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Quand le corps du martyr prend la parole
MOYEN-ORIENT: Le 16 avril 1988, un commando sioniste assassine Abou Jihad à Sidi Bou Saïd
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 04 - 2011

• Témoignage lors de l'examen nécrologique du héros au service de médecine légale de Tunis
Un héros est tombé ce jour-là sur le champ d'honneur. Il était là ce 16 avril 1988, vivant auprès de son créateur, mort sous nos yeux dans toute sa splendeur de martyr.
Oui ce jour-là, j'ai vu Abou Jihad, qui, il y a quelques heures, venait de succomber sous les balles perfides d'un commando israélien, dans sa résidence de Sidi Bou Saïd.
Je l'ai vu dans la salle d'autopsie du service de médecine légale de Tunis. Oui j'ai vu le corps du martyr dont le nom suffisait à lui seul à faire trembler ses ennemis sionistes. Abou Jihad, dans son sommeil éternel, un soldat mort pour que vive son pays, la Palestine.
14h30, ce jour-là. Yasser Arafat, le chef de l'OLP et futur président de l'Autorité palestinienne, venait de quitter les lieux faiblement escorté après avoir fait ses ultimes adieux à son compagnon de route. Une amitié qui est née en 1954 et qui s'est développée au fil des jours. Abou Jihad, de son vrai nom Khalil Al Wazir, était le cerveau de bon nombre d'opérations militaires contre des objectifs sionistes en Palestine et un peu partout dans le monde.
Il était aussi le cerveau de la 1ère Intifadha déclenchée en décembre 1987. Pour les sionistes, il fallait qu'il meure. Et des moyens énormes ont été mobilisés afin de réaliser cet objectif odieux. Des moyens logistiques et humains, y compris la redoutable arme de la trahison.
Parmi les Palestiniens mais aussi parmi certains Tunisiens sans foi ni loi. Y compris dans les hautes sphères du pouvoir. Tout le monde sait aujourd'hui que Ben Ali était dans le coup… Jusqu'au cou.
Une pluie de balles, comme pour fêter l'événement
Le corps gisait, criblé de balles, chacune avait laissé sa trace typique dénommée «tatouage» en pénétrant dans ce corps vers 1h30 le 16 avril 1988. Abou Jihad avait le menton fracassé, deux longues rangées de «tatouages» tout le long de son tronc, telles deux rangées de boutons de l'uniforme d'un officier prussien. La région pubéenne était elle aussi criblée de balle.
Enfin, les doigts de sa main droite étaient aux aussi déchiquetés, surtout l'auriculaire, l'annulaire et le majeur. Le commando avait en effet visé cette main qui tenait un pistolet et qui commençait à tirer pour se défendre.
Quant aux balles logées dans son cerveau, ce sont les rayons X qui retracèrent leur itinéraire.
Après une radiographie, on pouvait voir l'une d'entre elles qui a fait un tour de 180° dans la matière grise du martyr. Le commando avait arrosé le héros de quelque 70 balles comme pour s'assurer définitivement de sa mort en concluant par des tirs visant la tête. Certains ont dit : «comme pour fêter l'événement».
Oui j'ai vu ce corps solennellement exposé au regard du Pr Abdelaziz Ghachem, père de la médecine légale en Tunisie et chef de service à l'époque, qui m'avait permis d'assister à l'examen nécrologique.
J'ai vu comment le doyen Ghachem faisait la moue comme pour réprimer ses larmes et comment d'un geste grave, il avait soulevé le drap pour entamer l'examen.
Moins de trois ans plus tard, le même service accueillait le corps du martyr Abou Iyed et ceux de ses adjoints (14 janvier 1991). Ce jour-là, alors que des manifestations dénonçant l'agression américaine contre l'Irak éclataient sur le boulevard du 9-Avril tout près du service de médecine légale, le courage m'a manqué et juste avant d'entrer dans la salle d'autopsie, j'ai fait demi-tour. Douleur, frustration, désespoir… Aucune explication.


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