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De l'espoir politique à l'islamophobie
L'Occident et la montée en puissance de l'Islam politique :
Publié dans Le Temps le 20 - 06 - 2013


Par Khaled Guezmir
Nous avons déjà esquissé un premier constat qui démontre le déphasage presque total entre les opinions des classes populaires et moyennes majoritaires en Occident et celles de leurs gouvernements de droite ou de gauche.
Sarkozy a fait la guerre en Libye, Fabius l'achève en Syrie alors que la France et ses intérêts n'ont jamais été aussi menacés par les groupes jihadistes armés en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne qu'en ce moment.
La naïveté des dirigeants occidentaux semble dépasser la fiction et la dernière réponse est venue de M. Morsi, président égyptien, qui, encouragé par la décision américaine d'armer « l'opposition syrienne » (allez savoir s'il s'agit de l'opposition démocratique ou des brigades extrémistes de « Ansar Achariaâ » !), vient de déclarer par l'intermédiaire de son parti la nébuleuse des « Frères musulmans », le « Jihad » en Syrie. Le même scénario vécu du temps de Néjibollah en Afghanistan et qui a abouti à la montée en puissance des Talibans non seulement dans ce même pays mais au Pakistan et ailleurs, est bien en marche avec tout ce qui en découlera.
La mobilité des brigades jihadistes aidant, voilà l'islamisme radical terroriste implanté en plus de l'Asie et de ses bases de repli en Europe elle-même, dans une grande première moitié de l'Afrique et le reste viendra.
Résultat encore plus paradoxal de l'appui américain et européen de facto à l'extrémisme armé des jihadistes, l'espace démocratique occidental en subit les contre-coups directs. On s'installe aussi bien dans le pays de l'Oncle « Sam » que dans la vieille Europe, dans la suspicion et la surveillance électronique de la vie publique et privée à tous les niveaux d'intervention.
Ecoutes téléphoniques, contrôle internet, piratage de courrier électronique personnel, et surtout ne demandez pas aux Américains d'y aller de main morte, eux qui ont inventé l'art et la théorie guerrière de la terre brûlée. L'Agence américaine de la sécurité (National Security Agency) qui n'est pas à confondre avec la fameuse CIA, et qui a été créée au lendemain des événements terribles du « 11 septembre » a mis pratiquement le globe sous surveillance, y compris l'Europe qui est de plus en plus « préoccupée » par cette « menace » préventive sur les libertés sacrées des personnes privées, mais qui l'accepte implicitement pour lutter contre le « terrorisme » que leurs dirigeants ont contribué largement à semer.
Les derniers sondages donnent plus de 80% d'Américains favorables à la surveillance électronique et plus de 70% d'Européens aussi.
Ainsi, l'une des premières conséquences de l'expansion du jihadisme armé, c'est une réduction de l'espace démocratique et des libertés en Occident même, que dire des pays arabes et musulmans qui en subissent directement les dérives et les effets.
La «contre-Révolution» à l'expansion de l'Islam radical a-t-elle commencé ?
La question mérite d'être posée.
Les événements de la place Takcim, en Turquie, et la résistance de la société civile appelée péjorativement par l'islamisme politique « ilmaniya » (entendez rationaliste, comme si le rationalisme était devenu une tare qui nécessite thérapie) dans les pays du printemps arabe montrent à quel point la crise d'identité est bien réelle. Les Européens font de la politique, les Chinois de l'économie et du commerce et les Arabes s'adonnent à leur nouvelle vocation : L'exégèse et l'interprétation des saintes écritures ainsi que l'identité purificatrice qui peut nous sortir de toutes ces crises « importées » et nous guider sur la voie du salut !
Les révolutions arabes ne sont plus accompagnées d'exigences de liberté et de promotion économique et sociale, mais la primauté est donnée aux débats identitaires. Il va falloir dépoussiérer tous les millions de tonnes de manuscrits de ulémas des temps anciens pour dire enfin nous y voilà : La voie de la vertu est bien tracée ! Demandez à un jeune révolté de l'avenue Bourguiba, à Tunis, ou à l'avenue du 26 Juillet, au Caire, ou à Maïdane (place) Ettahrir, ce que « l'illustre » Mawdoudi, représente pour eux en juin 2013 et ils vous dirons : « On s'en fout ». Ce que nous voulons c'est vivre au rythme de la terre, compter dans ce monde et bénéficier du minimum vital en termes de libertés et de bien être économique et social.
Pourtant, la Turquie, grande énigme actuelle de l'évolution des sociétés islamiques, a été à l'avant-garde de renouveau démocratique dans toute la zone du Moyen-Orient.
La «laïcité islamique » d'Attaturk a permis des changements profonds et structurels qu'on croyait irréversibles.
L'arrivée au pouvoir d'Erdogan et de son parti islamiste modéré, était perçue un peu comme une évolution naturelle de l'islamisme politique turque vers une sorte de démocratie chrétienne à l'Occidentale.
Mieux encore, la Turquie a fait un bond considérable en terme de croissance économique, de développement industriel, de promotion du terrorisme, de propreté et d'hygiène des villes, y compris Istanbul, qui compte 14 millions d'habitants. Mais, alors, qui a fait descendre la jeunesse (égarée pour Erdogan… clairvoyante pour les modernistes ilmaniyines) dans les rues et les grandes places des villes turques !
Eh bien, tout simplement le ras-le-bol d'une très grande partie de la population turque et le sentiment qu'Erdogan est allé beaucoup plus loin que le contrat « démocratique » qui l'a porté au pouvoir. L'impression c'est que le Premier ministre turque, homme de grande pointure et de tempérament, a voulu profiter des urnes pour perpétuer son pouvoir ascendant et changer le modèle social et culturel turque hérité du Kémalisme.
Les Turques qui s'impatientent de rejoindre l'Europe voient leur rêve se noyer sur les vagues du Bosphore et la mer de Marmara.
L'islamisme ascendant, bien que modéré, d'Erdogan, et de son parti fait peur aux Européens ! Le Kémalisme bât de l'aile et régresse en Turquie avec Erdogan. Or, c'était en quelque sorte la « garantie morale et politique » que la Turquie ne serait jamais le Soudan de Tourabi ou l'Egypte de Morsi. D'où ces portraits géants de Kémal Attaturk qui sont brandis lors des manifs de Takcim comme pour dire au monde et surtout à l'Europe : « La Turquie et bien toujours la même laïque rationaliste et démocratique avec un référentiel identitaire islamique très modéré et spécifique » !
Quelle leçon tirer des événements d'Istanbul !
(A suivre…)


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