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L'europe sous le choc
Publié dans Le Temps le 25 - 06 - 2016

Les Britanniques ont choisi de sortir de l'Union européenne lors du référendum d'avant-hier, un vote qui ouvre une phase sans précédent pour l'UE comme pour le Royaume-Uni et déclenche un mouvement de panique sur les marchés financiers internationaux.
L'annonce officielle vers 6h20 GMT par la commission électorale de la victoire du camp du «Leave» n'a plus surpris personne, le résultat étant connu depuis la fin du décompte des voix dans les 382 circonscriptions électorales du Royaume-Uni, qui donne près de 52% des voix à la sortie de l'UE.
Alors que les sondages et les premiers résultats donnaient le «Remain» (maintien) gagnant après la clôture du scrutin, l'annonce dans la nuit par les télévisions britanniques d'un retournement de tendance confirmé au fil des heures a déclenché sur les marchés financiers un mouvement de panique qui rappelle la crise financière de 2008.
La livre sterling, en baisse de 7,5% face au dollar et de près de 6% face à l'euro, subit une chute sans précédent dans son histoire et les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse: quelques minutes après le début des échanges, Londres cédait 5,4%, Paris 8,9% et Francfort 7,2%. Les valeurs bancaires étaient les plus touchées avec une chute de plus de 14%. L'euro, lui aussi affecté, abandonnait 2,3% face au dollar. Les investisseurs se reportent sur les actifs jugés les plus sûrs, comme l'or, en hausse de 5%, et les emprunts d'Etat.
Le choix des Britanniques de quitter l'UE ouvre une procédure de divorce inédite qui durera au moins deux ans et qui risque d'ébranler tout à la fois les institutions européennes, la cohésion du Royaume-Uni et la place de l'économie britannique à l'échelle mondiale.
L'agence de notation Standard & Poor's a d'ailleurs déclaré que la Grande-Bretagne perdrait très certainement sa note «triple A».
Prenant acte du choix des Britanniques, le Premier ministre, David Cameron, a annoncé qu'il démissionnerait d'ici octobre, expliquant qu'il appartenait à un autre Premier ministre d'entamer les négociations sur la sortie du pays de l'Union et d'invoquer l'article 50 du Traité de l'Union européenne, qui prévoit que «tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union».
«Je ne crois pas qu'il soit opportun que je sois le capitaine qui mène notre pays vers sa prochaine destination», a déclaré David Cameron devant sa résidence de Downing Street.
Côté européen, le Président du Parlement européen Martin Schulz, le Président du Conseil européen, Donald Tusk, la Présidence tournante du Conseil de l'UE, Mark Rutte et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker on fait une déclaration conjointe suivante: «Dans un processus libre et démocratique, les Britanniques ont exprimé leur souhait de quitter l'Union européenne. Nous regrettons cette décision, mais nous la respectons. C'est une situation sans précédent mais nous sommes unis dans notre réponse. Nous resterons fermes et nous défendrons les valeurs fondamentales de l'Europe qui consistent à promouvoir la paix et le bien-être de ses peuples. L'Union de 27 Etats membres continuera. L'Union est le cadre de notre avenir politique commun. Nous sommes liés ensemble par l'histoire, la géographie, et des intérêts communs, et c'est sur cette base que nous développerons notre coopération. Ensemble nous relèverons nos défis communs: générer de la croissance; accroître la prospérité et assurer stabilité et sécurité pour nos citoyens. Les institutions joueront pleinement leur rôle dans cet effort... L'article 50 du Traité sur l'Union européenne établit la procédure à suivre dans le cas où un Etat membre décide de quitter l'Union européenne. Nous nous tenons prêts à lancer rapidement des négociations avec le Royaume-Uni sur les termes et conditions de son retrait de l'Union européenne. Jusqu'à la fin de ce processus de négociations, le Royaume-Uni reste un membre de l'Union européenne, avec tous les droits et obligations qui en découlent. Selon les Traités que le Royaume-Uni a ratifiés, le droit de l'UE continue à s'appliquer pleinement au et dans le Royaume-Uni jusqu'à ce qu'il ne soit plus un membre... En ce qui concerne le Royaume-Uni, nous souhaitons qu'il soit à l'avenir un partenaire proche de l'Union européenne. Nous espérons que le Royaume-Uni formulera ses propositions à cet égard. Tout accord qui sera conclu avec le Royaume-Uni comme pays tiers, devra prendre en compte les intérêts des deux parties et être équilibré en termes de droits et obligations «. Chez les eurosceptiques, c'est logiquement l'euphorie qui est de mise. «L'Union européenne est en train de mourir», s'est félicité Nigel Farage, chef de file du parti anti-européen Ukip, après avoir dit «oser rêver que l'aube se lève pour un Royaume-Uni indépendant». Avant l'annonce officielle du résultat, il avait appelé David Cameron à démissionner «immédiatement».
En France, Marine Le Pen, la présidente du Front national, parlant sur Twitter de «victoire de la liberté», a demandé l'organisation du «même référendum en France et dans les pays de l'UE».
Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, a pour sa part annoncé sur Twitter: «Triste pour le Royaume-Uni. L'Europe continue mais elle doit réagir et retrouver la confiance des peuples. C'est l'urgence»
Alain Juppé, maire de Bordeaux, candidat à l'investiture présidentielle à droite, a indiqué sur Europe 1: «C'est un choc historique pour la Grande-Bretagne, d'abord, son peuple est souverain, il a fait son choix, à lui maintenant de gérer les défis qu'il va avoir à relever. C'est un choc historique pour nous aussi. «Je crois que la plus grosse erreur que nous pourrions faire ce serait de laisser entendre qu'à 27 on va continuer comme avant. «Il faut écrire une nouvelle page, un nouveau chapitre de l'Histoire de l'Europe, parce que les messages viennent de partout, pas seulement de Grande-Bretagne.»
