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Son initiative : trop peu et trop tard
Glorification de Hamadi Jebali avec l'insécurité pour toile de fond
Publié dans Le Temps le 21 - 02 - 2013

«Aujourd'hui, Mr Hamadi Jebali vient de gagner un capital confiance », c'est ce que soutient Mr Néjib Chebbi sur le plateau de « politique show » de mardi dernier, le jour où le chef du gouvernement présente sa démission. Depuis sa déclaration de dissolution du gouvernement et son initiative d'en former un autre constitué de compétences nationales non partisanes, Mr Jebali ne cesse de cristalliser les regards et devient une star au point de faire reléguer au second plan l'enquête sur l'assassinat du martyr Chokri Belaïd.
Ce qui fait dire à certains politiques comme Hamma Hammami au cours de la même émission et Mohsen Marzouk dans le cadre de « 9h Soir » de la veille qu'il y a deux processus à séparer nettement: l'initiative du chef du gouvernement et l'enquête sur le crime, en ce sens que le premier ne doit pas occulter le second. Ce rappel s'impose, car plusieurs partis de l'opposition donnent l'impression qu'ils ont l'esprit ailleurs, qu'ils se noient dans les sièges virtuels que leur miroitent Jebali et oublient la menace extrêmement sérieuse qui mine la vie de tous les Tunisiens, à savoir l'insécurité. Ils oublient vite les listes noires et les menaces de mort proférées à l'encontre de politiques, d'intellectuels, d'artistes et de journalistes.
Chèque en blanc
A voir la manière d'accueillir l'initiative du chef du gouvernement par certains partis de l'opposition qui ne tarissent pas d'éloges sur l'homme, on ne peut qu'affirmer que les problèmes posés sont personnifiés. Pire, on diagnostique une certaine glorification de la personne de Hamadi Jebali, une glorification qui nous rappelle les anciennes époques de la dictature, celles de Ben Ali et de Bourguiba. Cette conviction se renforce encore plus par l'acceptation inconditionnelle de ces partis de l'opposition de tout ce qu'il a daigné leur offrir comme « concession » sans en discuter quoi que ce soit. Il est évident que, par son initiative, Jebali réussit non seulement à faire absorber la colère des Tunisiens le jour de la tragédie nationale, comme il s'en est félicité, mais aussi à faire oublier à un pan de l'opposition la crise très aigüe dans laquelle plonge le pays. Au lieu de négocier un programme bien défini, cette dernière se focalise sur la personne du chef de l'Etat et fait table rase de tout un bilan totalement négatif où les échecs s'accumulent et les crimes également au point de finir dans le sang.
Trop tard et trop peu
L'initiative de Jebali contient des points qui ont été proposés par l'opposition il y a longtemps et qui auraient très bien pu faire éviter la crise au pays s'ils étaient pris en considération. En effet, les reprendre aujourd'hui après beaucoup de retard est une perte énorme à tous les niveaux. Les Tunisiens ne sont pas des cobayes pour que le chef du gouvernement les fasse subir des expériences de la manière qu'il entend. C'est trop tard et trop peu, son initiative intervient après que le sang eut coulé et que la misère a presque atteint son paroxysme. On a vu son attitude vis-à-vis des événements dramatiques de Siliana où il a fourni une couverture et un soutien total au gouverneur, le responsable de la crise, selon les habitants du gouvernorat. Est-ce par son initiative trop tardive que Mr Jebali compte consoler ceux qui ont perdu la vue soit partiellement soit totalement, ceux qu'on a incarcérés et torturés pour avoir protesté contre la marginalisation, le chômage et la précarité, ceux qu'on a violentés ou assassinés ? Est-ce que Mr Jebali oublie qu'il est le premier responsable du blocage du processus démocratique par la non activation des instances de régulation ? Combien de temps aurait-on pu gagner et combien de pertes humaines et matérielles aurait-on pu épargner si la Troïka avait accepté l'initiative de l'UGTT pour un dialogue national ! Après avoir justifié leur refus par la présence de « Nida Tounes » dans ces débats, les voilà en pourparlers réunis autour de la même table avec ceux-là mêmes qu'elle a repoussés il y a quelque temps.
