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Tunisie : Nejib Chebbi : “Les milices sont le dernier ennemi de la révolution tunisienne”
Publié dans Tunisie Numérique le 03 - 02 - 2011

Ministre du développement régional dans le gouvernement provisoire tunisien, Ahmed Nejib Chebbi est l'une des figures emblématiques de la Tunisie de l'après-Ben Ali. Cet avocat de 67 ans, qui se définit aujourd'hui comme un social-démocrate de centre-gauche, a défendu le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, rentré en Tunisie après vingt ans d'exil. En 2005, M. Chebbi avait contribué à la création du comité du "18 octobre", une plate-forme d'opposants qui a associé des islamistes. Candidat déclaré à la présidentielle de 2009, mais empêché de se présenter, il ne fait guère de doute qu'il le sera en 2011.
Peut-on parler de révolution ?
Oui, c'est bien une révolution, qui a valeur d'exemple dans le monde arabe, et nous sommes fiers que les Egyptiens s'en inspirent. Elle est née d'un mouvement civique, spontané, jeune, allié aux nouvelles technologies et à Facebook. A travers elle, le peuple tunisien s'est lavé du déshonneur d'avoir été réprimé et volé durant des années. C'est une révolution pacifique, je dirai même paisible. Il y a, certes, de la souffrance et de la rancoeur qui peuvent faire déborder le couvercle, car les gens ont un sentiment très fort de spoliation. Mais nous avons une grande chance : l'Etat n'a pas été disloqué. C'est très important.
Le gouvernement provisoire contrôle-t-il la situation ? Hier encore, le ministre de l'intérieur était menacé par des policiers et des personnes armées dans son propre bureau…
Je vous mentirais si je vous disais que je n'étais pas inquiet. Des signes alarmants avaient commencé à apparaître à Kasserine et j'avais peur que la police se disloque, mais la situation a été renversée et des mesures ont été prises (limogeage des responsables de la sécurité, augmentation des salaires, autorisation de créer un syndicat policier). Je reste confiant, car, pour moi, c'est un combat d'arrière-garde désespéré, le dernier soubresaut. Certains veulent-ils créer le chaos pour faire regretter l'ancien régime ? Ils n'ont aucune chance, car ils n'ont pas de soutien populaire.
Il faut maintenant poursuivre ces milices. Elles sont illégales. Nous devons faire la lumière sur leur importance et qui les dirige. Tout laxisme compromettrait la révolution aux yeux du peuple. On a parlé de la présence, parmi les miliciens, de membres du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, l'ancien parti au pouvoir). Je ne suis pas pour la dissolution du RCD. Aucun Parti communiste de l'Est n'a été dissous. C'est au peuple de juger au moment des élections. Les milices, c'est différent. Elles sont le dernier ennemi de la révolution.
Comment a été prise la décision d'évacuer par la force, le 28 janvier, la place de la Kasbah devant le siège du gouvernement ? Quel est le rôle de l'armée ?
Nous avions dit aux jeunes : faites le sit-in si vous voulez, mais n'empêchez pas le centre névralgique de fonctionner. Au Liban, le Hezbollah a bien utilisé ce type de manifestation durant neuf mois… Le premier ministre était prêt à recevoir une délégation et il avait envoyé à midi des émissaires, mais un groupe est intervenu de façon violente et ces émissaires ont eu la vie sauve grâce à l'armée, qui les a évacués. Ce groupe était-il formé de miliciens ? De radicaux ? Le doute est permis. Les conditions exactes de l'intervention des forces de l'ordre ne sont pas très claires. Quant à l'armée, je peux vous assurer que son rôle a été décisif tout au long de cette révolution.
Vous êtes ministre depuis le premier gouvernement provisoire. Comment se passait la cohabitation avec les anciens ministres de M. Ben Ali avant qu'ils ne partent sous la pression de la rue ?
Nous avions passé un pacte avec ces ministres. Ils avaient besoin de nous, comme nous avions besoin d'eux, même réduits à un rôle technocratique, pour aller vers un nouveau régime. Car tous, nous étions convaincus que l'ancien régime était mort. Nous avons composé avec le réel. Puis le gouvernement a été remanié et tant mieux si cette concession a été faite. Mais notre rôle reste le même : nous devons maintenir les institutions, faire tourner l'économie, et préparer les élections.
Lors du dernier conseil des ministres, il a d'ailleurs été décidé de demander à l'Union européenne l'envoi, dès aujourd'hui, d'experts internationaux pour aider à la préparation des futures élections. Il ne faut pas que ces observateurs arrivent au dernier moment. Nous sommes de plain-pied dans un processus révolutionnaire qui va changer en profondeur les choses.
Les islamistes, avec lesquels vous avez noué une alliance dans le passé, peuvent-ils intégrer le gouvernement transitoire ? Leur présence sur l'échiquier politique vous inquiète-t-elle ?
Le premier ministre a consulté les représentants d'Ennahda mais, à ma connaissance, il ne leur a pas proposé d'entrer dans le gouvernement. Il y avait jusqu'ici trois formes d'islam en Tunisie : un islam populaire qui a connu un regain de religiosité ; un islam djihadiste ; et un islam politique qui me semble avoir intégré la démocratie dans sa pensée politique. Mais la donne a changé. Comment vont évoluer ces trois composantes ? C'est une question importante. L'islam politique doit pouvoir agir dans le cadre de la loi et des principes constitutionnels, mais je ne sais pas quelle est leur stratégie.
Serez-vous candidat à l'élection présidentielle ?
Ce n'est pas impossible, mais il est encore tôt pour le dire. Il s'agit de prendre une décision intime, de consulter les amis politiques. L'élection aura lieu en juin à condition que les lois électorales soient réformées et que les Tunisiens aient eu le temps de découvrir leur élite politique nationale, car ils en étaient coupés depuis longtemps.


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