François Fillon, député de Paris, candidat à l'investiture présidentielle à droite, a précisé dans un communiqué: «Le Brexit est un coup de tonnerre pour l'Union européenne. C'est le fonctionnement bureaucratique de l'UE qui est condamné et son impuissance à répondre aux grands défis de notre temps. Le vote des britanniques ne doit pas être méprisé. La sanction aurait pu venir d'ailleurs car l'idéal européen tourne à vide depuis plusieurs années.»
Dans le camp des pro-UE, le président du Parlement européen, Martin Schulz, constatant que «le Royaume-Uni a décidé de tracer sa route de son côté», a dit s'attendre à ce que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne débutent rapidement.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient se réunir à Luxembourg. Aucune réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement n'est pour l'instant au programme, un Conseil ordinaire étant prévu mardi et mercredi.
L'Espagne va-t-elle récupérer Gibraltar ?
Tous les regards se portent désormais sur Gibraltar, cette petite enclave britannique de 7 km2 au sud de l'Espagne. Madrid a estimé hier, que la sortie de Royaume Uni de l'Union européenne lui permettrait de récupérer Gibraltar. «Le drapeau espagnol se rapproche du Rocher», a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia Margallo après l'annonce du Brexit. «Il faudra désormais trouver quel type de relation veut Gibraltar si elle veut avoir accès au marché intérieur de l'Union européenne», a-t-il expliqué à la radio Onda Cero. «Notre formule... est celle d'une co-souveraineté britannico-espagnole pendant une période limitée, qui débouche sur la restitution de Gibraltar» à l'Espagne, a-t-il ajouté.
Côté allemand la chancelière Angela Merkel a regretté hier, le coup porté à l'Europe par le Brexit et mis en garde contre toute réaction hâtive de l'UE, invitant à Berlin lundi pour en débattre les dirigeants français et italien ainsi que le président du Conseil européen.
C'est avec regret que nous prenons acte de la décision de la majorité de la population britannique (...) c'est un coup porté à l'Europe, un coup porté au processus d'unification européenne, a dit Mme Merkel dans une déclaration à la presse.
Mais pour la chancelière allemande, la portée du Brexit pour le reste de l'Europe va dépendre de la capacité des 27 Etats restant dans l'Union européenne à ne pas tirer des conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe. Selon elle, ils doivent analyser la situation avec calme et retenue, l'évaluer et ensuite prendre ensemble les bonnes décisions.
Mme Merkel doit par ailleurs faire mardi un discours devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement, pour présenter sa position avant le sommet des dirigeants européens de mardi et mercredi.
Pour Donald Trump, le candidat républicain à la Maison Blanche, en visite en Ecosse, le Brexit c'est fantastique.
Je pense que c'est extraordinaire, je pense que cela va être extraordinaire. C'est fantastique, a-t-il déclaré à la presse après avoir atterri en hélicoptère à Turnberry, sur la côte ouest écossaise, où il a inauguré la réouverture après travaux de l'un de ses parcours de golf.
Je vois un vrai parallèle avec ma campagne, a-t-il déclaré à la presse. Les gens veulent reprendre le contrôle de leurs pays, ils veulent l'indépendance dans un certain sens, a-t-il ajouté.
L'Ecosse, d'où est originaire la mère de M. Trump, a pris ses distances avec le candidat républicain dès décembre, à la suite de sa proposition incendiaire de fermer temporairement les frontières américaines aux musulmans en raison du terrorisme islamiste.
Divisions en vue pour l'UE et le Royaume-Uni
L'UE sortira forcément affaiblie, tant politiquement qu'économiquement, de la procédure de divorce qui débutera alors et qui la privera d'un Etat membre représentant environ 15% de son poids économique.
En quittant l'Union européenne, dont elle est membre depuis 1973, la Grande-Bretagne perdra pour sa part l'accès au marché unique européen et devra conclure des accords commerciaux bilatéraux avec ses partenaires dans le monde entier.
Sur le plan politique, David Cameron, qui avait promis le référendum en 2013 dans l'espoir d'enrayer la montée des eurosceptiques au sein du Parti conservateur, a vu la manœuvre se retourner contre lui et le résultat du vote risque de déchirer durablement les Tories.
Après quatre mois d'une campagne violente, marquée par de fortes divisions, et le meurtre de la députée travailliste et pro-européenne Jo Cox, le camp du «Remain» aura été impuissant à empêcher la vague antisystème, et les désillusions à l'égard d'une Europe jugée distante, bureaucratique et engluée dans des crises sans fin.
Désormais, comme le montrent les premières réactions, c'est la cohésion même du Royaume-Uni qui est en question.
La Première ministre écossais, Nicola Sturgeon, a souligné que «l'Ecosse a envoyé un message fort et sans équivoque pour rester au sein de l'UE» et son prédécesseur Alex Salmond a dit s'attendre à ce qu'elle demande rapidement un nouveau référendum sur l'indépendance.
Le discours est le même en Irlande du Nord, où le Sinn Fein, principal parti nationaliste irlandais, a estimé que le Brexit ne faisait qu'augmenter la nécessité d'un vote sur l'unification de l'Irlande.


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