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«Il faut que cette 3ème phase se conjugue entre la légitimité électorale et la légitimité des accords», déclare Mohamed Kilani, secrétaire général
Parti Socialiste
Publié dans Le Temps le 06 - 10 - 2012

«Le problème des Salafistes sera un des sujets à discuter dans le cadre de l'initiative de l'UGTT»
«Le socialisme est en général de Gauche. Il est du côté des classes populaires et des ouvriers. Nous n'avons pas besoin de lui ajouter quelque chose de plus»
«La situation est difficile et périlleuse. Des rassemblements politiques sont en train de se constituer. Ils ne sont pas totalement définis »
«Ce n'est pas Nida Tounès qui a commis tous les abus et toute la violence que la Tunisie a connus depuis le 14 janvier»

La Parti Socialiste de Gauche, vient d'opter pour la concision de sa dénomination qui s'appellera désormais Parti Socialiste.
Mohamed Kilani, son secrétaire général explique au Temps, les raisons qui ont poussé à ce changement et sa lecture de la situation politique dans le pays, les alliances qui se préparent. Il évoque aussi, les problèmes sociaux, l'initiative de dialogue entreprise par l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), la violence qui s'installe, les Salafistes, les dernières déclarations de Rached Ghannouchi à propos de Nida Tounès...

Le Temps : Pourquoi avez-vous concis le nom de votre parti, pour devenir Parti Socialiste au lieu de Parti Socialiste de Gauche ?

Mohamed Kilani : Le socialisme est en général de Gauche. Ce qui le situe généalogiquement du côté des classes populaires et des ouvriers. Nous n'avons pas besoin de lui ajouter quelque chose de plus. Cet ajout, nous l'avons enlevé, pour alléger le nom afin qu'il soit facilement identifiable. C'est une question de réceptivité et de résonance...Nous avons plus de 120 partis. Faciliter la communication est essentiel. En plus, il y a des difficultés dans le contact des militants de base avec la population, surtout dans les régions intérieures. Une mauvaise propagande a associé malgré elle la Gauche à l'athéisme. Dans les discussions dès qu'un militant se présente comme étant d'un parti de Gauche, on lui pose la question de la croyance en Dieu. Il faut bien éviter ces faux problèmes. Le raccourci le permet.

Quelle est votre analyse de la situation politique dans le pays ?

La situation devient menaçante et pourrait s'envenimer davantage pour devenir périlleuse. Des rassemblements politiques sont en train de se constituer. Rien n'est encore défini. C'est ce qui va déterminer la prochaine architecture politique du pays. Les grands pôles sont en formation. On y trouve le pôle démocrate avec Nida Tounès, le Parti Républicain, Al-Massar, le Parti Socialiste. Le Parti du Travail Patriote Démocrate dirigé par Abderrazak Hammami, le rejoindra après son prochain congrès. Le Front de Gauche populaire est un autre pôle. Ennahdha et son entourage présentent un autre pôle. Reste à situer la position d'Ettakatol et le CPR. Il y a des tractations entre le Front populaire et Moncef Marzouki. Il se peut que des accords se préparent. Cela débouchera-t-il à une alliance avec le CPR ? Les choses ne sont pas définitivement arrêtées. La tendance est à un regroupement de 4 ou 5 grands pôles pour les prochaines élections.

Qu'en est-il sur le plan social ?

La situation devient de plus en plus intenable avec la hausse des prix et les mouvements de contestation qui s'accentuent. La réponse du gouvernement d'Ennahdha se traduit par une punition collective de villages entiers. Nous ne savons pas si Ennahdha à elle seule et la Troïka vont pouvoir maîtriser la situation. Il y a le problème des Salafistes.

La violence politique ne vous inquiète pas ?

Si. Le problème des Salafistes se pose avec acuité. Après des actions aussi violentes que celle contre l'ambassade américaine, nous ne savons pas comment va être jugulé ce genre de phénomène. Ce paramètre va-t-il continuer à faire son jeux jusqu'aux prochaines élections ? Nous ne savons pas si ce problème va être résolu avec Ennahdha et le pouvoir en donnant aux Salafistes un cadre pour leur action.

Que pensez-vous de l'initiative de dialogue de l'UGTT ? Qu'est-ce que vous allez
soumettre au débat ?

Nous soutenons cette initiative. Le problème des Salafistes sera un des sujets à discuter dans le cadre de l'initiative de l'UGTT. La violence politique s'installe. La question de la sécurité des personnes et des biens se pose. Tous ces problèmes vont être débattus pour qu'il y ait un climat favorable à des élections démocratiques. C'est une situation difficile. Il faut des efforts conjugués de toutes les parties pour aboutir à des élections démocratiques. La Tunisie a besoin de dépasser cette 3ème phase de transition. Il faut que cette 3ème phase se conjugue entre la légitimité électorale et la légitimité des accords qui pourront être conclus pour garantir des élections qui vont donner lieu à une situation politique nouvelle de stabilité et de reprise de la vie économique et sociale normale.

Rached Ghannouchi, vient de déclarer que Nida Tounès est plus dangereux que les
Salafistes. Qu'en dites-vous ?

Je lui réponds que ce n'est pas Nida Tounès qui a commis tous les abus et toute la violence que la Tunisie a connus depuis le 14 janvier. Ce sont les Salafistes et leurs alliés. Rached Ghannouchi se trompe de personnes et de cible. Je ne peux expliquer sa comparaison que par une certaine haine envers Nida Tounès qui est un mouvement très large et démocratique. Eannahdha a plusieurs ex-Rcédistes avec elle dans les régions et ministères. Pourquoi est-ce que Rached Ghannouchi voit le RCD du côté de Nida Tounès et non chez lui ? Parce que Nida Tounès peut mettre son projet en échec. C'est pourquoi, il hausse le ton et monte de cran avec des qualificatifs politiques arrogants et revanchards.

Que faut-il faire avec les ex-Rcdistes ?

Il faut appliquer la loi contre ceux qui ont commis des crimes. Ils doivent comparaître devant la justice. On ne va pas éternellement parler du RCD. Je suis étonné quand Rached Ghannouchi parle de Révolution et contre-révolution. Il y a eu des circonstances qui mènent à la Démocratie. Ce n'est pas une Révolution au sens classique et moderne du terme. Nous sommes toujours dans le même système économique et social. Les contre-révolutionnaires sont ceux qui pratiquent la violence et veulent un Etat despotique. Certes il y a certains Rcdistes qui veulent réinstaurer une nouvelle dictature. C'est fini pour eux. Les forces nouvelles qui sont venus après le 14 janvier, nous ne les avons pas vus avant. La majorité était ailleurs, à cause de la répression. Cette répression avait été dirigée contre ceux qui voulaient imposer par la force un régime despotique. C'était une lutte entre deux dictatures, celle de Ben Ali et la leur. Toutefois, le mouvement démocratique les a soutenus. Nous aussi, nous sommes contre la répression et l'injustice. Ils doivent s'arrêter là où ils devront l'être. Ils ne vont pas nous briser la vie à cause de la lutte contre Ben Ali. Rached Ghannouchi garde encore ses anciennes rancunes et son attitude revancharde contre ses anciens bourreaux. Il doit agir de manière civilisationnelle et démocratique.
Propos recueillis par


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