Ecorce sans noyau
De même que la partie de l'opposition qui a accueilli très favorablement l'initiative en tant que telle sans prêter attention au contenu, cette dernière s'est arrêtée à l'écorce sans se donner la peine d'aller vers le noyau. Effectivement, au niveau du fond, Jebali n'a rien proposé de concret, son initiative contient des slogans pompeux et sans consistance. Il a parlé de la nécessité d'arrêter une date précise pour l'achèvement de la constitution sans préciser la nature de cette constitution. Il oublie ou fait semblant que les Tunisiens n'acceptent pas n'importe quelle confection, qu'ils en exigent une qui soit démocratique. Il se tait complètement à ce propos, ce qui n'est pas rassurant du tout surtout quand on voit la détermination des députés de Ennahdha à s'opposer à l'insertion du référentiel des droits de l'homme universels et des conventions internationales dans cette constitution. Il est de même pour la question sécuritaire. Là-dessus, rien de rassurant non plus, et les raisons sont multiples. Tout d'abord, Jebali ne nomme pas les responsables de la violence qui transforme notre vie en enfer, il reste évasif en parlant de la nécessité d'interdire toute activité déstabilisatrice de comités visant la substitution de l'Etat sans nommer les auteurs de ce projet « putschiste » bien qu'ils soient notoires et qu'ils aient un titre bien connu : « ligues de protection de la révolution ».
Des promesses en l'air
S'exprimer en termes vagues à propos de ces milices est assimilable à la « condamnation de la violence d'où qu'elle vienne », la phrase devenue cliché que même ces dernières n'hésiteraient pas à prononcer pour se disculper. Ces « ligues » jouissent du soutien de Ennahdha et du CPR dont les deux représentants présents sur le plateau de « politique show », Abdellatif El Mekki et Imed Daïmi refusent catégoriquement la dissolution. Concernant les imams qui incitent à la violence voire au crime, le premier déclare qu'il est pour le jugement de ceux dont la culpabilité serait prouvée comme s'il s'agissait de spéculations et non pas de faits. Et le plus grave dans tout cela c'est que Ennahdha n'est pas prête à renoncer au ministère de l'intérieur, le ministère sur lequel reposait le régime répressif de Ben Ali et qui n'est pas encore réformé. C'est le contraire qui s'opère, on vient de procéder à plusieurs nominations douteuses en son sein pour mieux en maitriser les rouages, selon certains observateurs. La démission de Mr Taoufik Dabbabi serait de nature à conforter ces doutes. Dans ce contexte explosif sur le plan sécuritaire, on voit mal comment le chef du gouvernement démissionnaire pourrait parler d'agenda et d'élections. Est-ce qu'un contexte pareil permet leur déroulement ? Est-ce qu'il est susceptible de réunir les conditions nécessaires pour que ces élections soient libres, transparentes et honnêtes ? On en doute fort d'autant plus que les armes circulent librement à travers le pays et que le gouvernement ne fait que contempler le spectacle.
Conflit scénique
Tous ces éléments nous rendent sceptiques quant au caractère sérieux et crédible de l'initiative de Mr Jebali, quant à une vraie issue pour la crise. Ce scepticisme est étayé davantage par la phrase de Mr El Mekki : « Mr Jebali pose des principes et non pas des conditions ». Cette affirmation laisse entendre qu'en définitive il n'y a pas de conflit réel entre lui et son parti comme le prétendent certains et que la question sera tranchée dans le foyer de Ennahdha, par ses mécanismes et conformément à ses principes à elle, ceux qu'on vient d'énoncer. Mr Néjib Chebbi rejoint Hamma Hammami sur le plateau de « politique show » quand il se prononce pour la tenue d'un congrès national auquel on pourrait donner le nom qu'on voudrait et qui serait soutenu par l'ANC, un congrès auquel participeraient toutes les parties politiques et civiles sans exclusion aucune en vue de discuter de la manière adéquate et susceptible de sauver le pays. Assez parlé d'aigles et de colombes de Ennahdha, d'hypothéquer l'avenir du pays en soumettant ses intérêts à l'humeur des uns et des autres de ces soi-disant adversaires. Il ne s'agit aucunement de sauver Ennahdha mais notre chère Tunisie !


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