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Faouzia Charfi: engager d'urgence les grandes réformes de l'Université
Publié dans Leaders le 24 - 01 - 2011

Depuis 46 ans qu'elle est enseignante universitaire, Mme Faouzia Charfi n'avait jamais espéré se retrouver un jour en charge du secrétariat d'Etat aux universités et pouvoir y mettre en chantier les grandes réformes qu'elle a toujours partagées avec ses collègues. Portée à ce poste par la révolution, au sein du gouvernement transitoire d'union nationale, elle n'a pas perdu une seule minute pour se mettre au travail. Par devoir de mémoire à l'égard de son mari, feu Mohamed Charfi, lui-même ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de l'Education : « ce qu'il attend de moi, c'est que, très vite, non seulement je me mets au travail, mais que je sois efficace », dira-t-elle, les yeux humides, mais la volonté ferme. Par devoir patriotique d'une Tunisie qui n'attend plus.
Appelant à la restauration de l'éthique, au retour des valeurs, à l'instauration du principe de représentativité à tous les niveaux et au choix fondamental de la qualité comme objectif, elle ouvre largement le champ de la concertation, pour engager les réformes qui n'ont pas besoin de nouveaux textes règlementaires et ceux qui ne sauraient tarder davantage. Election des directeurs des institutions supérieures et des présidents d'université, rigueur dans le recrutement des enseignants, orientation des bacheliers aux mérites effectifs, renforcement de la qualité de la formation et véritable partenariat avec l'entreprise : les principes sont clairs.
Elle retrouve depuis une semaine, non sans émotion, le ministère de l'Enseignement supérieur, boulevard Ouled Haffouz, ce siège qu'elle avait longtemps fréquenté et où avait officié feu son mari. Au troisième étage, de l'autre côté du couloir à droite où est installé le cabinet du Ministre, M. Ahmed Brahim, elle occupe un simple bureau laissé vacant par un ancien directeur général parti il y a quelques mois. Aucun signe de luxe ou de pouvoir. Juste un bureau et une table de travail. D'ailleurs, c'est autour de cette table qu'elle a préféré s'installer, recevant les nombreux visiteurs qui lui demandent audience, s'adonnant à fond à sa mission. Interview exclusive.
Pourquoi avez-vous accepté de faire partie du gouvernement d'union nationale?
J'ai accepté sans hésitation pour contribuer avec tous les Tunisiens qui se sont battus ces dernières semaines, qui ont été au front, et là je rends hommage à ceux qui l'ont payé de leur vie, pour que la Tunisie retrouve rapidement sa dignité. Elle a déjà recouvré sa liberté et sa dignité. Mais, il faut aussi que cette exigence se réalise.
On a déjà parlé de l'Université qui doit retrouver une certaine éthique. La suppression de la police universitaire est un déjà un signe fort, tout comme la réintégration des étudiants qui avaient été empêchés de poursuivre leurs études pour des raisons politiques. Ce sont de grands principes que nous partageons.
Et dans quel esprit?
En ce qui me concerne, accepter cette charge suppose une obligation de résultat. Il y a des principes clairs. On retrouve nos valeurs de transparence dans cette maison, ce monde universitaire où j'ai passé toute ma vie, depuis 1964. Et je suis convaincue que beaucoup de choses peuvent déjà tout de suite se réaliser. Sans attendre de nouveaux textes.
Deux points particuliers sont clairs et peuvent être concrétisés. D'abord, retrouver la rigueur du recrutement des enseignants. Puis, accorder à nos enfants qui réussissent au bac, l'orientation qu'ils méritent.
D'autres mesures sont également urgentes?
Bien évidemment. En parallèle, d'autres mesures méritent d'être étudiées et nous envisageons de nous concerter aussitôt que possible à leur sujet avec les collègues et les parties concernées. Je pense particulièrement au principe de la représentativité et à l'impératif de passer par des élections pour la direction des institutions universitaires et la présidence d'universités.
La représentativité des enseignants au niveau des institutions supérieures est une ancienne revendication. Actuellement, seuls les doyens des facultés sont élus, alors que tous les directeurs d'institutions supérieures sont nommés par le ministre. Il me semble que comme dans les pays démocratiques, il faut que le principe d'élection soit appliqué. Si j'affirme ce principe, ce n'est pas pour déstabiliser les directeurs actuels. J'ai été moi-même directrice d'institution (l'Ecole Polytechnique de la Marsa), et cela ne doit pas mettre en cause la compétence des directeurs actuels, ni les rendre suspects, mais, juste privilégier l'élection en tant que principe. Pour y arriver, des textes sont à modifier et toutes les parties seront sollicitées, notamment le syndicat de l'enseignement supérieur, pour en être partie prenante et y contribuer dans une large et ouverte concertation.
Représentativité aussi des étudiants. Elle existe déjà dans les conseils scientifiques, mais peut être affinée et améliorée davantage. Il y a aussi la composition des conseils d'universités et pour certaines institutions, des conseils scientifiques.
Et quid des présidents d'universités?
Représentativité aussi pour ce qui est des présidents d'université. Leur tâche est déjà difficile et doit l'être encore plus actuellement, comme celle de tous les collègues enseignants. Le même principe d'élection doit s'appliquer, là aussi aux fonctions de président d'université, ce qui est partagé par tous les collègues.
Vous voyez bien qu'il s'agit d'une reformulation au niveau des institutions qui peut être appliquée dans des délais raisonnables.
C'est un gouvernement de transition, avez-vous le temps d'engager ces réformes?
Il est vrai que nous sommes actuellement dans un gouvernement de transition et nous attendons tous des élections qui permettent de concrétiser cette révolution. Mais je pense qu'il est urgent d'entamer un processus de réforme, dans le respect du cadre actuel du LMD (3, 5 et 8 ans) et que nous devons, sans tarder, se mettre tous au travail pour assurer à nos étudiants une formation solide et de qualité qui réduise le chômage. L'objectif de qualité est fondamental car donner à un jeune un diplôme qui n'a pas de valeur, c'est lui délivrer un cadeau empoisonné. Mieux il est formé, plus il aura d'atouts pour trouver sa place dans les secteurs actifs.
Toute l'adéquation formation-emploi est bien à revoir et je considère que le partenariat entreprise-université est plus qu'indispensable. Il y a sans doute tant de possibilités, de potentialités et de solutions qui existent et nous devons les explorer toutes afin de rendre effective la réduction du chômage.
Comment avez-vous vécu votre retour sur ces lieux?
Je ne venais pas souvent au ministère et encore moins au 3ème étage, du temps où feu mon mari était ministre. J'ai toujours été proche de lui, je préférais travailler ailleurs. J'y suis revenue en qualité de directrice de l'Ecole Polytechnique, pour des réunions, des entretiens. Mais, depuis ma mise à la retraite, je n'y suis jamais retournée. Pour être sincère avec vous, en revenant la semaine dernière, je ne croyais pas être aussi peu troublée. Je crois que, très vite, le sentiment qu'il fallait me mettre rapidement au travail l'a emporté sur mon émotion. J'ai perdu quelqu'un qui m'était et resté, et aussi à beaucoup, si cher, et je me suis dite que ce qu'il attend de moi, c'est que, très vite, non seulement je me mets au travail, mais que je sois efficace.»


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