Retour des pluies : le nord et le centre concernés dès l'après-midi    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    Pluies éparses et vent actif : prudence sur les côtes et dans le sud    Palmarès des Volants d'Or 2025 avec TotalEnergies    8e édition des Volants d'Or : Performance, innovation et engagement RSE au cœur du secteur auto    La Tunisie respire : les barrages dépassent les 50 % de remplissage !    Arrivée de la première livraison de bus chinois au port de La Goulette    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Elaa Saïdi décroche le bronze à Radès !    Le Festival Thysdrus ou Journées Romaines d'El Jem se tiendra les 28 et 29 mars 2026 (programme)    Le roman de Nizar Chakroun finaliste du Booker arabe à Manama remporte le prix Naguib Mahfouz au Caire    Journée mondiale de lutte contre le cancer : recommandations de l'OMS pour prévenir les risques    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Les téléviseurs et moniteurs OLED Samsung 2026 compatibles NVIDIA® G-SYNCTM pour des performances gaming d'élite    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en légère hausse    Un Tunisien à la tête du GISR : Mohamed Ali Chihi nommé Executive Director    Prix international de la fiction arabe (IPAF) : six romans en lice pour le Booker arabe 2026    Groupe UIB: 40 millions de dinars pour le financement de la première centrale photovoltaïque tunisienne, à Chebika    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Adnane Belhareth prend les rênes du Club Africain de handball    Candidats à l'installation au Canada: trois jours pour tout savoir, dès ce lundi à Tunis    Iran–Etats-Unis: Une réunion sous haute tension prévue ce vendredi, ce que l'on sait    L'Université de Sousse obtient l'accréditation internationale « Université entrepreneuriale » du NCEE    Tokyo : Les Tunisiens peuvent enfin renouveler leurs passeports facilement depuis l'ambassade !    Météo Tunisie : temps partiellement nuageux et pluies éparses sur les côtes nord jeudi    Pourquoi le député Ahmed Saidani a-t-il été arrêté ?    Trois startups tunisiennes sélectionnées pour participer à GITEX Africa Morocco 2026    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Un enfant tunisien retenu depuis deux mois à Kuala Lumpur    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Le PSG officialise l'achat de Khalil Ayari    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



A travers la numidie antique
Redécouvertes
Publié dans Le Temps le 02 - 12 - 2012

La lecture d'une partie des travaux d'un chercheur tunisien, Docteur d'Etat : Monsieur Mohamed Tlili, à propos des « Confins numido-puniques », nous suggère une magnifique « promenade » à travers toute la Tunisie à la recherche de la Numidie.
POINT DE DEPART
Déjà, dans son mémoire de Diplôme d'Etudes Approfondies, Monsieur Tlili proposait une révision complète de l'étendue du territoire de Carthage, en harmonie avec les textes antiques, les trouvailles archéologiques modernes et la géographie. L'observation du terrain confirme que Carthage, puissance commerciale et maritime, n'avait besoin que d'un arrière pays restreint puisqu'elle achetait tout ce dont elle avait besoin. Salluste écrit que la Numidie est voisine de Carthage ! Son territoire, dans sa partie septentrionale, était ce qu'on appelle « la cuvette de Tunis » partant, au Nord, de la pointe de Sidi Ali El Mekki, dessinant un arc de cercle limité par les collines de Chouigui, Tébourba, Medjez El Bab, le Jebel Rihane, le Jebel Mansour au Sud d'El Fahs, les Jebel Fkirine et Zaghouan, enfin l'ensemble des collines du Mornag, du Jebel Ressas et du Bou Kornine.
Cet arc montagneux est coupé par des « portes » : au Nord, celle de Zouamdine / El Alia par laquelle passe l'autoroute vers Bizerte, puis celle d'Aïn Ghelal, celle de Medjez El Bab – la bien nommée : porte du couloir ! – celle de Bou Arada, celle d'El Fahs, celle de Zaghouan et celle de la mer par Hammam-Lif.
Notre point de départ, nous le trouvons tout de suite après Aïn Ghelal, à Mateur / Matera antique. Ce territoire frontalier était peuplé par des liby-phéniciens ou liby-puniques : des autochtones très influencés par la civilisation carthaginoise.

Ensuite, au gré de leurs périodes d'expansion, Carthaginois et Numides ont occupés alternativement ces marches frontières.
Les gens pressés se dirigeront vers Béja / Vaga – le plus grand marché du royaume de Jugurtha – par la belle Nationale P. 11 en prenant soin de ralentir à Sidi Nsir. Là, ils sont dans ce que les historiens appelaient la « poche berbère », à l'époque où ils affirmaient que la frontière carthaginoise, marquée par le fleuve Tusca / l'Oued El Kebir, était à Tabarka. Et ces berbères, là ? Allons voir, à droite, en empruntant la route menant à Joumine, les haouanet méconnus dans la falaise ou à gauche, le village berbère perché de Tahent et ses collines couvertes de tombeaux berbères.
Les flâneurs quitteront Mateur par la route C. 55 qui va leur faire longer l'Oued Tine / le fleuve Tusca, d'après Monsieur Tlili, les faire passer au pied de Thachegga qui cache mal qu'elle s'appelait Thisicca qui était peut-être la Sicca où s'étaient retirés les mercenaires révoltés contre Carthage. Puis, en flânant dans une campagne magnifique, ils dépasseront le bourg Ed'khila et les antennes d'Arabsat, la bourgade de Sidi Abdelbasset et ils arriveront enfin à Tahent au pied de sa Kalaa.
La promenade dans les riches plaines du Béjaoua au printemps quand les champs de céréales et de fourrages sont couverts de fleurs, quand les blés ou les tournesols dorés sont mûrs et, en automne, quand la terre, presque noire, est labourée, est toujours un enchantement.
Il faut s'arrêter à Béja, ne ce serait-ce que pour goûter à ses pâtisseries et son fromage – tant pis pour certain plat d'agneau au romarin au four : « ktèf », on reviendra ! – et visiter la Kasbah, au moins en partie.

