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Un pays gouverné par des imbéciles
Publié dans Business News le 28 - 06 - 2021

Cela fait dix-huit jours qu'un enfant de quinze ans a été dénudé par la police, lors d'affrontements entre la police et des manifestants de Sidi Hassine. Après l'avoir accusé d'être ivre et de s'être exhibé lui-même devant la police, le ministère de l'Intérieur a dû se rétracter devant le démenti cinglant de la victime. Dix-huit jours après, on a étouffé l'histoire, les policiers agresseurs ne sont pas en prison, on ne connait pas leurs noms et on ignore tout de la procédure engagée à leur encontre. Un Etat de droit se doit de communiquer ce genre de choses pour que la population continue ou retrouve sa confiance en sa police. Un Etat de droit se doit de protéger la victime, il ne peut pas se ranger du côté du bourreau, juste parce qu'il est de ses rangs.
Vous avez l'impression d'avoir déjà lu ce paragraphe ? Vous ne vous trompez pas, je vous l'ai servi la semaine dernière. Mais comme rien n'a changé en une semaine à ce sujet, une piqûre de rappel s'impose.

Cela fait vingt-et-un jours que le blogueur Slim Jebali croupit en prison pour avoir publié un post Facebook et des images dénigrant le président de la République. Il a été condamné à de la prison ferme par la justice militaire qui pense que le président de la République, étant le chef suprême des armées, doit être au-dessus de la critique et du dénigrement, comme l'est l'armée. La justice militaire estime, dans la foulée, que les civils peuvent être jugés sous sa juridiction, juste parce qu'ils se sont attaqués au chef suprême des armées.
Slim Jebali n'est pas le seul blogueur à être convoqué par les militaires, il vient d'être rejoint par Amina Mansour qui, elle aussi, est accusée d'offense au président de la République à travers un post Facebook.
Cette manie de convoquer les civils devant la justice militaire a commencé avec l'ancien président, le non-regretté Moncef Marzouki. Il a créé un précédent après la révolution en faisant traduire son ancien conseiller Ayoub Massoudi devant cette juridiction d'exception.
Moncef Marzouki avait beau être ancien président de la Ligue des Droits de l'Homme, il a oublié ce que sont les droits des civils quand il est entré au palais de Carthage.
De même, Kaïs Saïed a beau être professeur de droit, il a oublié ce que sont les droits des civils quand il est entré au palais de Carthage. On l'a même vu tancer la ministre de la Justice par intérim parce que le ministère public ne bougeait pas quand on « portait atteinte au président de la République ».
Un Etat de droit qui se respecte ne traduit pas les civils devant la justice militaire.
Un Etat de droit qui se respecte ne traduit pas les civils devant la justice tout court, parce qu'ils ont émis une critique, soit-elle violente ou insultante, à l'encontre du président de la République.
Un Etat de droit qui se respecte, respecte la liberté d'expression, même si les blogueurs en question ont dépassé les limites de la bienséance.
Si les civils peuvent saisir la justice parce qu'ils ont été diffamés, insultés ou moqués, le président de la République doit rester au-dessus de tout cela. Il n'a pas à s'abaisser au même niveau qu'un blogueur dont le rayon d'influence demeure, quelle que soit sa taille, limité.
En portant plainte contre Amina Mansour et Slim Jebali, devant la justice militaire de surcroit, le président de la République donne l'air de jouer dans la même division qu'eux.

