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Ces «Destouriens» passionnés, peuvent-ils relever le défi ?
Publié dans Le Temps le 15 - 05 - 2016

Les « Destouriens » peuvent-ils rebondir comme formation politique spécifique au niveau des « valeurs « (Al quiyam) et de la méthode, plus de cinq ans, après la Révolution ! C'est la question qui est posée très sérieusement par les destouriens eux-mêmes, et l'opinion publique. Pourtant ils sont les « héritiers » de deux siècles de réformisme qui vont de Kheïreddine Pacha, le grand Visir, à Bourguiba, fondateur du « Néo-destour », en passant par le mouvement « Al Hadhira » de Béchir Sfar, le mouvement « Jeunes Tunisiens » de Ali Bach Hamba, du mouvement « zeitounien », moderniste, des cheikhs Tahar et Fadhel Ben Achour, et du « Destour » de Abdelaziz Thaâlbi, sans oublier la jonction avec le mouvement syndical national du leader Farhat Hached et enfin toutes ces élites nombreuses qui ont construit l'Etat national moderne en soixante ans d'indépendance. Par ailleurs, les « Destouriens », ont été l'âme et les bras de la résistance armée contre le colonialisme en faisant encore une fois la jonction entre les élites destouriennes urbaines des villes et les élies tribales et paysannes des profondeurs de cette Tunisie multiple.
Autre caractéristique, les « valeurs » immuables du mouvement destourien tournent autour de l'immunité de la Tunisie, sa souveraineté et la force de son Etat, ainsi que sur les thèmes de la liberté et de la libération de l'homme et de la femme, en général, des affres de la pauvreté, de la décadence et de l'obscurantisme.
D'où cette idéologie « nationaliste » mais progressiste et évolutive sur le terrain avec une grande dose de détermination mais aussi de pragmatisme. C'est ce que Habib Bourguiba a traduit par ce concept toujours de grande actualité : « Les étapes ». Autre formule magique du « leader », « l'attachement aux principes et la souplesse dans l'application » (Al thabet aâla el Mabdaa... wal mourouna fi attatbik ).
Partant de là, les « Destouriens » ont pratiqué toutes les formes politiques, économiques, sociales et culturelles possibles, du temps où ils étaient aux commandes de l'Etat, sans faire trop de cas des contraintes idéologiques ou doctrinales.
Les « Destouriens » ont été socialistes et même « collectivistes» proches des communistes orthodoxes, du temps du ministre Ahmed Ben Salah, mais ils ont été « libéraux » ou « néo-libéraux », pour faire plaisir à feu, mon maître Raymond Aron, avec le Premier ministre et grand argentier, Hédi Nouira.
Certes, il y a eu la parenthèse du 7 novembre qui a duré, quand même, 23 ans, où on a vécu le bon, le moins bon et des erreurs surtout politiques d'adaptation du système à l'évolution des masses populaires et de la jeunesse éduquée et « diplômée » du fait même de la politique progressiste des « Destouriens » et de Bourguiba, qui ont généralisé l'enseignement dans toutes les régions et dans toutes les localités les plus reculées du pays.
C'est ce que les analystes honnêtes et sérieux, désignent par « l'ascenseur social », par l'éducation, la culture et la combinaison du social syndical avec la liberté d'entreprendre ;
C'est ce qui explique, d'ailleurs, que tous ces docteurs, médecins et chirurgiens de très grosses pointures, ces ingénieurs hautement qualifiés et tous ces cadres de grandes compétences dans tous les domaines d'activités industrielles, agricoles et des services, sont bel et bien des enfants du peuple tout entier, qui ont bénéficié de dizaines de milliers de bourses en Tunisie et à l'étranger et non pas de descendants de la bourgeoisie ou de l'ancienne aristocratie des grandes métropoles.
La vraie démocratisation est bien celle-là même, qui a opéré un vrai nivellement égalitariste dans la société et qui a mis les bases de cette « classe moyenne » nombreuse et majoritaire dans notre pays.
Maintenant, la réalité n'est plus la même, et la Révolution a été le cri populaire des jeunes élites en vue de combiner comme le préconisait Alexis de Tocqueville dans sa « Démocratie en Amérique », la liberté avec les Institutions et l'égalité avec une meilleure distribution des produits du travail du capital et de la croissance.
Alors, les « Destouriens » peuvent-ils, aujourd'hui, relever ce défi d'être au cœur de l'évolution impérative de notre pays vers le progrès économique et social dans une « Démocratie » effective et respectable, fruit des rectifications opérées depuis cinq ans avec la contribution des destouriens eux-mêmes, en silence et dans la dignité !
Je pense que oui, parce que « l'idéologie destourienne » est un module qui bénéficie d'une très grande adaptabilité, d'autant plus que les valeurs « destouriennes » sont plus que jamais majoritaires dans ce pays et les mieux partagées, par tous les courants politiques majeurs.
Les derniers sondages « Sigma » le prouvent largement.
Si, aujourd'hui, on parle de « séparation » du « politique » et du « daâwique » à Ennahdha et si les « Nidaïstes » des deux tendances de MM. Hafedh Caïed Essebsi et Mohsen Marzouk se réclament des valeurs hautement destouriennes et du « bourguibisme », ce n'est pas par hasard ! C'est parce que la « culture » destourienne et bourguibiste a façonné en grande partie notre peuple et ses composantes sociales, surtout avec la libération de la femme et le Code du Statut personnel œuvre, destourienne-bourguibisme, authentique, la seule adoptée dans le monde arabe et musulman postcolonial dans les années 60. Faut-il encore le rappeler... à vous de juger !
Mieux encore les courants de gauche, dont le Front populaire et surtout El Massar de M. Samir Taïeb, sont plus proches des destouriens progressistes, que de toute autre formation dans le paysage politique.
Encore une fois, le bonne synthèse : « Bourguiba-Hached-Ben Achour », celle de l'identité spécifique de la Tunisie qui ne vieillit jamais, à l'image de ces destouriens de 2016 qui respirent l'amour du pays, et qui militent pour son invulnérabilité et son progrès.
Les « Destouriens » ont joué, jusque-là, profil bas parce que «culpabilisés » à grande lessive de la désinformation, après la révolution.
Mais, ils sont fiers et dignes et ont sonné avant-hier leur réveil en annonçant leur congrès, le 13 août 2016 à Bab Souika, là où le « Zaïm » Bourguiba avait son étude de jeune avocat et là où le peuple a construit sa résistance.
J'en ai vu des « Destouriens », jeunes et des moins jeunes qui veulent « être » et qui refusent surtout d'être « vendu » au plus offrant dans cette immense hypermarché politique des temps modernes.
A eux de prendre leur destin en main et de valoriser leurs atouts en regardant devant comme leurs ancêtres en 1934 à Ksar Helal !
L'avenir proche nous dira s'ils ont le tempérament des précurseurs et de cette jeune dame Abir Moussi...
Quelle battante ! Un pur produit du bourguibisme !
K.G


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