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Kaïs Saïed, grisé par le pouvoir
Publié dans Business News le 17 - 06 - 2021

Le putsch dont on parle depuis quelques semaines commence à se dessiner. Kaïs Saïed devient fou, il est d'une autre planète. Plusieurs partis et médias ont vu la chose venir et ont tiré la sonnette d'alarme. Là, ça commence à prendre forme.
Mardi 15 juin, le président de la République reçoit quatre anciens chefs du gouvernement qui trainent, tous, des casseroles. Il leur parle de complot, d'assassinat le visant, de volonté de changer quelques articles de la Constitution et le régime politique et de dialogue dont il exclut ceux qui ont des affaires de corruption pendant devant la justice.

Mercredi 16 juin, il s'envole vers Rome où il reçoit le doctorat honoris causa. Un certificat qui ne veut rien dire et qui ne sert qu'à grossir l'ego de son récipiendaire. Si l'on avait un doute, il est maintenant dissipé, Kaïs Saïed est vraiment atteint par la folie des grandeurs.

Durant toute sa campagne électorale, et jusqu'à la semaine dernière, le président de la République jurait ses grands dieux qu'il respecterait à la lettre la Constitution. Il l'a dit, il l'a répété, il l'a juré.
Mardi, il prend un virage de 180° et annonce qu'il veut modifier quelques articles de la constitution, car le régime politique actuel ne permet pas de gouverner.
Depuis son accession au palais de Carthage, le président de la République jurait ses grands dieux qu'il ne traiterait pas avec les symboles de l'échec et les suspects de corruption. Il l'a dit, il l'a répété, il l'a juré.
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Mardi, il reçoit Ali Laârayedh, un des responsables du marasme politique et économique actuel, Youssef Chahed, qui voulait tailler une loi sur mesure pour écarter ses adversaires politiques à la présidentielle 2019 et Elyes Fakhfakh, suspect dans une affaire de conflit d'intérêts.
Durant toute sa campagne électorale, il a dit et répété qu'il est proche du peuple et qu'il ne courrait pas derrière les distinctions et les postes. Il a même promis de ne pas habiter le palais de Carthage s'il est élu président.
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Mercredi, il ne dit pas non à une distinction honorifique octroyée par l'université italienne La Sapienza. Il prend juste le chemin de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, honoré en Italie, de Rached Ghannouchi honoré en Inde et de Moncef Marzouki honoré au Japon. Est-ce à ceux-là que Kaïs Saïed veut ressembler ? A Tunis, on n'a pas raté l'occasion pour le moquer. Sur les réseaux sociaux, on en rigole pour dire que le président de la République n'a pas réussi à obtenir un doctorat en Tunisie, alors il a « brûlé » (émigré clandestinement) en Italie pour le décrocher.

Depuis son élection en octobre 2019, Kaïs Saïed n'a rien fait de particulier à Carthage. Il n'a proposé aucune loi et aucun vrai projet pour faire sortir la Tunisie du marasme dans lequel elle baigne.
Il cherche de nouvelles prérogatives, alors qu'il n'a pas rempli celles que lui accorde la Constitution. Selon celles-ci, il devrait s'occuper essentiellement de diplomatie et de l'armée. Sauf qu'il ne s'est jamais vraiment occupé de diplomatie. Pire, il a raté plusieurs rendez-vous internationaux en Europe et en Afrique alors que sa présence était des plus souhaitables pour nouer des liens avec les dirigeants du monde et les grands lobbyistes internationaux.
Il ne s'est jamais occupé de diplomatie économique et n'a rien fait pour que nos diplomates jouent leur rôle d'apporteurs d'affaires pour les Tunisiens. Pire, et à l'exception du président de l'Utica, il n'a jamais reçu des investisseurs tunisiens (ni étrangers) pour écouter leurs problèmes et doléances. Il n'a même pas reçu Tarak Cherif, président de la deuxième centrale patronale du pays.
Quant à l'armée, ce n'est un secret pour personne que la nôtre manque terriblement d'équipements et de moyens et que son personnel est loin d'être bien rémunéré. Qu'a fait Kaïs Saïed pour cette armée ? Rien ou presque. Pire, il l'a trainée dans la boue de la politique en impliquant la justice militaire dans des affaires qui devraient être traitées exclusivement par la justice civile. Ainsi le cas des poursuites frappant le député islamiste radical Rached Khiari qui a accusé Kaïs Saïed de haute trahison et du procès frappant le blogueur Slim Jebali, condamné à trois mois de prison ferme, pour avoir publié sur une page Facebook un photomontage montrant le président prier devant l'aéroport.

Kaïs Saïed, et il l'a dit et répété, se prend pour le président unique du pays, alors que la constitution en prévoit trois. Kaïs Saïed veut s'approprier des prérogatives non prévues par la Constitution, il voit le mal partout, il ne veut pas être critiqué, en un mot il veut être un président tout puissant, comme le serait tout dictateur digne de son nom.
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Au lieu de remplir ses fonctions et de « halaliser » son salaire, Kaïs Saïed préfère le rôle facile de la critique. S'il y a quelque chose qui tourne mal dans le pays, c'est assurément la faute des autres, pas la sienne. Qu'a-t-il fait pour améliorer la situation ? Rien ! Pire, il met des bâtons dans les roues de ceux qui essaient d'entreprendre quelque chose. Contre vents et marées, et en dépit du vote favorable de l'assemblée (dont les membres sont élus comme lui par le peuple), Kaïs Saïed bloque la loi relative à la cour constitutionnelle et refuse encore d'organiser la cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres.
Pour assaisonner le tout, il privilégie, comme plusieurs dictateurs, la complotite. Il se dit ainsi menacé d'assassinat. Et ceux qui préparent son assassinat ont ourdi leur projet à l'étranger. Ce n'est pas la première fois qu'il sort cet argument, mais sans présenter l'once d'une preuve.
La première fois, on a parlé d'une enveloppe empoisonnée envoyée au palais de Carthage et ouverte par sa cheffe de cabinet. Sauf que celle-ci s'est empressée de mettre l'enveloppe suspecte dans la déchiqueteuse et que la police scientifique n'a trouvé pas l'ombre d'une trace de poison.
Pour la deuxième fois, il parle d'un complot ourdi à l'étranger par des traitres tunisiens. Comme tout dictateur, ou comme toute personne frappée par la folie des grandeurs, il traite ses « adversaires » de noms d'oiseaux. Des noms ? Il n'en donne aucun ! Des preuves ? Il n'en donne aucune. Et alors que le parquet militaire a réagi au quart de tour dans les affaires de Rached Khiari et de Slim Jebali, il devient étrangement discret dans cette supposée affaire d'assassinat du président de la République. Comme si le parquet savait que le président de la République ne disait pas la vérité et frappé par la complotite. C'est le ministère public qui a finalement décidé d'ouvrir une enquête à ce sujet.

En parlant de réforme de la constitution, en mettant ses critiques en prison, en évoquant son assassinat sans s'appuyer sur des faits solides, Kaïs Saïed franchit plusieurs lignes rouges. Il prend un chemin dangereux, très dangereux, dont l'issue est la fin de l'expérience démocratique tunisienne.
Les partis politiques tunisiens ont parlé de putsch institutionnel. Ils ne croyaient pas si bien dire. Kaïs Saïed est grisé par son pouvoir et par les sondages et il n'écoute plus que sa propre personne croyant dur comme fer qu'il a raison envers et contre tous. Il est encore là jusqu'en 2024.
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R.B.H.

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