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Troïka ou triangle infernal?
Gouvernance du processus démocratique
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 12 - 2012

«Le président n'a pas usé d'un pouvoir mais a donné une opinion politique», selon Hédi Ben Abbès
«Nous réfléchirons à tout, y compris retirer notre confiance au président», avertit Sahbi Atig
«C'est l'Assemblée constituante qui peut démettre le président de la République», explique Ghazi Graïri
Démettre le président de la République est du ressort de la Constituante. Procéder au remaniement ministériel relève des attributions du chef du gouvernement. C'est ce que prévoit la petite Constitution. Statut de référence sans cesse consulté à chaque nouvelle crise au sommet de l'Etat. C'est encore le cas, après le discours du président de la République donné vendredi soir, dans lequel il a appelé à un gouvernement de compétences. Les discordes internes des trois alliés ont refait encore une fois surface pour susciter surprise, émotion, et colère, parfois exprimée parfois tue, et un désenchantement profond chez le citoyen tunisien. A quoi s'attendre cette fois-ci ? À une justification politiquement correcte des coalisés dans un ultime sursaut de survie ? A un remaniement ministériel tant de fois annoncé et autant reporté ? Ou encore à une refonte totale de l'appareil gouvernemental avec une possible révocation du président lui-même ? Menace miroitée par certains. Si le temps est à la pondération côté Ennahdha, les hommes du président, eux, se justifient et expliquent.
Y aura-t-il un «impeachment» à la tunisienne ?
La petite Constitution en charge de réguler les pouvoirs et de diriger les institutions est claire, répond à La Presse le constitutionnaliste Ghazi Ghraïri. La petite Constitution répartit les pouvoirs, et le président de la République, dans son discours, n'a pas usé d'un pouvoir mais a donné une opinion politique, ce n'est pas un acte juridique ni constitutionnel. C'est l'homme politique qui a estimé que la politique du gouvernement est critiquable. Toujours, selon l'ex-porte-parole de la Haute instance de la réalisation des objectifs de la Révolution, dans l'organisation actuelle du pouvoir, c'est l'Assemblée constituante qui peut démettre le président de la République. Dans certains pays aux Etats-Unis on appelle cela l'«impeachment» précise encore le constitutionnaliste. En Tunisie, c'est l'article 5, de l'organisation des pouvoirs publics, qui donne la latitude à la Constituante de révoquer le président à la majorité absolue.
Compte tenu de l'équilibre numérique actuel de l'ANC, cette menace proférée par certains constituants nahdaouis devrait être prise au sérieux. D'autant plus que Sahbi Atig, président du groupe parlementaire du parti majoritaire, a annoncé hier au JT de la Nationale sur un ton menaçant que le président fait cavalier seul, et que ses déclarations n'engagent pas la Troïka, et que si c'est le point de vue du CPR, ou si un gouvernement restreint de compétences doit se faire, «nous réfléchirons à tout, y compris retirer notre confiance au président», avant de se rétracter sur Nessma pour annoncer qu'il parlait en général.
Côté officiel, et après trois nuits et trois jours, la position n'est pas encore à point dans les chaudrons d'Ennahdha. Joint par la presse, Samir Dilou s'est voilé derrière l'obligation de réserve et «le respect des institutions de l'Etat». A la place de la verve habituelle, le ministre de la Justice transitionnelle avait le débit long ponctué d'adages. En guise de réponses aux questions de notre journal, il invoquait le sens de la mesure nécessaire aux hommes d'Etat qui se reconnaissent comme tels. C'est pourquoi il s'interdit de donner «des déclarations impulsives qui jettent de l'huile sur le feu». Il a toutefois annoncé clairement qu'une «position officielle et réfléchie» se prépare. Quand sera-t-elle annoncée, avons-nous demandé ? «Avant l'heure ce n'est pas l'heure, après l'heure ce n'est plus l'heure», répond, philosophe, le porte-parole du gouvernement.
«Ces propos sont inadmissibles !»
Du côté du palais de Carthage, l'heure est à la justification. Hédi Ben Abbès, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, joint par La Presse a tenu à préciser que le «président Marzouki n'a pas appelé à un gouvernement de technocrates mais restreint». Le porte-parole du CPR ajoute que selon le président, le gouvernement actuel est prolifique et qu'il faudra se préparer aux élections «avec principalement des compétences, et qu'importe l'appartenance politique». En réponse à cette menace émise par certains que le président lui aussi pourrait être démis, le secrétaire d'Etat a jugé ces «propos inadmissibles». Puisque Moncef Marzouki en tant que président de la République se doit de veiller à la continuité de l'Etat, en sa qualité de «chef de l'Etat et de garant de la démocratie». Et, quand il voit que le gouvernement ne répond pas aux attentes de la population, explique M. Abbès, il réagit et «rien n'est tabou». Le secrétaire d'Etat a cru utile d'invoquer en guise de conclusions, les déclarations de M. Ghannouchi sur un possible «remaniement ministériel», «vous voyez, nous sommes d'accord sur le principe», se veut-il rassurant.
Entre les positons des uns et des autres, le grand perdant, c'est la Tunisie et son peuple. A l'instabilité sécuritaire, économique et sociale, s'ajoute une crise politique régulière. L'image du pays en prend un coup, et le peuple se morfond dans des questionnements existentiels. Maintenant, il est clair que le président de la République n'a pas outrepassé ses attributions, il a tout juste donné une opinion. Mais venant de lui, ladite opinion pèse de tout le poids de Carthage. N'aurait-il pas fallu, dans un souci de cohérence, consulter ses alliés avant de faire des annonces prenant l'allure d'un désaveu public et blessant ? D'un autre côté, le parti majoritaire au pouvoir prend-il la peine de consulter systématiquement ses alliés en procédant à la nomination des hauts commis de l'Etat par exemple ? Que dire alors ? Que la relation entre les coalisés est désormais empreinte de méfiance. C'est le moins qu'on puisse dire. La rencontre prévue cette semaine de la Troïka, annoncée par M. Abbou, réussira-t-il à rapprocher ces divergences devenues par l'usure du pouvoir, béantes ?


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