L'événement politique le plus important de la semaine a été la rencontre entre Kaïs Saïed et Rached Ghannouchi. Quasiment rien n'a filtré de cette rencontre. La présidence de la République n'a pas jugé utile de nous donner un quelconque éclairage à ce sujet et Rached Ghannouchi a juste dit que la réunion était positive. Mais comme la crédibilité de ce dernier est égale à celle de Pinocchio et comme Kaïs Saïed change d'avis comme il change de chemises, on ne peut vraiment pas conclure que cette réunion était positive. Ce serait aller vite en besogne. Ça reste quand même extraordinaire que l'on qualifie d'important un événement dont on ne sait absolument rien ! Voilà où on en est en Tunisie, sous la présidence de Kaïs Saïed.
La présidence de la République ne communique rien ou presque, elle n'a ni directeur de la Communication, ni porte-parole, le président ne donne pas d'interviews et ne reçoit même pas de journalistes pour des « off ». On en est jusqu'à nous interroger si la communication de la Corée du Nord ne serait pas meilleure que celle de notre présidence.
Ce que fait Kaïs Saïed est contraire aux règles basiques de la démocratie. Dans les démocraties dignes de ce nom, le public a une idée exacte sur l'agenda du président et ses rencontres, le président dit ce qu'il fait et où il va, il explique, il décrypte, il rassure. Dans les pays scandinaves, on va jusqu'à mettre à la disposition du public les factures détaillées des dépenses. Aux Etats-Unis, le public est informé sur chaque mot prononcé par le président lors de ses rencontres ou dans ses communications téléphoniques. Notre Kaïs Saïed à nous, ne dit rien ; il ne décrypte pas, il crypte ; il ne rassure pas, il inquiète. Il ne nous respecte pas, il nous méprise.

Le gouvernement a décidé hier d'augmenter les prix des cigarettes. Cela monte jusqu'à 17,8% pour certaines marques. Comme sous l'ancien régime, on fait les augmentations l'été et un dimanche soir. Je ne sais pas qui leur a dit que la pilule passait mieux en opérant ainsi les augmentations, mais c'est ce qu'ils croient. Outre la bêtise, cela dénote du mépris au peuple opposé par certains hauts fonctionnaires de l'Etat. Tous pareils, que ce soit avant ou après la révolution.
Peut-on d'ailleurs parler de révolution et de démocratie, quand on voit comment nos gouvernants nous méprisent et nous traitent ?
Cette augmentation fort importante des prix des cigarettes va inciter quelques-uns à arrêter le tabac. Tant mieux pour eux. Mais la majorité demeurera prisonnière de la cigarette et cette majorité va voir son portefeuille pâtir de cette augmentation. Cette majorité qui va pâtir est composée de citoyens lambda aux revenus moyens ou modestes. L'argent qu'ils mettent dans les cigarettes est dépensé au détriment d'autres achats utiles et importants pour leurs familles.
Que le gouvernement augmente les prix, dans le cadre d'une stratégie nationale globale visant à réduire le nombre de fumeurs, cela rendrait la chose acceptable. Sauf que notre gouvernement n'est pas du tout dans cette optique et ignore carrément ce que stratégie sanitaire veut dire. Il ignore combien coûtent les méfaits du tabac à la santé publique. Aucune étude du genre n'a été faite.
Cette augmentation va favoriser, en premier lieu, les contrebandiers qui font de telle sorte que le tabac n'est plus vendu à son prix réel. On estime à entre 365 et 450 millions de dinars par an ce qu'engrangent les spéculateurs du tabac.
Le gouvernement a annoncé qu'il allait mettre fin à cette spéculation en autorisant les supermarchés à proposer des cigarettes au prix réel. La mesure devait entrer en vigueur le 1er juin. Nous sommes le 28 juin et on n'a encore rien vu. Le gouvernement a préféré mettre la charrue avant les bœufs.
Notre gouvernement n'est pas là pour réfléchir au pouvoir d'achat du Tunisien et à protéger les Tunisiens de la précarité, il ne pense qu'à son budget et qu'à ses revenus. Il sait que le citoyen est inconscient et préfère acheter un paquet de cigarettes plutôt que des choses utiles à sa famille et il se joint aux spéculateurs pour le fragiliser davantage.
C'est le rôle de l'Etat de protéger les citoyens. C'est le rôle de l'Etat d'attaquer les spéculateurs. C'est le rôle de l'Etat de défendre le pouvoir d'achat. Rien de tout cela n'est fait par notre Etat.
Les faits sont têtus. On n'a pas de démocratie, contrairement à ce que disent nos gouvernants. On n'a pas d'Etat de droit, contrairement à ce que disent nos gouvernants. Notre Etat ne se soucie ni de notre santé, ni de notre portefeuille, contrairement à ce que disent nos gouvernants.
Notre Etat est défaillant et en déliquescence chers lecteurs. Nos gouvernants sont imbéciles et menteurs chers lecteurs.


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