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«Sourcing», l'atout de la proximité
Entretien avec M.Khaled Mzid, président de la Chambre syndicale des exportateurs de textile
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 06 - 2012

«Non seulement on est en train de perdre des opportunités sur le marché américain, mais aussi certains de nos clients européens qui cherchent à se positionner sur ce marché sont en train de déplacer leurs commandes ailleurs», relève M. Khaled Mzid, le président de la Chambre syndicale des exportateurs de textile
Le budget alloué pour l'organisation du Tex Med ne représente que 0,003% des apports en devises du secteur dont les exportations avoisinent les 500 millions de dinars. « Généralement une entreprise, qui se respecte, consacre 2 à 4% de son chiffre d'affaires à la promotion », précise M.Mzid.
Un échantillon confectionné en 48 heures prendra trois jours pour arriver à destination. Alors que les grandes enseignes internationales assurent l'expédition des échantillons de nos concurrents turcs et marocains en seulement 24 heures.
Après une réunion avec des professionnels du secteur du textile et habillement, M Khaled Mzid, le président de la Chambre syndicale des exportateurs textile a insisté que la situation du secteur exige le déploiement de gros moyens pour mettre en œuvre des plans d'urgence. D'abord, des plans de communication spécifiques et ciblés pour promouvoir l'image de la Tunisie et du secteur afin de bénéficier des larges perspectives qu'offrent certains marchés. Et parallèlement, des plans de sauvetage pour pallier les difficultés conjoncturelles de certains opérateurs. En somme, « l'objectif est de consolider le positionnement sur les marchés classiques et diversifier l'activité sur des marchés prometteurs », rappelle le président. Pour ce faire, il incombe aux professionnels et autorités publiques à déployer de gros moyens financières et humaines.
Producteur de plusieurs marques internationales, principalement de haut de gamme, et d'une marque nationale de prêt-à-porter pour femme, il estime que toutes les filières souffrent d'une régression notable des commandes. « La crise est bien confirmée. Elle est bien là », martèle-t-il. Et d'ajouter : « De la crise financière, à la récession économique, en passant par le mauvais temps, notre profession est tributaire de tous les aléas». Et lorsque les commandes baissent, les critères de sélection des fournisseurs s'endurcirent. Face à cette situation, les industriels ont intérêt à rester sur la liste des donneurs d'ordre qui réduisent le nombre de leurs fournisseurs. A cet égard, le professionnel affirme : « sans exception, tous les clients parlent de réduction des fournisseurs ». Dans leurs démarches de sélection des fournisseurs, les donneurs d'ordre ne se limitent plus au sérieux et à la fiabilité de l'industriel mais ils considèrent aussi l'importance du « sourcing » des différents pays. Ce qui exige, d'une part, la mise à niveau des entreprises du secteur pour les doter d'une importante force de proposition. Et d'autre part, l'Etat tunisien est appelé à garantir un climat d'affaires favorable. « Avec cette baisse des commandes, si on ne réussit pas à garder le peu qui reste, ces clients changeront de destination et feront tourner les machines de nos concurrents», prévient-il. Pis, aujourd'hui, beaucoup de faits assombrissent l'image de la Tunisie sur plusieurs marchés classiques et potentiels. D'où, plus que jamais, on a besoin de communiquer sur la vraie image de la nouvelle Tunisie.
En effet, forte de son positionnement géographique, la Tunisie se place comme un site de sourcing de proximité. « Car, si ce n'est que par le prix , on part perdant devant les géants asiatiques et des pays de l'Est » rappelle le président. D'ailleurs, a-t-il ajouté, les niches sur lesquels on est gagnant sont ceux qui demandent une importante réactivité, notamment une capacité d'adaptation sur les produits et une rapidité de la livraison. « Pour d'autres niches, notre atout est la créativité», relève-t-il. En effet, les clients demandent de plus en plus des produits finis. Les habitudes d'achats ont complétement changé. « Ils optimisent leurs boîtes en allégeant leurs structures par la voie d'externalisation d'une grande partie de la chaîne de production. », explique le producteur. Désormais, les clients ont de plus en plus besoin d'une collection complète, avec toutes les activités de patronage, à la fiche technique en passant par la confection. « Ainsi, à l'avenir, il faut proposer le bon produit au bon moment. Ce qui est tributaire d'une bonne veille des tendances de la mode, d'un bon sourcing et d'un échantillonnage efficace », note-t-il. Ensuite, l'industriel est appelé à produire à « des prix logiques » en respectant les standards de qualité.
