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Les cauchemars de l'Ile des rêves
Patrimoine dénaturé, constructions anarchiques
Publié dans Le Temps le 07 - 08 - 2011

Des centaines de constructions anarchiques germant sauvagement et illégalement comme des champignons, en ville comme en campagne; des dizaines de lieux de culte historiques séculaires dénaturées ( Mosquées Tlakine, Medrajène, Moghzel, Boussetta à Ouersighen, El May, etc…), profanées (Sidi Yati, Mrabet Belgacem,), ou démolies (Sidi Bahri);
des champs archéologiques violés (Henchir Bourgou, Souk El Guebli ); un littoral sur-aménagé et malmené (plage d'Aghir, sebkha El Kastil); un territoire en maints lieux éventré par des rapaces de l'espèce humaine pour l'extraction du sable; des déchets solides, toutes origines confondues, ménagers et autres, s'amoncelant pêle-mêle, dans tous les coins et recoins, agressant le regard dégouté et faisant du territoire de l'île un dépotoir à ciel ouvert ; tel est l'état des lieux actuellement en vigueur dans cette île des rêves qui ne fait plus rêver ; tel est le bilan de six mois de transition post révolutionnaire, qui a faussé toutes les attentes, prenant tous au dépourvu et brisant le rêve nourri des Tunisiens depuis le 14 janvier de voir enfin l'état de droit prévaloir sous nos cieux et devenir une réalité concrète et palpable. Le constat émergeant paradoxalement dans ce contexte de liberté enfin retrouvée et de démocratie naissante est ahurissant, suscitant l'indignation collective. Le mal est partout, sévissant sans crier gare ; les opportunistes de tous bords sont aux aguets, persévérant dans leur nuisance profitant du laxisme aberrant des autorités quasi inexistantes. Pourquoi tant de gâchis en si peu de temps ? Pourquoi a-t-on laissé les mains libres à ces opportunistes qui ne savent rien faire d'autre que pêcher dans les eaux troubles, à ces ignares des temps révolus complices pour longtemps du pouvoir déchu, pour agir à leur guise, pour sévir outrageusement et pour porter irrévocablement préjudice au patrimoine commun de notre île ?
Une île sans autorité
A qui incombe la responsabilité d'un tel chaos ? M.Sami Ben Tahar, chercheur en archéologie et représentant de l'Institut National du Patrimoine, s'agite dans tous les sens, multipliant les visites, se rendant sur les lieux de l'outrage, pour dissuader les fauteurs dont il subit parfois l'ire et l'agressivité. Dans le cas de la mosquée Fadhloun, mosquée séculaire restaurée conjointement en 1982 et en 1994 par l'Assidje en collaboration avec l'INP et l'Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle ( AMVPPC), puis enfin en 2005 avec une mise en scène muséographique et un jeu de lumière approprié, pour être ouverte depuis aux visites et intégrée dans le circuit culturel et touristique, Mme Néjia Labiadh, responsable régionale des sites et musées de Médenine auprès de l'AMVPPC, a été mise à rude épreuve dans sa vaine tentative de reconquérir le monument des mains des salafistes qui, une semaine après le 14 janvier, avaient occupé par la force les lieux, chassant le personnel en place, arrachant la plaque des tarifs et de l'horaire d'entrée, et désignant des personnes de leur trempe pour l'accomplissement des prières, non sans oublier entre temps d'apposer une plaque à l'entrée du monument stipulant ce qui suit « Interdit aux non musulmans ». L'Assidje, à son tour, n'est pas restée les mains croisées. Jamais dans son long parcours militant (34 ans), elle n'a été confrontée en si peu de temps à autant d'atteintes au patrimoine de l'île. Elle se démène tous azimuts toujours dans le cadre de l'accomplissement de ses prérogatives. Elle emprunte toutes les voies légales, faisant de prime abord constater les dégâts par un huissier, pour ensuite dénoncer à qui de droit à temps et dans les règles chaque outrage, PV et courrier faisant foi, et enfin diffuser l'information dans l'espoir de mobiliser l'opinion, à travers son site mail et Facebook, par la publication d'articles dans la presse écrite ( Le Temps, La Presse, Echourouk, Echâab, El Jazira ( journal local),…), et à travers des émissions radiophoniques ( Radio Tatahouine, Radio régionale de Sfax, Tunisie Culture, RTCI, Radio Nationale), ou télévisées ( TF1, France 5). Elle frappe sans jamais s'en lasser à toutes les portes, devant le silence révoltant des détenteurs de l'autorité, dont M. le gouverneur qui donne l'impression, depuis sa nomination, de se plaire à ne donner suite à aucune des requêtes lui parvenant, au lieu de peser de tout son poids ; n'est-il pas le plus haut représentant de l'état dans sa région ? Depuis l'apparition des premiers signes de dérapage, l'Assidje a urgemment réclamé une audience avec le gouverneur, et ce n'est qu'après tant de semaines d'attente, soit à la date du 08 avril 2011, qu'elle a obtenu enfin gain de cause, et qu'elle l'a dès lors informé de toutes les infractions perpétrées et de l'état des lieux alarmant. D'autre part, dans le cas de l'atteinte au littoral affectant gravement la zone d'aghir et d'El Kastil, l'Assidje n'est plus seule à s'opposer aux velléités maléfiques du promoteur du projet, homme d'affaires de son état peu enclin à la question de l'environnement et du patrimoine, suite à l'entrée en lice spectaculaire des habitants de Béni Mâagal qui ont observé le 20 mars un sit-in de contestation sur les lieux de l'outrage et un autre dimanche 17 juillet qui a failli dégénérer à cause de l'irruption de quelques énergumènes agissant à la solde du promoteur, n'eût été le rôle salutaire joué par quelques représentants de la société civile présents pour calmer les esprits. La situation est réellement critique et le pire est à craindre si le méga chantier en cours compromettant irrévocablement l'écosystème marin et terrestre n'est pas arrêté en attendant que la justice, saisie par l'Assidje, dise son mot. Les maires contactés à répétition et sollicités pour intervention se sont avérés désarmés, dans l'incapacité d'influer sur le cours des événements, en dépit de leur bonne volonté ; hormis la constatation des dégâts par un huissier et la formulation d'un PV relatif à chaque infraction signalée, ils ne pouvaient pas mieux faire, lâchés étrangement par la police municipale et par les agents de contrôle qui continuent à se la couler douce et à être payés au frais du contribuable pour ne pas travailler et ne rien faire.
A défaut d'autorité, l'île de Djerba, orpheline de son état, ne connaîtra pas de sitôt de jours meilleurs. Soumise déjà aux aléas du temps et du climat changeant, elle est paradoxalement depuis l'avènement de la Révolution en proie à toutes les dérives dues à la bêtise humaine ; son patrimoine bâti menace dénaturation ou ruine ; son écosystème déjà fragile et sa biodiversité sont plus que jamais en nette perdition. Ni les appels incessants adressés par l'Assidje aux autorités concernées, tant à l'échelle régionale que nationale, ni les lettres adressées au ministre de la Culture à deux reprises, le 24 février zt le 27 juin, et de l'Intérieur à la date du 13 juin, n'ont été couronnés de succès. Entretemps, les opportunistes et les malveillants ne peuvent espérer meilleure aubaine pour aller de l'avant dans la réalisation de leurs vils projets. Faudra-t-il peut-être qu'un drame se produise pour voir nos pseudo -responsables régionaux du moment s'agiter et cesser de dormir sur leurs lauriers.
Naceur Bouabid
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