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Le penseur et le politicien
Un colloque sur Kheireddine Pach:
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 05 - 2010

Un colloque sur Kheireddine Pacha, rien de bien original ? Détrompons-nous! Il y a, dans le parcours de cet homme qui a marqué de plusieurs empreintes l'histoire de la Tunisie, encore beaucoup de découvertes à faire, encore plein d'aspects non éclaircis. C'est aussi ce qui est à retenir de la journée d'étude qui lui a été consacrée le mardi 4 mai 2010 par Beït El Hekma à Carthage : que l'histoire n'est pas une et qu'elle nous invite sans cesse à la revisiter.
Pour l'occasion, un ensemble de nos meilleurs professeurs ont été sollicités, par leurs interventions, à s'exprimer chacun sur un aspect bien déterminé de l'expérience de Kheireddine Pacha, une expérience que l'on peut départager entre humaine et politique.
Kheireddine Pacha, c'est avant tout l'incroyable destin d'un homme né dans les débuts des années 20 au XIXe siècle. Un circassien qui est passé de simple mamelouk à une grande figure de l'histoire de l'empire ottoman et de la Tunisie moderne. Vendu au Bey de l'époque, Ahmed 1er, celui-ci lui permet l'apprentissage des langues et du Coran, avec une éducation moderne. Sa rapide ascension dans les grades militaires le conduit à sa véritable vocation : la réforme. Durant ses nombreux voyages, il constate l'avancée que connaît le monde occidental, alors que la Tunisie gît encore dans l'ignorance. Il en découle son livre Le plus sûr moyen pour connaître l'état des nations qu'il écrit entre 1862 et 1873. Grand vizir après la destitution de Mostapha Khaznadar (1817-1878), il met ses idées avant-gardistes en pratique. En résultent plusieurs réformes comme la séparation des trois pouvoirs et la fondation du Collège Sadiki, le tout dans le sens d'organiser le pays, administrativement et politiquement.
Les intervenants du colloque sur Kheireddine Pacha sont partis de ces points généraux de sa vie et de son œuvre pour s'approfondir sur des questions moins connues et peu étalées dans les ouvrages qui lui ont été consacrés. Le rendez-vous a été particulièrement instructif de par les éclairages qui ont été apportés par les chercheurs, mais aussi de constater qu'avec le recul, le regard sur l'histoire devient plus mûr et plus apte à la critique. Le pr Hédi Timoumi a dans ce sens évoqué le fait que malgré toutes ses bonnes actions, Kheireddine Pacha avait instauré une loi très dure à l'égard des habitants de la campagne tunisienne, nommés péjorativement les «Orbens», une loi les obligeant à avoir le statut de «khammassa» toute la vie. Les circonstances de l'époque, qui incluaient une catastrophe démographique, l'obligeaient à prendre de telles mesures pour assurer des travailleurs permanents pour les terres et avoir ainsi une production agricole régulière. Un autre cas est celui évoqué par le pr Kamel Omrane qui a parlé des affrontements entre Kheireddine Pacha dans ses idées avant-gardistes et entre les cheikhs de la Mosquée Zitouna. Ces derniers ont, selon le professeur, retenu à plusieurs égards et retardé les essais de Kheireddine Pacha, exigeant de lui que toute nouveauté introduite par inspiration du monde occidental soit appliquée seulement si elle va avec la charia. Leurs avis étaient d'autant plus divergents que le concept même de la charia les séparait. Pour Kheireddine Pacha, qui suivait les traces de l'islam premier, la charia peut côtoyer la modernité avec aisance. Quant aux cheikhs, ils se tournent vers une charia rigide, imprégnée par les traditions qui les maintiennent dans les sentiers battus, loin de la réalité du peuple. Ainsi, tous les intervenants ont souligné les grandes pressions subies par Kheireddine Pacha durant toute sa carrière, le faisant parfois dévier de sa vocation première mais faisant de lui, indéniablement et en dépit de cela, un pilier de la Tunisie moderne et une grande inspiration pour le mouvement national contre la colonisation, qui a suivi de peu son règne. Il a servi son «pays d'adoption» avec intégrité et honneur et il l'a porté dans son cœur jusqu'à Istanbul, où il a été grand vizir de l'Empire ottoman avant d'y décéder en 1890. Sa dépouille a été rapatriée en 1968 pour reposer au Djellaz. Kheireddine Pacha aura été un grand penseur et un grand politique, deux aspects de lui qu'il faut bien distinguer et mettre en valeur, comme les deux revers d'une médaille que chaque tunisien devrait porter avec fierté. Et puis de penser à la question posée par le pr Mohamed Haddad dans son intervention : «Pourquoi les pensées de Kheireddine Pacha nous semblent toujours d'actualité ? Est-ce parce qu'il était en avance sur son temps ou est-ce parce qu'il y a encore du chemin à faire?» 


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