La promotion du secteur
Par le passé, le secteur bénéficiait d'un budget triennal de promotion. En 2011, une enveloppe de 1,5 million de dinars a été allouée pour le secteur. Cette somme, gérée par le Cepex, s'avère de plus en plus limitée. Compte tenu de la dévaluation du dinar et du renchérissement des prix des espaces publicitaires et des coûts de participation dans les salons, cette somme est de plus en plus insuffisante. De plus, ce budget est beaucoup limité par rapport à l'importance du secteur et de ce que dépensent nos concurrents, notamment la Turquie et le Maroc. En effet, ce budget ne représente que 0,003% des apports en devises du secteur par les exportations qui avoisinent les 500 millions de dinars. « Généralement une entreprise, qui se respecte, consacrent 2 à 4% de son chiffre d'affaires à la promotion. Ainsi, à seulement 2%, le budget est de 10 millions de dinars» compare le président. Vu l'importance de l'écart, la révision de ce budget s'impose. A cet égard, on apprend que l'équipe du Cepex a proposé de porter le budget à 3,6 millions de dinars en 2015.
Ces fonds seront utiles pour consolider la position de la Tunisie sur les marchés classiques et diversifier son activité sur les marchés prometteurs. Il résume : «Il est essentiel de maintenir la présence dans tous les salons pour ne pas céder notre place à des concurrents. Et développer des programmes spécifiques sur des pays dont les marchés sont en bonne santé. »
S'attardant sur les nouveaux marchés, il insiste sur le fait de mener de nouvelles politiques, notamment des conventions bilatérales, voire un accord de libre-échange, avec le colossal marché américain qui ouvre de larges perspectives, à plus d'un titre. En effet, outre l'étendue du marché, les marques européennes développent des réseaux de vente aux USA. D'où, ils privilégient de produire leurs commandes chez le même industriel. Ainsi, elles chercheront les fournisseurs qui pourraient dispatcher la production en Europe et au marché américain. Ce que les entreprises tunisiennes ne peuvent pas faire vu que leur production est fortement taxée à l'entrée du marché américain. Ce qui a mené certaines marques à déplacer leurs commandes au Maroc qui bénéficient d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Le professionnel tire la sonnette d'alarme : « Non seulement on est en train de perdre des opportunités sur le marché américain, mais aussi certains de nos clients européens qui cherchent à se positionner sur ce marché sont en train de déplacer leurs commandes ailleurs».
De même, la promotion du secteur ne pourrait se passer d'une bonne communication. Ainsi, le Texmed est l'un des piliers de la communication de la destination tunisienne. Cette année, le salon est décalé de juin à octobre. Dans ce contexte, l'image de la nouvelle Tunisie pourrait faciliter l'accès à certains marchés.
Par ailleurs, dans ces périodes de crise, il faut prévoir un fonds de gestion de crise pour des dépenses exceptionnelles. « En extrême urgence, il faut débloquer des enveloppes inhabituelles et importantes pour permettre aux professionnels et aux compétences de promouvoir le secteur avant les vacances pour pallier la baisse et préparer le visitorat du TexMed, après les vacances», insiste le responsable.
Des handicaps à surmonter
Pour accéder à un deuxième palier de croissance, le secteur, qui assure 44% des emplois manufacturiers, mérite une révision aussi globale que précise de tous les métiers rattachés.
Le majeur handicap est l'absence totale des matières premières sur le marché local, à savoir la fibre naturelle, synthétique et les accessoires. « L'amont de la filière est beaucoup plus pauvre que celui des pays concurrents, notamment la Turquie » regrette l'exportateur. Donc, le tissu national est dépendant de fournisseurs étrangers et subit directement les fluctuations des cours de ces produits. L'année dernière, les prix du coton ont triplé. Pis, «s'approvisionner en tissu d'origine asiatique limite l'accès au marché européen», déplore-t-il. Et de préciser : «Nos produits seront passibles de droits de douane sous la prétexte de ne pas respecter l'exigence de la double transformation». Seule une simple transformation est exigée de nos concurrents turcs. «La Tunisie aurait pu exploiter à bon escient le capital sympathie dont elle bénéficie et demander d'éliminer cette barrière», regrette-t-il.
Sur un autre plan, les professionnels souffrent des délais de livraison, relativement longs, des services de la Rapid-poste, le monopole du secteur. «Un échantillon confectionné en 48h prendra trois jours pour arriver à destination», remarque-t-il. Alors que les grandes enseignes internationales assurent l'expédition des échantillons de nos concurrents turcs et marocains dans seulement 24 heures.


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