CHEZ LES ROIS NUMIDES
Après être reposé à Béja, on peut continuer vers Bulla regia : la royale ! Vous connaissez ! Avez-vous vu un assemblage unique au monde : un dolmen surmontant un hanout : tombeau rupestre, au Nord du site ? Avez-vous regardé sur la colline derrière le site : les très rares alignements de pierres, et la pierre dressée, pour ne pas dire menhir ?
Pour ceux qui sont blasés par Bulla regia, le détour par Thibar, le Jebel Gora, sa nécropole de Kochbatia, le village perché de Jebba, ses sources, sa verdure et ses falaises valent le détour.
Et puis, c'est pratiquement l'heure de déjeuner. On a le choix : le Montazah de Bulla regia, tout proche, est coquet, ombragé et très agréable. Les rôtisseries ou les hôtels-restaurants de Jendouba satisferont tout le monde.
En après-midi, le site de Chemtou mérite une longue visite. Allez rechercher les ex-voto, dédiés à Saturne, taillés dans les rochers de la colline du Temple qu'il faut absolument escalader. Redescendez lentement en constatant qu'elle est constituée de débris !
Montez au sommet de la colline suivante : une énorme colonne est encore couchée sur son « lit d'extraction ». C'est la même, mais entière, que celle qui gît sur la pente près des ex-voto : 1 mètre de diamètre, 7 mètres de long, près de 11 tonnes ! Comment arrivait-elle à Tabarka ? Et à Carthage ? Quel bateau naviguait sur la Medjerda ?
Et puis, on traverse la Medjerda justement. On arrive à Oued Mliz et à Touiref. Là, on choisit. A travers les forêts, à l'Ouest, on rejoint Sakiet Sidi Youssef. Au Centre, par la vallée du Mellèg, on va directement au Kef.
A l'Est, on va d'abord se rafraîchir à la guinguette du barrage de Nebeur, avant de gagner Cirta-Sicca / El Kef : l'antique capitale de la Numidie, une des plus ancienne commune de Tunisie, « ville du trône » : Bled El Koursi, sous la dynastie des Beys husseinites, capitale provisoire des « Alliés » en 1942-43, refuge des combattants algériens durant la guerre d'indépendance. Ses monuments reflètent ses fonctions de place forte, de centre religieux et intellectuel, ainsi que de pôle économique. Ses hôtels et ses restaurants satisferont toutes les demandes. C'est là que « Plancina, d'origine royale, est inhumée » ! C'est donc bien Cirta, capitale des rois numides !

SUR L'AUTRE FRONTIERE
Le lendemain, du haut des remparts de la Kasbah d'El Kef, vous découvrez, tranchant sur l'azur, la lame bleue de la Kalaat Esnam. La veille, vous avez rencontré le Mellèg domestiqué, fournissant de l'électricité et de l'eau d'irrigation. Aujourd'hui, après avoir dépassé Tajerouine et être passé au pied du Jebel Slata, allez jusqu'à la frontière actuelle et antique marquée par le Mellèg : la Muluccha qui séparait les royaumes numide et maure. C'est la Moulouya du Maroc, écrit l'histoire officielle. « Muluccha » en berbère, sans voyelles devient « MLK » et « MLG » en parler local et c'est « Melegue » ! Le « Melek » : le roi des fleuves qui vient de Tébessa. Et puis, nous vous laissons découvrir la Table de Jugurtha, portant le dernier fortin. Prenez du temps : une centaine d'hectares perchée sur des falaises d'une centaine de mètres de haut. La voilà : la gardienne de la frontière dont la « table » et les « pieds » sont parsemés de vestiges antiques.

On peut aussi, plus tranquillement, repasser par El Kef, s'arrêter un moment à Mustis / El Krib signalé par son arc de triomphe et construite par les vétérans du Consul Marius, vainqueur de Jugurtha, sur une bourgade numide. On s'arrêtera peut-être à Aïn Tounga / Thignica. Sa citadelle byzantine est très connue mais son nymphée dédié à Neptune à 800 mètres du site ou son temple consacré au dieu Dis, bâti sur la colline dominant le site, méritent le détour. Thignica n'a jamais fait partie du territoire de Carthage ! Elle gardait le défilé d'Aïn Jemala qui était redoutable jusqu'au XXème siècle.
Et puis, puisqu'on ne prendra l'autoroute qu'après Testour et Sloughia, un arrêt à Testour pour ses mosquées et ses zaouïas et sa maison de la culture, auparavant destinée à une chanteuse très célèbre, décédée dramatiquement : Habiba M'sika, ou pour admirer la décoration originale du minaret de la mosquée de Sloughia. Si l'on en a le temps, pourquoi ne pas en satisfaire l'envie ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.