une copie de " la due diligence réalisée par la BNP a conduit à évaluer des insuffisances de provisions sur les engagements autour de 350-400 millions de dinars ". Le chiffrage indiqué résulte d'une revue dossier par dossier de 68% des engagements sur les entreprises (hors contentieux), 38% de l'encours sur les commerçants (hors contentieux), de 10% des engagements sur les particuliers et de 34% de l'encours contentieux. " D'après les travaux effectués, les besoins complémentaires de provisionnement des engagements seraient relativement concentrés, notamment, sur 25groupes qui représenteraient environ 450 millions de dinars d'engagements (utilisations). Environ 220 millions de dinars de besoins de provisionnement complémentaire sur le total de 350-400 millions de dinars concerneraient les engagements, soit près de 60% du total du besoin de provisionnement des engagements ", conclut BNP Paribas, qui a déserté les lieux à la lumière de ces failles.
Accord occulté
Dans les coulisses de la Banque du Sud, on raconte qu'un accord avait été conclu entre Taoufik Baccar et Mongi Safra pour se débarrasser de ce dossier de la BS, en cédant les parts de la Tunisie dans le capital de sa propre banque à un investisseur étranger qui aura pour tâche de l'assainir, évitant ainsi tout questionnement sur certains crédits et beaucoup d'autres dossiers. On annonçait aux débuts l'intention de l'Etat de lancer un appel d'offres international pensant, dans la foulée, que la banque italienne Monte dei Piaschi, actionnaire majoritaire dans le capital de la BS allait mettre la main sur l'ensemble des actions. Mais après différents audits, la majorité A abandonné l'affaire. Certains cadres de la BS avaient proposé aux " hauts fonctionnaires et conseillers " de racheter les actions de la banque italienne à leur valeur nominale afin que la Tunisie puisse disposer d'une majorité dans le capital de la banque, assainir cette dernière et la céder enfin à partir d'une position de force. Mais ce qui se mijotait dans les rouages était plus maléfique que cette idée, à la limite, banale. Une autre partie entre cependant en ligne, il s'agit de Sakher El Materi qui comme par miracle rachète les parts de la banque italienne d'une valeur nominale de 5 dinars l'action. Il fait lui-même par la suite le déplacement à Casablanca au Maroc pour y rencontrer Khaled El Ouedreghni, PDG d'Attijari Wafa Bank et lui transmet, presque en tant que porte parole, que le gouvernement tunisien, et à l'inverse de ce que leur a été dit la première fois, est prêt à leur céder la majorité du capital de la Banque du Sud, à condition que le groupe banquier marocain contribue à l'achat des actions de la banque italienne Monti Dei Paschi. L'affaire conclue, et Sakher El Materi sort gagnant avec dans ses cagnottes plus de 8 millions de dinars après la vente des actions achetés à raison de 5 dinars de la banque italienne, et par la suite revendus à 9 dinars l'action. En contre partie, l'Etat tunisien se contente de la maudite somme de 60 millions de dinars, alors que cette part aurait et devrait être beaucoup plus implorante. Dans sa note adressée à la date du 25-08-2005, signée par Taoufik Baccar, la Banque Centrale de Tunisie informe l'avocat de la banque italienne son accord pour le versement de 18 920 980,832 dinars au profit de son client italien.


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