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Commerce extérieur :
Publié dans L'expert le 10 - 04 - 2009

Dans un monde de plus en plus globalisé avec une intégration économique et commerciale accrue de la part des pays, la compétitivité des produits est la seule arme pour gagner la batille de la croissance. Plusieurs pays basent leur modèle de croissance économique sur leurs capacités à exporter. C'est le cas de la Tunisie, qui a la conviction que les exportations sont le moteur incontournable de l'investissement et de l'emploi. Or pour pouvoir bien exporter, il ne suffit pas d'avoir seulement les marchés d'écoulement, il faut aussi être bon en importation. Ceci paraîtrait contradictoire pour certains, mais c'est une réalité économique. Pour avoir le produit à un prix compétitif, et avec la qualité requise, les exportateurs doivent trouver les meilleures sources d'approvisionnement des intrants importés. Qu'est ce que nous importons réellement ? Est-ce que nous varions nos sources d'importations ? Analyse détaillée d'une activité qui est toujours laissée en marge de l'analyse économique.

Evolution des importations et de la balance commerciale :
L'évolution des importations tunisiennes était toujours à deux chiffres et a atteint un pic de 24.5% en 2008.
En millions de dinars

2005
2006
2007
2008
Valeur des importations
17101
19766
24279
30238
Variation (%)

15.5%
22.2%
24.5%
Source : INS
Le déficit de la balance commerciale a connu aussi une évolution considérable sous l'effet conjugué d'une baisse dans le rythme des exportations, l'augmentation de l'euro face au dinar, et la hausse des prix des principaux produits importés à l'échelle mondiale. En effet, ce déficit était de 2987 MD en 2005, 5165 MD en 2007 et 6565 MD en 2008, soit une évolution de 27% en une année. Le rythme d'évolution des importations est en train de dépasser celui des exportations.
Qu'est que nous importons au juste ?
La composition de nos importations n'a pas changé depuis des années. Le seul changement se situe au niveau des quantités importées vu l'évolution de nos besoins, et des valeurs des produits importés à cause de leurs prix sur les marchés mondiaux et aussi le cours de la devise avec laquelle nous payons, comme déjà expliqué.

Evolution des principaux produits importés
Produits
2002
2008
Quantité (milliers de tonnes)
Valeur (millions de dinars)
Quantité (milliers de tonnes)
Valeur (millions de dinars)
Pétrole et dérivés
4178
1117
4227
4233
Textile

2910

3493
Machines et engins mécaniques

1647

3325
Machines et appareils électriques

1223

2870
Fonte, fer et acier

505

2203
Véhicules, cycles et tracteurs

910

1832
Céréales
3539
650
3146
1573
Matière plastique et ouvrages
292
565
359
1262
Source : BCT

Ce tableau trace l'importance des importations en terme monétaire et quantitatif. Plusieurs constatations sont à tirer de ces chiffres :
- Nos importations sont surtout des matières premières (pétrole et dérivés, plastique, céréales) ou des appareils et engins nécessaires pour faire fonctionner les usines, et surtout être au diapason de toutes les nouveautés industrielles ;
- Le pétrole et dérivés est en 1ère position en valeur, vu les cours du brut qui ont connu une évolution importante au cours de l'année 2008 surtout, ou on a atteint un baril à 145 dollar. Notre pays qui est importateur net de pétrole a beaucoup souffert de cette situation l'année dernière. Les quantités importées n'ont pas connu une évolution importante depuis 2002 malgré les besoins croissants de l'appareil productif. Ceci s'explique par les efforts de maîtrise de l'énergie déployés par le gouvernement, et aussi le remplacement du pétrole par le gaz dans certaines activités. C'est pour cette raison que nos importations de gaz naturel ont connu une évolution de 42% depuis 2002, passant de 727 milles tonnes à 1244 milles tonnes.
- Le textile occupe la deuxième place, et c'est tout à fait logique vu l'importance du secteur dans l'économie nationale. Ces importations sont surtout dans le cadre de l'admission temporaire pour le compte des usines de textiles, et qu'on retrouve, après transformation, au niveau des exportations. L'évolution de la valeur des importations textiles de quelques 560 millions de dinars depuis 2002, signifie une évolution dans l'activité du secteur, qui a su faire face à l'entrée en vigueur de l'accord multifibres et l'abolition du régime des quotas, avec l'arrivée en masse des chinois sur le marché européen.
- Depuis 2002, nos importations de Machines et engins mécaniques ont doublé. Ce phénomène est expliqué par plusieurs éléments :
o Ces engins sont importés surtout en « euro », dont le cours a connu une croissance importante face au dinar,
o L'activité industrielle tunisienne a été très dynamique durant les 7 dernières années, ce qui explique l'importation de machines et engins pour les usines,
- Les machines et appareils électriques ont évolué en valeur de 134% depuis 2002. C'est surtout le compartiment appareils électriques qui a connu la plus importante évolution. L'amélioration du niveau de vie du consommateur tunisien, et ses besoins croissants pour des appareils électriques (réfrigérateurs, climatiseurs, ordinateurs, four micro onde,…), ont contribué largement à cette évolution. En l'absence d'une industrie locale de ces appareils, et dont les principales usines se limitent à faire le montage et le service après vente ; l'importation répond à la demande interne.
- Malgré une industrie locale du fer, qui se développe énormément, les besoins du marché local ne sont comblés que par les importations. En effet, nos importations de fonte, fer et acier ont été multiplié par 4 depuis 2002. Le phénomène est expliqué par l'évolution fulgurante des prix sur les marchés mondiaux à cause d'une demande importante des pays en développement pour la réalisation de leurs projets. La montée en puissance de la construction immobilière en Tunisie depuis quelques années a contribué aussi à l'évolution de nos importations.
- La valeur des importations des véhicules, cycles et tracteurs a aussi doublé depuis 2002 passant de 910 MD à 1832 MD. Le cours de l'Euro a joué une part importante dans cette évolution, et aussi la demande croissante des voitures par le citoyen tunisien, surtout les voitures populaires.
- Les quantités de céréales importées par la Tunisie ont connu une baisse considérable depuis 2002, passant de 3539 milles tonnes à 3146 milles tonnes. Ceci est expliqué surtout par les mesures gouvernementales prises au cours des 2 dernières années pour la maîtrise des importations et la consommation des céréales en Tunisie, pour faire face à l'envolée des cours sur le marché mondial. En effet, la tonne de blé tendre est passée de 215 dollars à 435 dollars à la fin de l'année 2007. Le phénomène de la baisse des quantités revient aussi aux mesures prises pour augmenter la production nationale de céréales, en augmentant les superficies et les prix d'achat de l'agriculteur. Les cours sont revenus, presque à la normale en 2008. La valeur de nos importations a augmenté de 142% durant la période 2002-2008, ce qui a pesé lourd sur notre balance de paiement, et aussi sur la caisse générale de compensation.
Outre ces produits, la Tunisie importe du lait, du beurre, du fromage, du café, du thé et des épices pour un montant de 160 millions de dinars. En comparaison avec 2002, on enregistre un doublement de la valeur (77 millions de dinars en 2002). Les quantités quant à elle sont presque stables.
Nos importations de produits pharmaceutiques ont nettement augmenté en valeur passant de 269 MD en 2002 à 459 MD en 2008, malgré une baisse importante en terme de quantité (9 milles tonnes en 2002 à 7 milles tonnes en 2008). Ceci revient au développement d'une industrie pharmaceutique locale qui arrive à couvrir progressivement les besoins du marché local.

