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Le parc du Belvédère nécessite une réhabilitation
Patrimoine
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 04 - 2016

Le projet d'implantation d'une voie rapide, traversant le parc, lancé par la municipalité de Tunis, refait surface malgré la ferme opposition manifestée par la société civile.
Le parc du Belvédère, l'unique espace vert de la capitale abritant un zoo d'animaux sauvages et où les habitants peuvent se rendre pour prendre un bol d'air, a perdu ses belles couleurs d'antan et est devenu un antre pour des soulards et les visiteurs du soir en quête d'un lieu isolé plus propice à leurs lubies. La dégradation de la faune et de la flore du parc est manifeste. Certains visiteurs, notamment ceux du soir, abandonnent derrière eux des tas d'ordures qui offrent un spectacle des plus désolants.
En plus de ces dégâts, un projet d'implantation d'une voie rapide, traversant le parc, lancé par la municipalité de Tunis, refait surface. Une ferme opposition a été manifestée par la société civile et certains collectifs, comme «On a été embêté pour vous» ou «Tunisie propre» et des associations, dont l'Association des Amis du Belvédère qui a organisé en mars dernier un débat public sur le «devenir du Belvédère».
Un joyau en dépérissement
En 1892, le Conseil municipal de la Ville de Tunis décide de créer sur une vaste colline d'oliveraies de 110 ha, tenue par un habous, le parc du Belvédère. C'est Joseph de la Forcade, architecte paysagiste et jardinier en chef de la ville de Paris, qui conçoit et réalise les travaux d'aménagement du parc en s'inspirant du modèle des jardins anglais. Les travaux se terminent en 1897, mais le parc ne sera ouvert aux visiteurs qu'en 1910.
Le parc compte plus de 230.000 arbres, répartis sur 80 espèces, qui proviennent de tous les continents. Il est parcouru de routes carrossables, d'allées cavalières et de sentiers piétonniers. Le Belvédère possède, en outre, deux magnifiques portes en fer forgé. Celle qui est en face de l'avenue des Etats-Unis porte le nom de «Première porte». La «Deuxième porte» donne sur la place Pasteur, elle était, lors de la création du parc, la seule voie d'accès.
Ce grand parc urbain de la Ville de Tunis a bénéficié d'une « midha » transférée du souk El Attarine et d'un pavillon à coupole d'un palais beylical de La Manouba. En 1901, un casino de style néo-mauresque est ouvert à l'entrée du parc et inauguré officiellement en 1910. Plus tard, l'ancien casino a été réaménagé en club pour les officiers militaires. Y ont chanté les plus grandes célébrités, comme Edith Piaf ou Dalida. Entre 1963 et 1969 est aménagé un zoo dessiné par des architectes paysagistes de la ville de Cologne.
Kobbet El Haoua (littéralement "la coupole de l'air") est un pavillon situé en haut de la colline du parc du Belvédère. L'édifice, l'un des joyaux de l'architecture tunisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, se trouvait à l'origine à La Manouba, dans les jardins de l'ancien palais beylical de Ksar El Ward, l'actuel musée militaire national, où il servit de kiosque de plaisance pour la cour beylicale de la dynastie husseinite, notamment sous le règne de Hammouda Pacha (1782-1814). Le monument, de style arabo-andalou, est constitué d'une salle carrée dotée d'absides. Cette dernière est surmontée d'une grande coupole côtelée à laquelle sont flanquées quatre autres plus petites.
Si l'extérieur se signale essentiellement par l'usage d'arcs à claveaux bichromes, l'intérieur, quant à lui, présente un raffinement extrême. Outre l'emploi de céramiques polychromes à motifs géométriques complexes, de gracieuses colonnes en marbre blanc supportent des arcs à intrados dentelés qui sont de type plein cintre et polylobé. Ces arcs, ainsi que l'ensemble des voûtes et des coupoles, sont entièrement revêtus d'une dentelle en plâtre sculpté d'une grande virtuosité d'exécution. Celle-ci témoigne de l'immense talent des sculpteurs sur plâtre dans la Tunisie des XVIIIe et XIXe siècles.
Le pavillon, qui se trouvait dans un état délabré à la fin du XIXe siècle, fut totalement démonté et soigneusement restauré, au tout début du XXe siècle, pour être installé au parc du Belvédère.
Un sauvetage indispensable
Avant la révolution, le parc du Belvédère a été la convoitise de nombreuses personnes proches du pouvoir. Des arbres centenaires ont même été abattus et des villas ont poussé à leur place. Des amies de Leïla Ben Ali ont obtenu de la municipalité de Tunis des autorisations «spéciales» pour construire dans le parc du Belvédère. Aujourd'hui encore, le parc est menacé et a besoin d'être sauvegardé.
«Jardins secrets du Belvédère» de Aïcha Ibrahim est un livre illustré qui raconte les boires et déboires du parc qui constitue le poumon de la capitale. Un parc qui nécessite un entretien et une protection aussi bien de la faune que de la flore. «Délabrement du patrimoine bâti (la Kobba notamment), dégradation des sols, vieillissement du couvert végétal, animaux stressés, pollution sonore et visuelle, ressources humaines et financières insuffisantes, décideurs locaux dépassés malgré leurs efforts... Et que dire encore», a relevé entre autres Aïcha Ibrahim dans son ouvrage.
Par ailleurs, l'Association des amis du Belvédère ambitionne également d'inscrire le parc du Belvédère sur la liste des Jardins historiques mondiaux en vue de sa reconnaissance internationale et afin de profiter d'une aide financière pour sa réhabilitation.


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