Une concentration géographique des importations :
Nos importations se caractérisent par une concentration géographique importante, à l'instar de nos exportations. En effet nous effectuons 65% de nos importations sur le marché de la zone Euro. En 2008, nous avons importé pour 15600 MD de l'UE. Les importations effectuées sur le marché maghrébin (Algérie, Libye, Maroc) ont totalisé 2318 MD soit 7.6% du total de nos importations. Un niveau qui reste en déça des attentes et qui ne permet pas une bonne intégration régionale.
La Tunisie a importé surtout de la France pour un montant de 5560MD, de l'Italie pour 5228 MD, de l'ex URSS pour 3161MD, de l'Allemagne pour 2109 MD, de la Libye pour 1319 MD, et de l'Espagne pour 1168 MD.
Dans une analyse linéaire nous constatons une multiplication par 6 de nos importations venant de l'ex URSS depuis 2002, une multiplication par 3 de nos importations venant de Libye, une multiplication par 7 de nos importations du marché algérien. Nos importations des Etats-Unis ont connu une évolution importante passant de 427 MD en 2002 à 1020 MD en 2008, celles venant du canada ont baissé passant de 128 MD en 2002 à 81 MD en 2008.
Ces chiffres tracent les orientations de l'évolution des importations tunisiennes, avec :
- Une concentration au niveau de la zone euro,
- Une orientation vers l'importation de l'Europe de l'Est (ex URSS),
- Une intégration régionale plus forte, avec des importations en croissance du marché Libyen et Algérien (surtout énergie).

L'importation au service de l'exportation :
Au niveau de sa balance commerciale, la Tunisie accuse un solde négatif avec presque toutes les zones géographique (Europe, Amérique, Asie, pays arabes), sauf avec les pays africains ou le solde est au vert.
La concentration de nos importations est très préjudiciable pour l'économie et les exportations. En effet, les opérateurs économiques doivent orienter leurs efforts à chercher plus loin, dans les marchés asiatiques et d'Amérique du Sud, et dans les pays africains et arabes. Des problèmes de logistiques et de liaisons marines et aériennes existent toujours ce qui augmente le coût d'importation. Il est impératif de trouver l'équation adéquate entre coût d'approvisionnement et prix dans des marchés lointains.
La stratégie d'exportation tunisienne ne doit pas se concentrer exclusivement sur les moyens de promouvoir le produit tunisien hors de nos frontières et le soutien à l'implantation à l'étranger, mais aussi à aider les entreprises à trouver les bons marchés d'approvisionnement. C'est même un élément primordial à intégrer dans l'élaboration du projet PDE III annoncé par le président de la République.
Avec la concurrence sur les marchés mondiaux et l'ouverture économique sur la base des conventions commerciales, rechercher le meilleur marché d'approvisionnement est l'un des éléments pour améliorer sa compétitivité. Un bon exportateur, doit être aussi un bon importateur.


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